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27 septembre, 2007

Fanm (Traduction de Joby Bernabé)

Classé dans : Poèmes créoles (Pwèm) — CATORC Charles @ 9:40

Cette traduction en français est celle qui est donnée par Joby Bernabé dans le petit recueil qui contient « Fanm ». C’est une traduction assez approximative, qui cherche surtout à « faire poétique » en français, ce qui pour l’auteur implique une recherche de grands mots, avec des effets de vocabulaires. Elle ne permet pas toutefois à un lecteur qui ne connaît pas bien le contexte antillais de percevoir la richesse immense des images et des allusions dans le poème en créole. [Nous respectons la typographie donnée par l'auteur ! cf. passage en gras]

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Femmes-fleurs ; hommes-colibris à vos corolles. Femmes-flèches au beau milieu du coeur des hommes. Femmes-fils ; mâles amarrés entre vos cils. Femmes-fiels et coups de langue pourfendeurs d’hommes. Femmes folles et coeurs pendus à vos délires.
O Femmes ! si fleurs, si flèches, si fils, si fiels, si folles !
 

Mais femmes d’effort par-dessus tout. Force de l’âme et forces vives au coeur des forces et de l’effort !
 

Femmes-cannes ; amadouement de vos yeux doux. Femmes-gammes ; fards fa et phares, enluminures. Femmes-rames et mâles drainés en vos eaux vives. Femmes-lames ; que d’hommes péris aux creux de vos larmes ! Femmes-flammes ; coeurs consumés entre vos bras.
O Femmes ! si cannes si gammes si rames si lames si flammes !

Mais femmes d’effort par-dessus tout. Force de l’âme et forces vives au coeur des forces et de l’effort !
 

Femmes floues et toupies folles pour bagatelles. Femmes-trèfles ; cartes pamées pour roi de coeur. Femmes-fesses ; espèces sonnantes et trébuchantes. Femmes (en) laisse ; sueurs sangs et eaux sous trique mâle. Femmes flasques ; peines en chaînes, plaintes sans fins.
O Femmes ! si floues si trèfles si fesses en laisse et flasques !

Mais femmes d’effort par-dessus tout. Force de l’âme et forces vives au coeur des forces et de l’effort !

Depuis le temps d’avant jadis, avant le temps des premières souffrances et des premières délivrances, ton nom courait déjà le vent aux côtés des lucioles sans âge. Ton regard un matin troubla l’astre du jour. Ta lumière irradia les entrailles des ténèbres et le serpent de vie prit possession de ton corps puis répandit en toi le venin de connaissance, tandis qu’il s’abreuvait du lait de ta candeur. Neuf lunes ont grossi sur ton ventre et tu connus le poids de la charge primordiale. La clarté d’un midi s’ouvrit sur tes genoux. Tu livras à la vie l’homme en sa livrée d’homme. Tu nourris un pays de ta sueur ta chaleur et la chair de ton corps. Qui daignerait aujourd’hui sur ton nom blasphémer ?

Quel homme oserait donc, ô femme, parler de toi sans avoir mesuré durant sept siècles et plus le suc de sa salive ? Quelle femme ne se saurait avant toute chose femme, hors des babils et commérages, hors des névroses confidentielles qui sèment tumeurs et malveillances sous le faîtage des demeures ?
O Femme, que ma bouche épelle ton nom, mes paroles ne sont que fumée sous l’anse de ton chaudron de terre. La fumée suivra son chemin. Le chaudron portera ses fêlures. Tes trois pierres, elles, demeureront. Tu es la nef du grand navire et la mamelle de nos futurs.

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