Madinina, L'île aux fleurs, l'île des revenants, chalè, chalè !!!

Fruit présenté : Pomme Canelle

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31 octobre, 2007

Femm sé chatt

Classé dans : Contes Créoles (Kont) — CATORC Charles @ 10:42

 

 chatmode.jpg Dans an ti coin Martinique-là, à dan en belle maison, là toute moune toujou
ka ouè en Madamme, pa finète-là, ni en ti scène passionnant qui ka déroulé: Alors, zote, mété zote, «pa finète-là – pou couté ! !

Madamme là, lé min- nin mari-i pa bout nin-i, con mète ka min-nin chien, et encô! Missié Pôpol amoureux fou, pa ka ouè ayin!

Madamme à la maison, en seul bagaille i sa fait: habillié ti cô-i. Pou ça, i sa fait toute bagaille, i connaît’toutes teintes beautés !

Mais tous les jous, i dèyè mari-i, pou-i prend en servante (i pè cassé zong’ li ! ! ah ! ah !).

Pauv’ bougue là ka gratté tête li, chaque fois, mais au fond, i coummencer ni assez Coumment payé en bonne é pi ti lagent en i ka gainyen-en? En madamme pou soin, faut mangé, et ni les affè aussi, ti lagent en, ni «dos lage».

Jôdi a, i lévé faché i aveugle, i pa ka tenne ayin Madamme là, ka embêté- i toujou déyè zafait bonne ta là. Mé malgré ça, Popol douce toujou.

— Coumment prend en bonne, et pi ou là. Titine? Nous dé sèlment, cé pas en pile ! !

Messié ! ! Titine lévé faché! tounin [dgiépe] méchant…

— Moins lé en bonne moin di-ou !

Là, Pôpol faché pou bon.

— Moins di-ou non! Cé moins qui Chef; moins prétend’ qui cé moins ka coumendé!

Titine prend fè, i ka essayé adouci Pôpol, i ka fait en piti, ti voix:

— Et bien ! moins ka pati kaille manman moins !

— Eh bin pâti !

Papa [lépé]! Titine changé coulè. I vini blé, vert, rouge. I té comprenne Pôpol te kaille pléré. Pô dgiabe! Enfin, Titine trouvé la parole.

— Pâti ? Pôpol ?

Pôpol inflexible di- i:

— Pâti non ! Pa ça ou di en ! Allez ! ! !

Titine gratté tête li, Ah ! Ah ! !

Lè corbeau-a roué vraiment i pa ka prend fromage-là, i pède, i approché bô
Pôpol, i posé lan main- i en lè zépaule- li, i gadé-i et pi i di- i timidement…

— Chéri, Chéri, fini ! ou lé ?

Pôpol gadé chatte là, i di- i :

— Eh, eh ! moin comprenne ou té za pâti !

Chatte-là répon-ne :

— Mais, Chéri…

Pôpol pas kité- i fini, i ri é pi i di :

— Ou pa roué moins pa en souris ! Ah ! Ah ! sacré ti chatte va ! Ou changé l’idée ?

— Oui…

Ah ! Ah ! Ah !….

La Christophine

Classé dans : Fruits & Légumes du Pays — CATORC Charles @ 10:34

 christophine.jpg

 

 Synonyme
Sicos edulis.

Origine, Présentation, Variétés
Originaire d’Amérique du Sud et du Mexique, cette plante grimpante a conquis le monde tropical par la saveur de ses fruits consommés comme légumes. Longue liane de 5 à 6 m, elle porte des fruits en forme de poire d’une quinzaine de centimètres de hauteur qui, suivant les variétés, sont blancs ou vert pale, lisses ou épineux.

Climat, Sol, Exposition
La christophine demande un climat humide ou modéré, un sol léger, riche et profond, bien pourvu en matière organique et une exposition au plein soleil, à l’abri du vent.

Taille
Elle ne se pratique pas. Il suffit d’éliminer les feuilles séchées.

Utilisations
Le fruit est consommé cru et râpé ou bouilli puis accommodé en gratin.

La christophine, que l’on appelle aussi chayotte ou encore chouchou est un légume. Christophine est en fait un nom antillais, elle tient ce nom depuis Christophe Colomb et chouchou est réunionnais. C’est une plante vivace qui, comme les pommes de terre produit des tubercules. On la reconnaît à sa forme de poire et à sa couleur vert pâle ou jaune. Ce légume est très intéressant puisque il est riche en vitamine C.

La christophine est également appréciée pour sa faible teneur en calories.
Elle peut également être servie en purée, au four avec une noisette de beurre, ou mangée crue.
A l’île de la Réunion, les habitants mangent même les feuilles!

 Multiplication
Prévoir une tonnelle de 2 m de haut. Semer en place un fruit entier dont le noyau à commencer à germer (tous les 50 cm à 1 m sur des lignes espacées de 1 m).

Cycle
La première récolte peut avoir lieu 3 mois après la plantation et dure environ 6 mois. On peut espérer une production régulière durant 4 à 6 ans.

Fructification
La période de fructification s’étale sur l’ensemble de l’année avec un pic de production de janvier à mai aux Antilles. La maturité est atteinte lorsque le fruit est bien formé. Cueilli, il se conserve plusieurs jours avec une tendance progressive à la déshydratation.

Risques
Les ravageurs sont principalement les rats, les chenilles, les aleurodes et les nématodes. Les maladies à redouter sont dues à des champignons comme l’oïdium, l’anthracnose, le phytophtora.

Europe
Cultivées dans le Sud de la France, les christophines sont semées en mars, en pot dans une serre chaude. Vers la mi-mai, elles sont plantées le long d’un mur exposé au sud. Elles peuvent être conservées plusieurs années à condition de protéger les souches pendant l’hiver à l’aide de paille et de plastique car l’humidité alliée au froid fait pourrir le pied.

Une petite recette : Le gratin de christophine

Couper 3 christophines en 2, enlever le coeur et faire bouillir 30 à 40 minutes dans de l’eau salée. Enlever la chair sans abîmer la peau.
Réduire la chair en purée et la faire revenir dans un peu d’huile avec 2 tranches de jambon fumé haché, 1 oignon haché, 4 cives, du persil, 1 ail écrasé et du thym.
Ajouter de la béchamel.
Remplir les peaux de ce mélange. Saupoudrer de chapelure et de gruyère.
Enfourner pour 15 minutes.

gratinchristophine.jpg

 

Le Punch Coco

Classé dans : Recettes antillaises — CATORC Charles @ 10:12

1/2 litre de rhum blanc, 1/2 litre de lait de coco, 10 cl de sirop de canne, cannelle, muscade, une gousse de vanille fendue, un zeste de citron.

 

Servir très frais dans une noix de coco.

punchcoco.jpg 

 

Touffé de requin

Classé dans : Recettes antillaises — CATORC Charles @ 10:08

 

touffderequin.jpg

Ingrédients

Un kg de requin, 500 g de tomates, 2 feuilles de bois d’inde, 2 citrons verts, 1 feuille de laurier, 1 bouquet garni, 3 clous de girofle, 2 gousses d’ail, 1/2 tube de concentré de tomate, 2 piments rouges, 2 piments doux, 3 cl d’huile, 1 oignon, sel et poivre.

Recette

Faire une marinade en mélangeant dans un bol le jus de citron, l’ail écrasé, les feuilles de bois d’inde, les clous de girofle, un peu de piment, laurier, sel et poivre, réserver.

Porter une casserole d’eau à ébullition, tremper le requin, gratter pour retirer la peau, couper en tranches.

Laisser mariner 1 h 30. Faire chauffer une cocotte avec 3 cl d’huile, le bouquet garni, le piment doux en retirant les graines, l’oignon et l’ail écrasé.

Faire dorer à feu doux pendant quelques mn. Ajouter les tomates écrasées, le concentré de tomate, les tranches de requin.

Mouiller avec la marinade sans le piment, déposer un piment rouge, et laisser cuire 20 mn à l’étouffée

15 octobre, 2007

Ma vie d’adulte (3ème Partie) 1-Le chômage

Classé dans : Non classé — CATORC Charles @ 15:51

A ma reprise de service à mi-temps thérapeutique en janvier 93,  le nouveau directeur de la SMTL décide de faire des coupes sombres dans la société pour faire face aux nouveaux moyens technologiques, modernes qui arrivent sur le marché martiniquais et qui dit-il porteront préjudices aux transitaires de la place.

Il décide alors de me compter dans le nombre de personnel licenciable et de ce fait, je me retrouve sans travail avec en surplus mon problème de santé.

Comment cet homme qui ne me connaissait pas, qui ne savait pas comment je m’étais donné dans cette société s’était-il permis de me licencier de cette manière?

J’avais reçu un énorme coup sur la tête car je le répète, je suis parti très tôt de chez ma mère pour travailler et j’ai consacré 17 ans de ma vie dans cette société de transit.

L’avant dernier directeur m’avait même fait décerné par la Préfecture de la Martinique la médaille d’argent du travail pour 15 ans de bons et loyaux services. Celà m’a fait une belle jambe. 

Ma période de chômage aura duré quatre ans, pendant deux longues années, j’ai trimé, « galéré », frappant à toutes les portes des autres transitaires de la place, mais aussi dans d’autres secteurs.

De plus, les indemnités qui m’étaient versées par l’ASSEDIC étaient dégressifs et après deux ans, je voyais les sommes se réduirent comme peau de chagrin.

Mon caractère et mon comportement ont changés, j’étais devenu invivable selon mes proches, agressif, irritable, irascible, j’avais tendance à m’isoler, à m’éloigner de mes proches, de mes amis; je fumais de plus en plus et me réfugiait volontiers dans l’alcool, ce qui n’était pas fait pour améliorer mon caractère.

J’avais perdu ma dignité, ma fierté, ma personnalité, je n’étais plus rien et j’ai quand même eu la présence d’esprit de remarquer après bien des remontrances de mon épouse, que ce monstre qui s’appelait « chômage » était en train de faire de moi aussi un monstre.

 Et que ce monstre chômage me précipitait assez vite dans une fosse abyssale d’où j’aurais eu bien sur d’énormes difficultés à en sortir.

Alors, j’ai prié le Seigneur, et puis, au moment où je m’y attendais le moins, au pire de mes difficultés, de mes angoisses, de mes peurs est apparu la lumière, le Seigneur a entendu mes souffrances et a répondu à mes appels.

En effet, dans mon sommeil, une nuit, il y a eu une présence dans ma chambre et j’ai entendu une voix qui  me commandait de me rendre à l’ANPE dès le lever du jour; j’étais dans tous mes états et ne parviens à me rendormir.

Je doutais tout de même et n’osais trop y croire, que j’allais enfin retrouver du travail car cette démarche à l’ANPE, je l’effectuais assez souvent et elle était toujours couronnée d’échecs.

Cependant, je m’y suis tout de même rendu et là, après avoir consulté les annonces qui s’avéraient encore fois négatives, je m’apprêtais à m’en aller lorsque une dame m’interpella et me fis entrer dans son bureau.

Elle me demanda de lui expliquer ma situation et après m’avoir écouté longuement elle me proposa de faire ce que l’on appelle une SOA, c’est-à-dire, une session d’orientation approfondie, ce qui déterminerait mon meilleur profil professionnel.

Dès la semaine qui suivait j’étais inscrit et à la fin de cette session qui dura 6 jours, il en résultait que c’était celui d’éducateur spécialisé (DEES) qui s’imposait.

N’étant pas titulaire d’un bac, il me fallait donc passer par l’obtention du diplôme de moniteur éducateur (CAFME), le certificat d’aptitudes aux fonctions et métiers d’éducateur.

J’ai donc aussitôt passé la sélection et une fois que je l’ai eu, l’IFMES me faisait savoir que la formation se déroulerait en Guadeloupe en tronc commun avec les élèves éducateurs spécialisés dans un premier temps.

Je n’ai pas le sou, je ne connais personne en Guadeloupe qui aurait pu me loger et puis j’ai pensé à un de mes anciens profs, mais néanmoins ami qui m’enseignait à l’époque de ma période au CREPS, M. Antoine CHERUBIN dit « Toutoune » affectueusement par tous ceux qui le côtoyait et qui était devenu entretemps directeur du CREPS.

L’ayant touché par téléphone, il me laissa entrendre de venir le voir dès mon arrivée sur le sol Guadeloupéen, qu’il allait trouvé une solution à mon problème.

Dès lors, il me fallait régler le problème du billet d’avion, je me rendis donc un beau matin à l’agence de voyages SMCR près de la place de la Savane à Fort de France.

Toutes les commerciales étant occupées, je m’assois pour attendre mon tour, quelques minutes après une porte s’ouvre et une dame très serviable me demande de venir dans son bureau.

Je lui raconte ma situation et cette dame me dit tout simplement, je la cite : « écouter, je vous offre un billet aller-retour sur la Guadeloupe et vous me paierez quand vous pourrez ».

Cette dame était la patronne, Mme De La houssaye, je crois avoir bien écrit son nom.

Arrivé en Guadeloupe, je me rends donc au CREPS où « Toutoune » me reçoit et me loge en me disant :  » pa kassé tet aw ti mal, sé yon a lot » (ne te tracasses pas garçon, on doit s’aider mutuellement).

J’y suis resté tout de même trois mois, mais, là par contre, aussi bizarre que celà puisse paraître, c’est une dame qui a milité pour mon départ, semble-t-il que ma présence gênait quelques autres personnes de l’administration, des pressions ont été exercées sur moi et j’ai du m’en aller vers d’autres cieux plus accueillants.

Je n’étais pas inquièt pour autant, car je sentais cette force, cette présence qui cheminait à côté de moi.

Je me suis rendu à l’Ecole Normale aux Abymes et là encore, le Tout-Puissant a placé une dame sur mon chemin, elle m’a logée dans un studio sans aucun autre étudiant et j’ai pu finir ma première année de scolarité en toute quiétude.

A suivre…

14 octobre, 2007

Le Corrosol

Classé dans : Fruits & Légumes du Pays — CATORC Charles @ 11:55

Le Corrosol dans Fruits & Légumes du Pays corrosol25zk

Les fruits du corrosol poussent sur le tronc ou sur les grosses branches sans doute à cause de leurs poids.

Le corossol, ou anone (Sapoti à l’Île de la Réunion), est le fruit du corossolier (Annona muricata, de la famille des Annonaceae, qui pousse en Afrique, en Amérique et en Asie). Il mesure jusqu’à 30 cm de long et peut peser jusqu’à 2,5 kg. Son aspect extérieur est d’un vert sombre du fait de son écorce piquée d’épines et sa chair est blanche et pulpeuse avec des graines noires indigestes.

La chair du corossol est comestible et a un goût à la fois sucré et acidulé – type Malabar. Cela en fait un fruit exploité dans l’agro-alimentaire pour la confection de glaces.

Alors qu’il est d’un goût bien différent, le corossol est parfois confondu avec la pomme-cannelle ou paw paw, fruit d’une autre espèce d’annonacée.

Sur le plan diététique, le corossol est riche en glucides, notamment en fructose, et il contient des quantités assez importantes de vitamine C, vitamine B1, et vitamine B2.

Tout comme les feuilles de la plante, la chair et les graines du corossol sont utilisées en médecine traditionnelle, dans de nombreuses traditions médicales. Les principales indications dans le cadre de médecines populaires sont les troubles du sommeil, les troubles cardiaques, les maladies parasitaires, les ectoparasitoses.

Les graines du corossol sont également utilisées au Guatémala, dans la région de Livingston, pour l’artisanat local (commerce équitable) dans une tribu indienne au bord du Rio Dulcé (sculpture de tortues, lamantins, toucans et chouettes)

Lui aussi originaire d’Amérique du sud, comme la pomme cannelle et le cœur de bœuf, le corossol s’en distingue aisément par sa taille et sa forme, souvent celle d’un gros cœur vert couvert de petits piquants souples. Sa chair très cremeuse passe pour calmer les anxieux et chasser les angoisses ; elle peut se déguster crue, en boisson ou sous forme de glace, qu’elle parfume délicatement.

 Il faut le savoir :

Le corossol écrasé , pressé et filtré donne une boisson agréable, vitaminée et nourrissante; c’est encore meilleur en glace ou en sorbet. La pomme cannelle à une chair plus fine et plus parfumée mais moins abondante.
L’infusion de feuilles est sédative, légèrement soporifique et utilisée comme telle par les populations créoles d’Amérique du sud. On baigne aussi les enfants trop nerveux dans une infusion tiède de feuille de corossol. Cette infusion de feuilles (corossol et surtout pomme cannelle) calme, par balnéation ou application, les érythèmes solaires.
Les graines séchées sont pulvérisées sur les plantes ou incorporées dans le sol des champs de riz ou de légumes (en particulier au Vietnam) mais cette poudre insecticide est irritante pour les yeux et les muqueuses.
Au Brésil on utilise l’huile des feuilles de corossol pour combattre les parasites externes et comme lotion antinévralgique et antirhumatismale.
L’abondance des alcaloïdes et leurs effets variés et même parfois opposés réduit l’usage des extraits totaux, mais plusieurs composés sont particulièrement intéressants, par exemple l’Higénamine.

corrosol4cy dans Fruits & Légumes du Pays

La logique du pourrissement (Joby Bernabé)

Classé dans : Poèmes créoles (Pwèm) — CATORC Charles @ 11:28

 

 

bakoua.jpg 

La logique du pourrissement
c’est le fruit mûr tombé foutu de n’avoir pas été cueilli
parce que l’homme n’avait pas prévu
voulu ou pu
connu ou su
parce que l’homme a trop attendu
ou peut-être tout bonnement
parce qu’il l’a parfaitement voulu et eu
si tant est que c’est l’homme qui veut.

La logique du pourrissement
c’est l’écorchure qui s’infecte
et le microbe qui se délecte
quand se rengorge le furoncle.
c’est la fissure qui rigole
et la rigole qui s’fend la gueule
c’est la chaussure qui prend l’eau
c’est la peinture qui s’écaille
la moisissure prend ses aises.

La logique du pourrissement

La logique du pourrissement
c’est la chemise qui se fait la malle
la redingote qui est en crise
d’avoir été par trop portée
souillée lavée et empesée
et la couture n’en peut plus
la crise se rit de la reprise
un petit point de chaîne à droite
un petit point de croix à gauche
un petit point arrière devant
un petit point devant derrière

La logique du pourrissement

La logique du pourrissement
C’est la centrale qui pisse la mort
et la rivière qui a mal au foie
c’est la crevette qui rend l’âme
et l’arbre à pain qui a le blues
c’est l’eau de coco en berlingot
c’est pour bientôt je vous le dis !
c’est la corde de la mère igname
qui étrangle la mère igname même.

La logique du pourrissement

La logique du pourrissement
c’est quand débarquent les maquereaux
avec leurs mines de sex-shops
qu’on vend du sable au marché blanc
pour peaux en mal de mélanine
et quand nos plages font le trottoir
sous leurs licences de maisons closes
nos enfants nus ne peuvent plus leur faire l’amour
au grand soleil

La logique du pourrissement

La logique du pourrissement
Ce sont les arbres qui s’emmurent
dans une névrose de béton
les oiseaux glissent à la dérive
les flics engraissent leurs papillons
les p.-v. jouent aux feuilles mortes
les voitures valsent à la pelle
la fourrière rêve de cimetières
la chaussée souffre de cors aux pieds
la ville a mal aux entournures

La logique du pourrissement

La logique du pourrissement
C’est le bébé qu’on s’est payé
dans la boutique du père crédit
il fait la loi dans la maison
il fait caca où bon lui chante
même dans le crâne des petits
on ne se parle plus quand il jacasse
on ne s’entend plus quand on se parle
avec sa tête rectangulaire
c’est le portrait de son papa
il a la bouche en sucre d’orge
il fait risette et c’est tout rose
il a les yeux bardés de guerres
et injectés d’apocalypse
il passe pourtant de temps en temps
un oiseau bleu en son iris.

La logique du pourrissement

La logique du pourrissement
C’est quand s’encombre le sinus
que la conserve en a ras-l’bol
le fer blanc gonfle
et puis se mouche et les décombres qui s’amoncellent
ont des dégaines de gratte-ciel
tel un grand rire au bord d’un gouffre
un matouba d’éclats de gorges
et comme un cormoran blessé
le rire s’élance en vol plané
et fouille une gueule de volcan
pour assouvir sa démesure.

La logique du pourrissement

La logique du pourrissement
C’est un destin que l’on marchande
dans un pays qui marche à l’os
une terre du sud qui perd son or
un chant d’amour qu’on hypothèque
ce sont deux sœurs qui se déchirent
dans un asile à ciel ouvert
l’espoir trimbale un goût de poisse
la lune rumine ses angoisses
les mots ont l’éléphantiasis
la rhétorique traîne la jambe
et la psy se fait son beurre
quand les neurones se font de la bile.

on vend de la foi à tour de bras
et les gourous ont le bras long
on brade la joie à coups de banque
on paie des gangs pour tuer le temps
dans les agences du Nirvana
le Père Noël s’informatise
et la culture se macoutise
les jeunes chevauchent dans leurs ghettos
le paradis de la défonce
le Diable solde ses miroirs,
Vaval refuse de mourir
et la folie pétrit ses jours
tandis qu’elle siffle un air de cendres.

La logique du pourris…

C’est dans le swing de cette logique
qu’un soir de mercredi des Cendres justement
un chien chauve travaillant du chapeau
au milieu d’un macadam vague
près d’un amas d’âmes paumées
et de dépouilles de sacs volés
me confia qu’il avait conçu
entre deux ulcères d’estomac :
la prodigieuse problématique de
la tactique du pourrissement
la logistique du pourrissement
la dialectique du pourrissement
la statistique du pourrissement
la balistique du pourrissement.
et dès l’école maternelle
l’instruction civique du pourrissement
toute une éthique du pourrissement
une poétique du pourrissement
celle d’une fleur inconnue ou presque
sidéralement transparente
aux confins de l’absurde
éclose.

balais.jpg

 

 

Cé grain di ri qui ka plein sac

Classé dans : Contes Créoles (Kont) — CATORC Charles @ 11:24

Ça ou ni ou bien ni, mim’si
i tout piti, cé ta ou, pas ta en
l’aute, i foc ou contenter ou.

En pécheu bod lan mè ka
pêcher à la ligne. I ouè bou-
chon-ï brinin, i filer ba bête-la
i té ka espérer qui cété en
gros poisson.

Mais bouchon a pas plon-
gé, i té save là-i té yé.
I raidi fil-là quand minm’. Et
i ouè toto blo ka monter.
Quand i vini pou quimbé-ï ti
bête là dit ï con ça :

— Mussieu tant pis sou-
plé, lâcher moin fois ta là,
moin cé en i tcha tcha ! ! !

Ça ou peut fait épi moin ?

Ou pa kaï ni du quoi pou
rempli dent creuse ou a.

Mais si ou lâché moin, et
que l’an-née prochaine ou viré
pêcher moin, aloss ou kaï
manger an poisson qui pois-
son ; ou bien ou kaï venn’
moin en bon l’an-monnaie.
— Tant pis souplé mussié, lâ-
chez moin jôdi-à ! ! !
— Ça ou dit a ? dit pêcheu-a,
foutt’ ou té kaï pressé pou ou
té allé batt
‘ guiol ou, raconter
qui manniê moin prend moin
pou moin té pêcher ou.

L’an-née-a té kaï finit, moin
paté kaï traper, pa en seul ti
poisson encô. Et pi ba moin
dit ou ça. Surtout gadez ça
pou ou seul ti poisson con ou
frit.

Amélia femme moin, cé li
qui content ça. Ti boug entrez
dans sac là, ou ja pâti pou
le mal.

« Cé pou Amélia toto blo ».

http://www.rizdecamargue.com/particulier/lexique.php

13 octobre, 2007

Classé dans : Albums Photos — CATORC Charles @ 9:58
Madinimages
Album : Madin'images
Images de Madinina
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12 octobre, 2007

Photos

Classé dans : Albums Photos — CATORC Charles @ 15:19

mangrove.jpgcoquelicot.jpgalamanda.jpg

Le rocher du Diamant

rocher.gifphoto031.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Les îlets de Sainte-Marie

12
 

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