Madinina, L'île aux fleurs, l'île des revenants, chalè, chalè !!!

Fruit présenté : Pomme Canelle

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30 octobre, 2010

B

Classé dans : Proverbes Créoles -Pwovèb Kreyol — CATORC Charles @ 10:37

emoticoneBalai (Balé)

Balé nef ka balyé byen

Balai neuf balaie bien

Tout nouveau, tout beau.

emoticoneBander (Bandé)

Zatrap bandé pa konnet sisi malad

Piège bandé ne connait pas le petit oiseau malade

Tant pis pour celui qui tombe dans le piège.

Se taitBaptême (Batenm)

Batenm popot mennen nos

Baptême de poupée conduit au mariage

Il n’y a pas de jeux innocents.

emoticoneBaril (Bari)

Sé épi grenn diri ou ka plen bari

C’est avec des grains de riz qu’on remplit le baril

Les petits ruisseaux font de grandes rivières.

emoticoneBattre (Bat)

Milat ka bat, kabrit ka mò

Les mulâtres se battent, les chèvres meurent

Les petits paient souvent pour les grands.

emoticoneBavard (Bava)

Koukoun pa ka palé, sé vant ki bava

Le vagin ne parle pas, c’est le ventre qui est bavard

Les conséquences finissent toujours par trahir les actions passées.

emoticoneBec (Bèk)

Sa ki an bèk ou pa ta’w, sa ki an fal ou sé ta’w

Ce qui est dans ton bec n’est pas à toi, ce qui est dans ton estomac est à toi

Il y a loin de la coupe aux lèvres.

emoticoneBénéfice (Bénéfis)

Bénéfis pa ka krévé poch

Bénéfice ne crève pas les poches

Abondance de biens ne nuit pas.

emoticoneBête (Bèt)

Menm bèt, menm pwèl

Même bête, même poil

Tel père, tel fils.

CoolBoeuf (Bef)

Bef dèyè bwè dlo sal

Le boeuf de derrière boit de l’eau sale

On a tout intérêt à être le premier.

emoticoneButer (Bité)

Bité pa tonbé

Buter n’est pas tomber

Il ne faut pas toujours dramatiser.

Le bonjour

Classé dans : Madinina "Antan Lontan" — CATORC Charles @ 9:24

Mots animés

Lorsque Man Intelle descendait au bourg pour ses affaires, elle croisait de nombreuses personnes tout le long du chemin : des amis, des voisins plus ou moins connus, vaquant à leurs occupations quotidiennes.

Man Intelle leur adressait à chacun un bonjour retentissant : « Messieus-Dames bonjou«  lorsqu’il y avait des hommes et des femmes ou « Bonjou Man Bitin«  si elle connaissait particulièrement la personne. Parfois, elle s’attardait deux minutes pour prendre plus de nouvelles.

Hier, c’était ainsi : souhaiter le bonjour était spontané et de naturel.

Il était très mal vu de ne pas dire bonjour. Deux voisines ne se souhaitaient pas le bonjour : c’était le signe qu’elles étaient profondément fâchées l’une contre l’autre. Retirer son bonjour à quelqu’un, c’était lui retirer son estime. Et le fait de ne pas avoir un bonjour en retour lorsqu’on le souhaite à quelqu’un était (et est toujours) vécu comme un affront.

Les enfants devaient dire bonjour aux grandes personnes, en signe de respect. Ne pas se plier à cette règle, c’était courir le risque de recevoir un palaviré.

Même si les parents étaient en mauvais termes avec une voisine, leurs enfants se devaient de lui dire bonjour car « les affaires des grandes personnes ne concernent pas les enfants« .

Aujourd’hui, emporté dans le tourbillon de la vie, la plupart des gens n’a plus le temps de s’attarder pour souhaiter le bonjour. Cependant, beaucoup attachent de l’importance au « bonjour », petit mot simple qui traduit l’état des relations entre les personnes.

Mots animés

28 octobre, 2010

La Veillée Mortuaire

Classé dans : Madinina "Antan Lontan" — CATORC Charles @ 9:35

 

La grande fête de l’adieu

Préparation du mort
La veillée
L’enterrement
Règles observées par nos aînés


Préparation du mort

Au temps d’avant, la mort d’une personne était considérée comme une grande perte pour les parents mais aussi pour tous les habitants du quartier, voire même de la commune. La mort : un désastre qui provoquait cris et lamentations. Chacun se sentait concerné par cette disparition, même les enfants à qui on ne préservait pas la vue d’un défunt : ils vivaient et partageaient la douleur des adultes.

La mort d’une personne était annoncée par le son de la conque de lambi. La nouvelle d’un décès circulait rapidement et aussitôt les parents, amis, voisins et voisines se regroupaient autour de la maison du mort, apportant café, sucre, bougies, pétrole, tissus, draps…

Tout le monde prêtait main forte et aidait le parent du défunt, le maître du mort, à nettoyer sa maison dans les moindres recoins, à faire à manger pour toutes les personnes qui viendraient pour la longue veillée mortuaire. Les hommes construisaient rapidement des bancs à l’aide de planches. On construisait des galeries autour de la maison avec des feuillages tressés (cocotier, kachibou …) pour accueillir (et abriter en cas de pluie) les nombreuses personnes. Pour l’éclairage, on préparait des lampes, des flambeaux à mèches de pétrole (chal’touné).

Le mort était soigneusement préparé pour sa dernière demeure. Etendu sur des draps propres, il était entièrement déshabillé (en préservant toutefois son intimité) et lavé respectueusement avec eau et feuillage. L’eau de la toilette et les feuillages étaient conservés sous le lit du défunt. C’est seulement après le départ du corps que les feuillages étaient enterrés et l’eau du bain déversée dans un coin précis du jardin.

Pour sa dernière demeure, le mort était habillé avec de beaux vêtements, souvent neufs. Certaines personnes prévoyantes avaient déjà leurs vêtements pour leur enterrement (pou jou lan mô mwen).S’il n’avait rien prévu pour le jour de ses obsèques, la couturière du quartier confectionnait, en toute hâte, un habit pour le défunt.

Il ne devait emporter que des choses lui ayant appartenu. On disait : si on place dans le cercueil un objet appartenant à une autre personne, celle-ci se dessècherait au fur et à mesure de la décomposition du cadavre. C’était son billet assuré pour l’au-delà.



La veillée

A la nuit tombée, la veillée commençait : parents, amis et voisins se retrouvaient pour une grande fête dans la maison du mort. Celle-ci était facile à reconnaître grâce aux nombreuses bougies allumées tout le long du chemin et autour de la maison.

Les femmes et les enfants restaient autour du mort exposé avec la famille pour prier. L’illettrisme des grandes personnes faisait que la lecture des prières était souvent faite par des jeunes enfants (des filles principalement car les garçons préféraient rester dehors avec les hommes). Après la lecture, les grandes personnes récitaient le chapelet.

Dehors, c’était la fête. Une fête particulière, animée par les conteurs et les tambouilleurs.

Les conteurs étaient là pour parler du défunt. Ils racontaient sa vie, par anecdotes plus ou moins rigolotes, évoquaient ses qualités et ses défauts. Ils le faisaient revivre en la mémoire de ceux qui l’avaient connu.

Au-delà de la vie du défunt, les conteurs, jongleurs de paroles, envoûtaient l’assistance avec des contes, des histoires comme celles de « Kompè Lapin » ou « Kompè Zamba », des « tim-tim ». Ils amusaient beaucoup l’assistance.

- Et cric ! lançait le conteur.
- Et crac !
répondait l’assistance.
- Et listicric !
- Et listicrac !

- Est-ce que la cour dort ? interrogeait de temps à autre le maître de paroles.
- Non la cour ne dort pas ! répondait l’assemblée pour inciter le conteur à poursuivre.

Il y avait souvent, dans les veillées mortuaires, plusieurs conteurs, parfois venus de loin, et chacun demandait la parole en ces mots : « Je demande la main ».

Un peu comme les griots, les conteurs contribuaient à faire perdurer dans la mémoire collective les contes et légendes des Antilles et faire oublier les moments de tristesse de la vie.

Les veillées funèbres se poursuivaient tard dans la nuit avec des pleurs et des rires, le son des tambours, bon boire et bon manger.



L’enterrement

Le lendemain avait lieu l’enterrement.

Quelqu’un parcourait le quartier pour informer les gens de la mort d’une personne et donner l’heure de l’enterrement. On disait communément : « i ka kouri biyé lenterman misié ou madanm’ Untel« .

Ceux qui possédaient un petit parterre de fleurs devant leur maison apportaient un petit bouquet afin de composer deux ou trois gerbes.

Le cortège était ouvert par des hommes à cheval (amis, gens du quartier). Il n’y avait pas de corbillard : quatre ou six porteurs (relayés en cours de route) transportaient le cercueil.

La cérémonie religieuse comportait trois niveaux :

  • la 1ère classe avec conduite au cimetière, croix et bannières, tentures noires à l’église et le bedeau. Les cloches sonnées à toutes volées, le glas, témoignaient de la fortune du défunt ou de ses parents ;

  • la 2ème classe avec toujours conduite au cimetière, liturgie simple et bedeau ;

  • la 3ème classe, pour les malheureux, les gens du « commun des mortels » : simple bénédiction du cercueil à l’eau bénite sur le parvis de l’église.

Si le défunt vivait maritalement, il n’avait droit qu’à un enterrement de troisième classe.

Après l’enterrement, on raccompagnait les parents du mort. Et, durant les jours suivants, ils recevaient la visite de proches, d’amis qui proposaient leurs services en ce moment de douleur. Il se formait une véritable chaîne de solidarité autour de la famille endeuillée.



 Règles observées par nos aînés

A l’heure de la mort, nos anciens observaient beaucoup de règles, en voici quelques-unes énoncées (aujourd’hui, certaines de ces règles subsistent encore plus ou moins) :

  • Une période de deuil était observée pour la mort des parents : trois ans de deuil pour la perte de sa mère, soit deux ans de gros deuil (vêtement noir uniquement, à manches longues et colleté) et un an de demi-deuil (vêtement noir et blanc, violet) ; deux ans de deuil pour le décès de son père, soit un an de gros deuil et un an de demi-deuil ; un an pour un mari ; un an de deuil pour les autres membres de la famille (soeur, frère, tante, oncle, marraine, parrain). C’était surtout les femmes qui portaient le deuil : les couleurs autorisées pour leurs vêtements étaient le noir, le blanc et le violet. Les femmes en deuil ne portaient pas de bijoux.

  • Durant la période de deuil, on ne va ni au bal, ni au cinéma.

  • Afin qu’il puisse partir en paix, on priait pendant les neuf jours qui suivent l’enterrement. Neuf jours pendant lesquels on allumait des bougies devant la porte d’entrée de la maison. Le neuvième jour, le vénéré, les prières étaient plus longues et suivies d’une « collation » où on évoquait le défunt, sa vie dans le quartier ; on échangeait encore quelques plaisanteries et … la vie reprenait son cours.

  • Le quarantième jour après le décès, on demandait au curé de la paroisse de dire une messe pour le défunt pour le repos de son âme.

  • Une vieille croyance voulait qu’après avoir accompagné le mort au cimetière, on retourne dans la maison du mort pour « déposer le mort ». On ne va pas chez quelqu’un où il y a un malade sinon on lui apporte la mort.

  • En Guyane, on laissait hors de la maison, et ce pendant au moins une journée, les vêtements que l’on avait portés pour aller à l’enterrement.

  • Les femmes enceintes ne rendaient pas visite à un mort sinon l’enfant naîtrait avec les yeux révulsés.

  • Pour faire disparaître la peur d’un mort chez un enfant, on lui faisait enjamber le corps.

  • Avant de boire un punch ou un « sec », on versait quelques gouttes de rhum sur le sol pour les ancêtres.

  • S’il pleut le jour de l’enterrement, on dit que le mort pleure.

  • Lorsque le trou ou l’emplacement pour le cercueil dans le caveau est trop étroit et que celui-ci bute contre les parois, on dit que le mort ne veut pas partir.

Le Carnaval (Kannaval)

Classé dans : Madinina "Antan Lontan" — CATORC Charles @ 9:29

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Le grand défoulement !

Le carnaval est une fête d’une grande importance. La période du carnaval débute dès le mois de janvier (après l’épiphanie) pour prendre fin le Mercredi-des-Cendres, premier jour du Carême avec, pour la Guadeloupe, un dernier sursaut le jeudi de la mi-carême avec des défilés en rouge et noir.

Chaque dimanche des défilés ont lieu dans toutes les communes.

Lorsque nous étions enfants, des petites troupes de masques (communément appelées « mass ») et exclusivement formées par des jeunes garçons, défilaient tous les dimanches. On entendait de loin le son des tambours et des sifflets et la plupart des enfants se précipitaient alors chez eux afin de se cacher et de surveiller à travers les volets leurs évolutions. Ils arrivaient rapidement en gesticulant et en dansant sous les fenêtres et balcons, faisaient claquer leurs fouets intimidants. Souvent, leur costume était fait de vieux vêtements récupérés et transformés. Quelques pièces de monnaie jetées par les spectateurs les récompensaient parfois pour leurs efforts. C’était un carnaval très populaire.

Il y avait entre autres :

  • les « masques à la mort« , effrayant avec leur tête de mort et leur squelette peint en blanc sur une combinaison noir ;

  • les « masques à congo« , enduits de sirop de batterie qui rappellent les premiers africains débarqués sur ces îles au temps de l’esclavage ;

  • les « masques à miroirs » ;

  • les « masques à rubans » qui au son de la musique tressaient de longs rubans colorés autour d’un mât ;

  • les « diablotins » ou « diables rouges » avec leurs cornes et leur longue queue.

Les quatre derniers jours du carnaval (Dimanche-Gras, Lundi-Gras, Mardi-Gras et Mercredi-des-Cendres) sont les plus chauds : c’est l’heure des grands « vidés » (défilés) où la joie explose dans toutes les rues, surtout dans les communes de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre pour la Guadeloupe et de Fort-de-France ou du Lamentin pour la Martinique. La vie économique de ces îles s’arrête pour un défoulement général : jeunes ou moins jeunes, petits et grands, tout le monde descend dans la rue.

Le lundi-gras, c’est le défilé des enfants des écoles.

Le mardi-gras, très tôt (dès cinq heures) : grand vidé en pyjama. En pyjama, lévé en pyjama !

Et dès le début de l’après-midi, c’est le grand défilé costumé : des chars (camions décorés transportant orchestre et personnes déguisées), des groupes à pied déployant de magnifiques costumes aux couleurs chatoyantes envahissent les rues qui retentissent alors de roulements de tambours, de chants, de musiques chaudes qui donnent à tous ceux venus regarder l’envie de se jeter dans cette foule trépidante et délirante, et vivre pleinement cet instant de défoulement.

Enfin, cette grande fête s’achève le Mercredi-des-Cendres par un grand vidé où les couleurs de rigueur sont le noir et le blanc (couleur du deuil), pour célébrer les obsèques de Vaval, marionnette de chiffons symbolisant le carnaval. A la fin de la journée, après avoir été exhibé dans toutes les rues, il sera brûlé et ses cendres seront éparpillés sur les eaux tièdes reflétant le soleil couchant tandis que la foule toujours en liesse chanterait sur un rythme endiablé : « Vaval, Vaval, Vaval pa kité nou » (Vaval, ne nous quitte pas).

Sur les trottoirs, les marchandes ambulantes sont là et proposent aux spectateurs différentes spécialités locales : sorbet coco, sinobol, sik-a-pistache, cornet-pistache, beignets, danquittes, etc.

Toutes ces festivités sont aujourd’hui retransmises sur les radios et les chaînes de télévision locales. Le carnaval a été « discipliné » : le trajet des groupes est préalablement défini et un service d’ordre est chargé de canaliser les foules. Des prix récompensent les meilleurs déguisements, la meilleure musique … On retrouve souvent les faits marquants de l’actualité de ces îles dans les thèmes choisis par les groupes (en Guadeloupe : l’éclipse solaire en 1998 et l’Euro en 1999, le Viagra en Martinique en 1999).

Enfin, le jeudi, la vie reprend son cours normal et chacun retrouve ses activités avec souvent les yeux rougis par le manque de sommeil et la fatigue, les pieds endoloris. Mais le coeur de chacun bat encore au rythme du son des tambours et on pense déjà au carnaval de l’année prochaine.

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Pâques

Classé dans : Madinina "Antan Lontan" — CATORC Charles @ 9:24

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Pâques : grande fête chrétienne aux Antilles qui se célèbre d’abord à l’église car c’est, avant tout, la Résurrection du Christ.

Après la messe, les festivités.

Elles sont caractérisées par les sorties en famille au bord de la mer et les bons plats. Si on doit citer un plat, ce serait sans aucun doute le matété de crabes que l’on déguste sur la plage accompagné de haricots rouges et de dombrés.

Matété de crabes

Noël (Nwel)

Classé dans : Madinina "Antan Lontan" — CATORC Charles @ 9:21

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C’est la fête pendant plusieurs jours.

Nos parents nous racontaient qu’autrefois, lorsqu’ils étaient encore petits, Noël commençait bien avant Noël.

Déjà, dès la fin du mois de novembre, on commençait à faire macérer dans du rhum les peaux d’oranges conservées et mises à sécher pour le shrubb. Puis, on préparait le sirop de groseilles et l’anis.

Tout au long de l’année, on avait bien nourri le cochon qui, dans son parc était déjà bien dodu. On prévoyait déjà les personnes qui devraient donner un coup de main pour le jour qui lui serait fatidique. C’est lui qui donnerait le boudin créole, la viande pour les petits pâtés et le ragoût bien épicé, sans oublier le jambon fumé.

Les festivités démarraient dès le premier jour de l’Avent par un « chanté Noël » qui égayait chaque soir les maisons jusqu’au 25 décembre. On se regroupait chez Monsieur ou Madame Intel pour chanter les cantiques et on chantait, chantait, jusqu’au milieu de la nuit, la naissance prochaine du Christ. Tambours, ti-bois, sillac, cha-cha, harmonica, violon, accompagnaient le tout. Sur des rythmes de biguine, de mazurka ou de valse, la nuit s’écoulait joyeuse.

La maîtresse de maison ne manquait pas alors de régaler l’assistance de bons petits plats arrosés de rhum ou de shrubb.

Et le lendemain soir, on recommençait chez la voisine d’à-côté.

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La nuit de Noël commençait obligatoirement par la traditionnelle messe de minuit car Noël est avant tout une fête chrétienne. Ensuite, place à la fête et le « chanté Noël » reprenait avec vigueur. Toute la nuit, on allait chanter et festoyer grassement de maison en maison, et ce, jusqu’au petit matin.

Pendant plusieurs jours, on faisait bombance en dégustant les nombreux plats qui caractérisaient et caractérisent encore le Noël antillais :

  • Jambon fumé ;

  • Pâtés à la viande ;

  • Boudin créole ;

  • Ragoût de porc ;

  • Pois de bois (ou pois d’Angole) ;

  • Ignames, riz blanc;

  • Gâteaux;

  • Mandarines.

On arrosait toutes ces bonnes choses avec du rhum, des punchs à base de sirop de groseilles, de l’anisette ou du shrubb.

Dans les familles modestes, le Père-Noël ne passait pas. Les enfants se contentaient d’une sucrerie ou d’un simple ballon de baudruche qu’ils recevaient le plus souvent pour les étrennes du Jour de l’An.

Aujourd’hui, le sapin avec ses nombreux cadeaux et la dinde aux marrons venus tout droit de la France Métropolitaine ont un peu modifié l’image du Noël sous les Tropiques.

Crèche de Noël

Le bal bouquet

Classé dans : Madinina "Antan Lontan" — CATORC Charles @ 9:13

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Au départ, il y avait un bal dans le quartier où bien sûr, toute jeune fille était accompagnée d’un ou de plusieurs parents (papa, maman, frère, ou oncle…).

C’était un bal sur orchestre avec éclairage aux flambeaux et lampes à pétrole (la fée « électricité » n’était pas encore arrivée).

On y dansait la biguine, la haute-taille, la mazurka, le quadrille, la rumba, le calypso, la kalinda, la valse, le tango…

Durant le bal, on préparait un bouquet de fleurs et pendant que les gens dansaient et s’amusaient, à un moment où on s’y attendait le moins, le bouquet était envoyé par celui qui « donnait » (organisait) le bal. La personne qui recevait ce bouquet (dans les bras ou sur la tête) devait à son tour prévoir le prochain bal. On disait communément : « rimet’ bouquet » (rendre le bouquet). C’était un honneur de recevoir le bouquet et c’était avec plaisir que « l’heureux gagnant » envisageait la prochaine soirée dansante qu’il promettait inoubliable.

Et ainsi de suite, les bals s’organisaient tout au long de l’année dans le quartier d’où le nom de « bal bouquet« .

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La Toussaint

Classé dans : Madinina "Antan Lontan" — CATORC Charles @ 9:09

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Le 1er novembre est le jour où on honore ses morts et c’est la nuit des illuminations, signe de respect et de reconnaissance.

Cette fête se prépare deux ou trois semaines à l’avance en allant dans les cimetières pour nettoyer les tombes de sa famille. On arrache les mauvaises herbes, on nettoie les caveaux, on récure, on astique, on repeint pour que tout soit reluisant le jour de la Toussaint. Une tombe bien nettoyée est le signe que l’on s’occupe de ses morts.

Dans la plupart des cimetières, on aperçoit un grand nombre de caveaux familiaux qui traduisent l’importance accordée aux obsèques et à l’enterrement, ainsi qu’à sa dernière demeure.

Les caveaux sont de véritables petites maisons où sont déposés les cercueils des membres d’une même famille. Ainsi, même après la mort, la famille reste unie, les ossements ne sont pas éparpillés ou perdus.

Sur la taille d’un caveau, on peut se faire une idée sur la puissance « matérielle » d’une famille quoique certains n’hésitent pas à se priver durant leur vie pour construire un caveau et assurer leurs obsèques, afin de partir l’esprit tranquille.

Le jour de la Toussaint, tout le monde, parents comme enfants, en habits du dimanche, se rend au cimetière dès la fin de l’après-midi. On se recueille sur les tombes et on allume des bougies. On allume des bougies par dizaines, par centaines que l’on dispose en rangs, parfois serrés, sur les tombes, les caveaux. Petit à petit, tout le cimetière s’illumine de millions de petites flammes vacillantes sous la brise du soir.

Ceux qui ne peuvent se rendre dans le cimetière où sont enterrés leurs parents leur rendent hommage en allumant des bougies chez eux, sur le pas de leur porte, sur leur balcon.

Le cimetière se remplit peu à peu de monde, de paroles, d’éclats de rire. Souvent les familles se retrouvent, échangent leurs nouvelles, discutent. Les enfants s’amusent à lancer des cacas-bougie sur les gens, à courir entre les caveaux et à sauter par-dessus les tombes.

Devant le cimetière, les marchandes sont là avec leur voiture ambulante : le boire et le manger sont assurés. C’est une petite fête qui se poursuit tard dans la nuit.

Cependant, je me rappelle qu’une année, une célèbre série télévisée américaine diffusée à 20 heures dans le début des années 80, avait vidé bien plus tôt que prévu tous les cimetières de la Guadeloupe. La tradition ne tiendrait-elle qu’à un fil ?

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Le Jour de l’An (Jou dlan)

Classé dans : Madinina "Antan Lontan" — CATORC Charles @ 9:03

http://ccahhn.zeblog.com/c-actualites/page/2

Deux ou trois jours avant la nouvelle année, c’était le grand nettoyage. On nettoyait à fond toute la maison : on sortait des buffets la vaisselle réservée aux grandes occasions afin de la laver. On rangeait les placards, les armoires. On décrochait les toiles d’araignées, on enlevait la poussière des tableaux, sujets, objets décoratifs, etc. Parfois, on redonnait même un coup de peinture. On brossait les sols, les planchers en bois avec des feuillages (arada, fey’ douvan ou fey’ douvan neg).

On n’oubliait pas de prendre un bon bain pour se débarrasser de la crasse de l’année écoulée.

Tout cela pour ne pas commencer la nouvelle année sur les vieilles poussières de l’an passé.

Les parents racontaient aux enfants que le 31 décembre, à minuit, il y avait un duel entre Saint-Sylvestre et Saint-Circoncis sur la place publique. Certains y croyaient et désiraient se rendre sur les lieux afin de voir qui serait le gagnant qui, vous l’aurez tous deviné, était Saint-Circoncis.

Le 1er janvier, tout le monde se levait très tôt, dès 4 heures du matin et se préparait pour se rendre à la messe de 5 heures : la messe de l’Aurore. On descendait en famille à la lueur des flambeaux (chal’touné) dans la noirceur du petit matin. Les églises regorgeaient de fidèles venus prendre la première bénédiction de l’année.

Tout le monde portait des vêtements neufs et pour que l’année soit bonne et prospère, les femmes avaient coutume d’étrenner une robe faite dans un tissu à pois. Il était déconseillé de porter une robe bleue car cette couleur est celle de la misère comme le dit l’expression créole : en misè blé (une misère bleue).

Après la messe, chaque famille passait de maison en maison pour souhaiter la bonne année. On offrait à boire un petit verre de Vermonth. Certains sortaient leur instrument de musique (accordéon, mandoline, flûte) et on s’amusait dans le petit matin.

C’était le jour des échanges de voeux et de petites étrennes. Les enfants recevaient de leur parrain ou de leur marraine, un oeuf que l’on mettait à couver pour avoir un poussin qui grandirait et deviendrait un coq ou une poule qui à son tour donnerait des oeufs ; une mandarine ou une orange.

Il était d’usage d’offrir aux êtres chers des oranges ou des mandarines. Les pépins étaient précieusement conservés car ici, pépins ne riment pas avec soucis, bien au contraire : autant de pépins, autant de bienfaits pour l’année.

On épluchait l’orange sans casser la peau qui formait alors une longue spirale qu’on envoyait en l’air en même temps que l’on formulait un voeu : si la peau de l’orange retombait face en l’air, c’est-à-dire la partie verte au-dessus, on avait toutes les chances de voir son voeu se réaliser dans le courant de cette année nouvelle.

Au déjeuner du midi, il était coutume de préparer des haricots (rouges ou blancs) ou des pois, ceci pour faire entrer l’abondance dans sa maison, pour que les kannari soient toujours bien garnis durant les 365 prochains jours.

Certains profitaient de ce début de l’année pour prendre un bain démarré afin de se délivrer de tout sortilège.

http://www.maximoi200.com/cartes-de-voeux/carte-bonne_annee.jpg-i.html

27 octobre, 2010

Quelques personnages célèbres de Madinina

Classé dans : Histoire de Madinina,La Culture de Madinina — CATORC Charles @ 18:32

aim.bmpAimé Césaire (1913-2008) : Professeur de lettres, maire de la ville de 1945 à 2001, l’un des plus grands écrivains et poètes antillais et un des pères fondateurs de la négritude.

 

chamoiseau.bmpPatrick Chamoiseau (1953-) : Ecrivain, « An tan d’enfance » – Prix Carbet 90, « Texaco » – Prix Goncourt en 1992.

 

confiant.bmpRaphaël Confiant, « L’Allée des Soupirs » – Prix Carbet 94, « Morne Pichevin »…

 

duquesnay.bmpVictor Sévère (1867-1957) : Avocat, plusieurs fois maire de Fort-de-France entre 1900 et 1945.

 

camille.bmpCamille Darsières (1932-2006) : Avocat, ancien député et Président du Conseil régional de Martinique.

 

cyrille.bmpCyrille Bissette (1795-1858) : L’un des pères de l’abolition de l’esclavage en Martinique et député de 1848 à 1851.

 

schoelcher.bmpVictor Schoelcher (1804-1893) : Sous-secrétaire d’Etat à la Marine et aux Colonies lors de la révolution de 1848, il signe le 27 avril 1848 le décret définitif d’abolition de l’esclavage

 

aliker.bmpPierre Aliker (1907-) : Médecin, 1er adjoint au maire de Fort-de-France de 1957 à 2001.

 

fanon.bmpFrantz Fanon (1925-1961) : Médecin et écrivain, auteur de Peaux noires, masques blancs.

 

renmaran.bmpRené Maran (1887-1960) : Ecrivain, Prix Goncourt en 1921.

 

duquesnay.bmpOsman Duquesnay (1846-1923) : Médecin, député et maire de Fort de France de 1888 à 1896.

 

Ernest Deproge (1850-1921) : Avocat, président du Conseil Général et député de 1882 à 1898.

 

Emile Maurice (1910-1993) : Enseignant, président du Conseil Général de 1970 à 1992.

 

sabl.bmpVictor Sablé (1911-1997) : Avocat, sénateur, député de la Martinique de 1958 à 1986.

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