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Fruit présenté : Pomme Canelle

1 novembre, 2008

La Toussaint en Martinique et aux Antilles

Classé dans : La Culture de Madinina — CATORC Charles @ 8:59

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Les fêtes de la Toussaint sont célébrées à la Martinique, où les familles se retrouvent auprès de leurs morts dans les cimetières illuminés à la tombée de la nuit.

Dès le matin et en fin d’après-midi où les rayons du soleil s’atténuent dans une lumière douce, les antillaises procèdent au nettoyage des tombes afin de les rendre impeccables. Les fleurs viennent orner les caveaux familiaux et les préparatifs vont bon train jusqu’au crépuscule où le cimetière se pare de l’illumination rituelle. Bougies, cierges sont allumés pour honorer les morts chez les chrétiens de Martinique, dans les cimetières.

Les boutiques restent ouvertes jusqu’à 20h. Après la visite de la tombe familiale, les anciens se réunissent dans les maisons autour d’un punch et évoquent les souvenirs de cette proximité familiale peu à peu affaiblie par la vie moderne.

Halloween, fête payenne d’origine celtique, celle de l’étrange Noël de Mr Jack, s’est déjà bien répandue dans les moeurs, les soirées à thèmes ne manqueront pas aussi de fleurir, la décoration de l’arum et de l’anthurium cèdera la place à celle de la citrouille pour ces deux jours de congé de la Toussaint, et de la fête des défunts, aussi des enfants.

Rite des morts chez les Indiens des Antilles

Au Moule, patrie de l’indianité en Guadeloupe où la plus imposante cité mortuaire des Antilles s’étend près de la plage du Souffleur, les rites funéraires font la curiosité des anthropologues. Ils ont été relatés par Ernest Moutoussamy, ancien député de la Guadeloupe.

Chez les familles des Indiens des Antilles, « le dimanche qui suit l’enterrement du défunt, les parents organisent la cérémonie du lait. Dans la maison du défunt on met un « Semblani », on casse le coco puis on se rend au cime­tière. Un tray porté par un proche sur sa tête contient des fleurs des boissons des rotis, des vadès et du lait pur de vache. On allume un feu, on remet un semblani et, sur la tombe, on verse le lait en y enfouissant trois sortes de graines.

Ce rite permet au disparu de se débarrasser de ses péchés, de renaître pour une vie spirituelle qui lui permettra d’atteindre un degré supérieur avant de se réincarner.
De retour à la maison, on allume une lampe à l’entrée, on se lave les pieds puis on enjambe la lampe pour pénétrer dans la case.
La céré­monie se termine par un semblani suivi d’une réception des parents et amis.

Le Kalmandlon ou Karoumandom est une cérémonie qui a lieu quarante jours après l’enterrement pour les Tamouls et seize jours pour les « calcutta ». Elle dure vingt-quatre heures et se déroule en plusieurs lieux. Elle a pour but d’aider l’âme à s’élever vers les hautes sphères spiri­tuelles.

Le corps du défunt est représenté par une brique entourée d’un tissu, blanc pour une femme et rouge pour un homme, qui symbolise l’immortalité de l’âme. Cette brique est placée devant une figure maté­rialisée sur le sol par des fils de différentes couleurs.
La maison est parfumée et purifiée. Le samedi soir à dix-huit heures, on met le premier semblani (un seul repas pour le mort).
A minuit et à six heures du matin, on renouvelle le semblani, en enlevant à chaque fois le repas précédent.

Le fils aîné ou le benjamin dont la tête a été rasée au bord d’une mare ou de la mer, et les cheveux jetés dans l’eau, pénètre dans la figure dessinée pendant que l’officiant prie devant les portes gardées par les divinités.

La cérémonie se termine l’après-midi par un repas familial en l’honneur du défunt pris sur des morceaux de feuille de bananier. Avant que l’on commence à manger, un membre de la famille prélè­ve une prise de chaque repas. L’ensemble recueilli est placé sous un arbre bordant la route qui a conduit le défunt au cime­tière avec une bougie, une tasse de café, une cigarette, un fruit… Celui qui a dépo­sé cet ultime repas doit reprendre le che­min de la maison sans se retourner. II dépose devant la porte d’entrée. Le Kalmandlon met fin deuil.

Une fois par an, durant la période de la Toussaint au mois de novembre, beaucoup de familles indiennes honorent leurs défunts les plus proches par la cérémonie du semblani en leur offrant un repas. Celui-ci est préparé durant la journée sans que les cuisinières aient à goûter aux mets qui sont rigoureusement destinés aux morts.  (Ernest Moutoussamy, l’hindouisme aux Antilles)

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