Madinina, L'île aux fleurs, l'île des revenants, chalè, chalè !!!

Fruit présenté : Pomme Canelle

  • Accueil
  • > Archives pour le Samedi 1 novembre 2008

1 novembre, 2008

Un Créole et le Créole

Classé dans : La Culture de Madinina — CATORC Charles @ 10:17

 Un Créole

Un créole (en espagnol ancien creollo, devenu criollo, passé dans les langues française et anglaise entre 1595 et 1605) désigne, selon les dictionnaires de langue française et seulement eux, tous éditeurs confondus, une « personne de race blanche » (la formule est de plus en plus souvent remplacée par « d’ascendance européenne »), née sous les Tropiques de parents venus d’Europe et qui s’y sont installés, par opposition aux non-blancs d’une part, mais aussi par opposition aux Français, Espagnols, Portugais récemment arrivés d’Europe ou simplement de passage (appelés « métropolitains » ou simplement « métros » dans les anciennes colonies françaises).

Ainsi désignait-on ordinairement sous le nom de « la Créole » l’impératrice des Français Joséphine de Beauharnais, née à la Martinique.

Ces mêmes dictionnaires affirment que, par un abus de langage peu à peu admis par l’usage, on a aussi désigné sous le terme de Créole, à partir du XXe siècle, les populations métissées. A noter toutefois que les « blancs créoles » (appelés Békés en Martinique, « Grands Blancs » en Guadeloupe) sont les plus attachés à la définition donnée par les dictionnaires français.

La consultation des dictionnaires de langue anglaise, espagnole ou portugaise, et la lecture des textes français antérieurs au règne de Louis XIV et au code noir, a tôt fait de convaincre que le sens de créole n’avait pas d’abord de signification raciale : était créole celui qui était né ici de parents venus d’ailleurs, d’où des nègres créoles (nés sur place) par opposition aux africains amenés en esclavage (appelé bossal en Haïti), d’où des poules créoles, nées dans le poulailler, ou des chevaux créoles, dans l’écurie, par opposition à des poules achetées sur le marché ou des chevaux importés.

Ainsi s’explique que des espèces d’animaux domestiques : cochon en Haïti et aux Antilles françaises, mais aussi chèvre, vache et chien des Antilles françaises, soient désignées comme créoles.

Le débat sur cette question est essentiel, pour autant que le mot peut contribuer à maintenir une ségrégation fondée sur une hiérarchie raciale, ou au contraire affirmer que, pour une part, l’histoire de leurs ascendants rapproche tous les créoles, Européens blancs, Africains noirs, Indiens d’Inde, Syro-libanais, etc, tous nés ici de parents venus d’ailleurs (certes dans des conditions fort différentes), tous partie prenante de l’identité créole, différents mais ensemble.

Actuellement, la « créolisation », notion d’anthropologie et de linguistique, désigne basiquement un processus de création d’une culture (ou d’une langue) nouvelle suite à un métissage et par émergence spontanée dans un nouveau milieu. Les partisans du mouvement de la créolité ne sont pas tous d’accord pour que le concept se développe indépendamment de tout ancrage dans une réalité historique et géographique définie.

Le Créole

C’est à travers la littérature orale que le créole donne toute sa mesure. Les chants, les contes et les proverbes mettent en scène la vie des Antilles avec parfois beaucoup de justesse, la force des images suppléant à un vocabulaire limité (même s’il s’enrichit des apports du français moderne et même de l’anglais).

Le créole est par essence une langue vivante. Formée loin des académies et des bibliothèques, il n’a connu pour cafés littéraires que les ‘débits de la régie’, où les hommes se réunissaient autour d’une bouteille de rhum et d’un jeu de dominos. Il a fleuri sur les modestes pas de portes où les mères tressaient les cheveux de leurs filles en évoquant les généalogies, les chansons du passé et les mille règles de la vie d’une femme (voir Pluie et Vent sur Télumée Miracle, de Simone SCHWARTZ-BART).

La langue Créole donne sa pleine mesure lors des veillées mortuaires, une pratique rurale qui tombe en désuétude. Lors de ces veillées, les conteurs s’affrontent en des joutes oratoires où naissent et se perpétuent contes et proverbes.Le créole proprement dit est né du métissage du vocabulaire français des dix-septième et dix-huitième siècles et des tournures syntaxiques d’origine africaine, pendant l’esclavage. Arrachés à leur terre natale, les Africains déportés aux Antilles étaient éparpillés sur diverses îles, pour éviter que des tribus ne puissent se reconstituer et fomenter des révoltes.

Ainsi, confrontés à la nécessité de survivre et de communiquer avec des compagnons parlant des langues différentes, les Antillais de la première heure ont-ils ‘bricolé’ un idiome commun, reprenant les mots français, quelques termes amérindiens (noms de plantes et d’animaux essentiellement), et liant le tout avec une syntaxe proche de celles des langues d’Afrique. Le temps a donné à l’ensemble son unité, et s’est progressivement développée toute une littérature orale créole, autour de contes, de chants et de proverbes.

Le créole a gardé de cette immédiateté une spontanéité, qui transparaît dans le caractère très imagé qui fait son génie. Issu principalement du français pour le vocabulaire et des langues africaines pour la syntaxe le créole est né au début de la colonisation. Il permettait alors à des populations très différentes de communiquer entre elles. Des langues simplifiées servant seulement au troc et aux relations de travail maître- esclaves, le créole est devenue, au fil des siècles, une langue à part entière. Ses qualités d’expression ont donné naissance à une littérature et à une poésie d’une étonnante richesse.

Contrairement à la plupart des langues régionales métropolitaines, le créole est  aujourd’hui encore, parlé par la totalité des Antillais, qu’ils soient noirs, hindous ou blancs. Cette langue est également devenue un moyen d’affirmer une identité, la créolité : << Ni Européens, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons Créoles. Cela sera pour nous une attitude intérieure mieux : une vigilance, ou mieux encore, une sorte d'enveloppe mentale au mitan de laquelle se bâtira notre monde en pleine conscience du monde. >> ( jean Bernabé, Patrick Chamoiseau, Raphël Confiant ) >>

Amis venant d’autres horizons,vous ne parlerez certainement pas le créole après un court séjour à la Martinique, mais vous arriverez assez rapidement à en comprendre l’essentiel. Sachez que les Martiniquais peuvent être susceptibles et qu’ils préféreront que vous leur parliez le français plutôt qu’un baragouinage de créole qu’ils pourraient interpréter comme une forme de mépris.

La Toussaint en Martinique et aux Antilles

Classé dans : La Culture de Madinina — CATORC Charles @ 8:59

Image

Les fêtes de la Toussaint sont célébrées à la Martinique, où les familles se retrouvent auprès de leurs morts dans les cimetières illuminés à la tombée de la nuit.

Dès le matin et en fin d’après-midi où les rayons du soleil s’atténuent dans une lumière douce, les antillaises procèdent au nettoyage des tombes afin de les rendre impeccables. Les fleurs viennent orner les caveaux familiaux et les préparatifs vont bon train jusqu’au crépuscule où le cimetière se pare de l’illumination rituelle. Bougies, cierges sont allumés pour honorer les morts chez les chrétiens de Martinique, dans les cimetières.

Les boutiques restent ouvertes jusqu’à 20h. Après la visite de la tombe familiale, les anciens se réunissent dans les maisons autour d’un punch et évoquent les souvenirs de cette proximité familiale peu à peu affaiblie par la vie moderne.

Halloween, fête payenne d’origine celtique, celle de l’étrange Noël de Mr Jack, s’est déjà bien répandue dans les moeurs, les soirées à thèmes ne manqueront pas aussi de fleurir, la décoration de l’arum et de l’anthurium cèdera la place à celle de la citrouille pour ces deux jours de congé de la Toussaint, et de la fête des défunts, aussi des enfants.

Rite des morts chez les Indiens des Antilles

Au Moule, patrie de l’indianité en Guadeloupe où la plus imposante cité mortuaire des Antilles s’étend près de la plage du Souffleur, les rites funéraires font la curiosité des anthropologues. Ils ont été relatés par Ernest Moutoussamy, ancien député de la Guadeloupe.

Chez les familles des Indiens des Antilles, « le dimanche qui suit l’enterrement du défunt, les parents organisent la cérémonie du lait. Dans la maison du défunt on met un « Semblani », on casse le coco puis on se rend au cime­tière. Un tray porté par un proche sur sa tête contient des fleurs des boissons des rotis, des vadès et du lait pur de vache. On allume un feu, on remet un semblani et, sur la tombe, on verse le lait en y enfouissant trois sortes de graines.

Ce rite permet au disparu de se débarrasser de ses péchés, de renaître pour une vie spirituelle qui lui permettra d’atteindre un degré supérieur avant de se réincarner.
De retour à la maison, on allume une lampe à l’entrée, on se lave les pieds puis on enjambe la lampe pour pénétrer dans la case.
La céré­monie se termine par un semblani suivi d’une réception des parents et amis.

Le Kalmandlon ou Karoumandom est une cérémonie qui a lieu quarante jours après l’enterrement pour les Tamouls et seize jours pour les « calcutta ». Elle dure vingt-quatre heures et se déroule en plusieurs lieux. Elle a pour but d’aider l’âme à s’élever vers les hautes sphères spiri­tuelles.

Le corps du défunt est représenté par une brique entourée d’un tissu, blanc pour une femme et rouge pour un homme, qui symbolise l’immortalité de l’âme. Cette brique est placée devant une figure maté­rialisée sur le sol par des fils de différentes couleurs.
La maison est parfumée et purifiée. Le samedi soir à dix-huit heures, on met le premier semblani (un seul repas pour le mort).
A minuit et à six heures du matin, on renouvelle le semblani, en enlevant à chaque fois le repas précédent.

Le fils aîné ou le benjamin dont la tête a été rasée au bord d’une mare ou de la mer, et les cheveux jetés dans l’eau, pénètre dans la figure dessinée pendant que l’officiant prie devant les portes gardées par les divinités.

La cérémonie se termine l’après-midi par un repas familial en l’honneur du défunt pris sur des morceaux de feuille de bananier. Avant que l’on commence à manger, un membre de la famille prélè­ve une prise de chaque repas. L’ensemble recueilli est placé sous un arbre bordant la route qui a conduit le défunt au cime­tière avec une bougie, une tasse de café, une cigarette, un fruit… Celui qui a dépo­sé cet ultime repas doit reprendre le che­min de la maison sans se retourner. II dépose devant la porte d’entrée. Le Kalmandlon met fin deuil.

Une fois par an, durant la période de la Toussaint au mois de novembre, beaucoup de familles indiennes honorent leurs défunts les plus proches par la cérémonie du semblani en leur offrant un repas. Celui-ci est préparé durant la journée sans que les cuisinières aient à goûter aux mets qui sont rigoureusement destinés aux morts.  (Ernest Moutoussamy, l’hindouisme aux Antilles)

 

Vitalo.fr |
double sens |
♪♪**La riviere ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | pourquoipastoi
| Location d'un studio à Sali...
| Donquichotte de la Mauritanie