Madinina, L'île aux fleurs, l'île des revenants, chalè, chalè !!!

Fruit présenté : Pomme Canelle

27 octobre, 2010

Quelques personnages célèbres de Madinina

Classé dans : Histoire de Madinina,La Culture de Madinina — CATORC Charles @ 18:32

aim.bmpAimé Césaire (1913-2008) : Professeur de lettres, maire de la ville de 1945 à 2001, l’un des plus grands écrivains et poètes antillais et un des pères fondateurs de la négritude.

 

chamoiseau.bmpPatrick Chamoiseau (1953-) : Ecrivain, « An tan d’enfance » – Prix Carbet 90, « Texaco » – Prix Goncourt en 1992.

 

confiant.bmpRaphaël Confiant, « L’Allée des Soupirs » – Prix Carbet 94, « Morne Pichevin »…

 

duquesnay.bmpVictor Sévère (1867-1957) : Avocat, plusieurs fois maire de Fort-de-France entre 1900 et 1945.

 

camille.bmpCamille Darsières (1932-2006) : Avocat, ancien député et Président du Conseil régional de Martinique.

 

cyrille.bmpCyrille Bissette (1795-1858) : L’un des pères de l’abolition de l’esclavage en Martinique et député de 1848 à 1851.

 

schoelcher.bmpVictor Schoelcher (1804-1893) : Sous-secrétaire d’Etat à la Marine et aux Colonies lors de la révolution de 1848, il signe le 27 avril 1848 le décret définitif d’abolition de l’esclavage

 

aliker.bmpPierre Aliker (1907-) : Médecin, 1er adjoint au maire de Fort-de-France de 1957 à 2001.

 

fanon.bmpFrantz Fanon (1925-1961) : Médecin et écrivain, auteur de Peaux noires, masques blancs.

 

renmaran.bmpRené Maran (1887-1960) : Ecrivain, Prix Goncourt en 1921.

 

duquesnay.bmpOsman Duquesnay (1846-1923) : Médecin, député et maire de Fort de France de 1888 à 1896.

 

Ernest Deproge (1850-1921) : Avocat, président du Conseil Général et député de 1882 à 1898.

 

Emile Maurice (1910-1993) : Enseignant, président du Conseil Général de 1970 à 1992.

 

sabl.bmpVictor Sablé (1911-1997) : Avocat, sénateur, député de la Martinique de 1958 à 1986.

29 juin, 2009

Les Rescapés de la Pelée – The Survivors of Pelee

Classé dans : Histoire de Madinina — CATORC Charles @ 18:44

st20pierre20ap20eruption.jpg

Le 8 mai 1902, une nuée ardente échappée du cratère a détruit complètement la ville de Saint-Pierre faisant environ 29 000 morts. Il y eut deux survivants, Louis-Auguste Cyparis, un prisonnier sauvé par l’épaisseur des murs de son cachot, et Léon Compère-Léandre, un cordonnier qui vivait à la périphérie de la ville. D’autres sources citent Havivra Da Ifrile, une petite fille.
Aujourd’hui reconstruite, Saint-Pierre est une petite cité de 5 000 habitants. Avant l’éruption, la ville était la capitale commerciale de la Martinique.

untitled.bmp

Cachot de Cyparis

Léon Compère-Léandre

Léon Compère-Léandre (1874-1936) était un cordonnier à Saint-Pierre en Martinique lorsque la Montagne Pelée entra en éruption le 8 mai 1902, il était le descendant d’un condamné, déporté de France. Il avait 28 ans. Il était très superstitieux et il croyait au diable. Il pensait que les fumerolles qui sortaient de la Montagne Pelée étaient les fumées de l’enfer. C’est pourquoi depuis plusieurs jours déjà, il s’était réfugié dans son échoppe de cordonnier située dans un sous-sol, au-dessous de la place Bertin. Là, il était isolé du monde extérieur par une porte qu’il avait sérieusement consolidée. Terré dans son sous-sol, la maison du cordonnier fut entièrement détruite jusqu’au rez-de-chaussée. Léon Compère Léandre a ainsi survécu à l’éruption, mais il fut brûlé aux bras, aux jambes et à la poitrine. Il mourut célibataire 34 ans plus tard.

En fait, on sait peu de chose sur Léon Compère-Léandre, depuis qu’il s’est retiré de la vue du public après le désastre. Certains disent qu’il a survécu grâce à un bâtiment aux murs épais, mais d’autres disent qu’il s’était enfui et échappa à la coulée pyroclastique (la dernière version semble peu probable). Certains disent que Léon Compère-Léandre était européen, d’autre qu’il était métis.

Sa description du matin du 8 mai 1902.

« J’ai senti souffler un vent terrible, la terre commençait à trembler et le ciel devint soudainement noir. Je retournai dans ma maison, montai avec de grandes difficultés les trois ou quatre marches qui me séparaient de celle-ci, et sentis mes bras et mes jambes me bruler, et tout mon corps. Je me suis laissé tomber sur une table. À ce moment, quatre autres personnes sont venues se réfugier chez moi, criant et hurlant de douleur, leurs habits ne paraissaient pas avoir été touchés par des flammes. Au bout de 10 minutes, la petite Delavaud, âgée de environ 10 ans, semblait morte ; les autres vivants. Je me suis levé et je suis allé dans une autre pièce, où j’ai trouvé le père Delavaud, toujours habillé et allongé sur le lit, mort. Il était violet et gonflé mais ses vêtements étaient toujours intacts. Fou et presque évanoui, je me suis jeté sur un lit, inerte et attendant la mort. Mes sens me sont revenus peut-être 1 h après, quand j’ai vu le toit bruler. Avec la force de vie suffisante, mes jambes saignantes et couvertes de brulures, j’ai couru à Fonds-Saint-Denis, à six kilomètres de Saint-Pierre. »

Louis-Auguste Cyparis

cyparis, the sole survivor ofthe volcanic eruption, Case pilote, Martinique

Louis-Auguste Cyparis, ou Ludger Sylbaris, était un prisonnier de la prison de Saint-Pierre. C’est un survivant de l’éruption du 8 mai 1902 de la Montagne Pelée en Martinique.

Au moment de l’éruption, Cyparis, un ouvrier de 27 ans, était enfermé seul dans une cellule de la prison pour avoir participé à une bagarre dans un bar, condamné au cachot pour état d’ivresse selon certains, condamné à mort selon d’autres; il croupissait dans le bagne militaire de Saint-Pierre Sa cellule n’avait pas de fenêtre, ventilée par une simple ouverture sur la face opposée au volcan. Le mercredi 7 mai à midi, la direction de la prison lui annonçait, qu’après examen de son dossier, il allait être libéré… Mais après l’annonce, Auguste Cyparis fut maintenu au secret dans sa cellule ce qui le sauva, 20 heures plus tard, d’une mort certaine et fit de lui le seul rescapé de la prison.

Blotti dans sa cellule, il chantait et priait pour éloigner les grondements du volcan. Au moment du drame, il protégeait son visage de sa chemise mouillée d’urine, la tête enfoncée dans les genoux. Il resta trois jours, le corps brûlé à vif dans sa cellule avant d’être retrouvé.

 Quatre jours plus tard, une équipe de secours entendit ses plaintes et le délivra. Bien qu’horriblement brûlé, il survécut et put décrire l’évènement. Selon lui, l’éruption eut lieu à l’heure du petit-déjeuner, ce jour-là, il faisait alors très sombre. De l’air chaud se mélangeait aux fines cendres. Un moment d’intense chaleur a duré très peu de temps, mais assez pour brûler profondément ses mains, ses bras, ses jambes et son dos, mais ses vêtements ne prirent pas feu et il ne respira pas l’air brûlant.

Risquant la peine de mort pour meurtre, il fut pardonné et rejoignit le cirque « Barnum & Bailey’s », traversa l’Amérique et, racontant les horreurs de l’éruption, devint célèbre comme « l’homme qui a vécu le jour du jugement dernier » ou « l’homme le plus merveilleux au monde ». En tant qu’élément du « plus grand spectacle au monde » de Barnum and Bailey’s, il fut le premier noir célèbre dans le show-biz durant la ségrégation. Il mourut en 1929.

pourdecouvrirsaintpierreimagearticle.jpg

Le Cyparis Express à St-Pierre

Il y aurait eu, à part ces deux survivants, une autre miraculée : Havivra Da Ifrile, une petite fille.

Le quatrième être,  vivant toujours, qui survécut à cette terrible catastrophe fut un…. arbre. Un fromager. Un très grand arbre, à bois blanc et tendre, dont les fruits fournissent le kapok.

Vue en contre-plongéed'un fromager, Ceiba pentandra.

The Survivors of Pelee

On 8 May 1902, a pyroclastic flow escaping from the crater completely destroyed the city of Saint-Pierre is around 29 000 deaths. There were two survivors, Louis-Auguste Cyparis, rescued a prisoner by the thickness of the walls of his dungeon, and Leon Compere-Leandre, a shoemaker who lived on the outskirts of the city. Other sources cite Havivra Da Ifrile, a little girl.
Now rebuilt, Saint-Pierre is a small town of 5 000 inhabitants. Before the eruption, the town was the commercial capital of Martinique.

Léon Compere-Léandre

Leon Compere-Leandre (1874-1936) was a shoemaker in Saint-Pierre in Martinique when Mount Pelee erupted came on 8 May 1902, he was the descendant of a convict, deported from France. He was 28 years. He was very superstitious and believed the devil. He thought that the fumaroles emerging from the Mount Pelee were fumes of hell. That is why for several days already, he had taken refuge in his shoemaker shop in a basement, below the place Bertin. There, he was isolated from the outside world through a door that he had seriously consolidated. Terré in his basement, the house of the shoemaker was completely destroyed to the ground floor. Léon Compere Léandre has survived the eruption, but was burned on the arms, legs and chest. He died unmarried 34 years later.

In fact, we know little about Leon Compere-Leandre, since he withdrew from public view after the disaster. Some say he has survived thanks to a building with thick walls, but others say that he fled and escaped to the pyroclastic flow (the latest version seems unlikely). Some say that Leon Compere-Leandre was European, it was the other half.

His description of the morning of 8 May 1902.

« I felt terrible wind blowing, the earth began to shake and the sky suddenly became dark. I returned to my house, climbed with great difficulty the three or four steps that separated me from it, and felt my arms and my legs burn and my whole body. I dropped on a table. At that time, four other people came to take refuge in my house, yelling and screaming with pain, their clothes did not appear to have been affected by flames. After 10 minutes, the small Delavaud, aged about 10 years, seemed dead, others alive. I got up and went to another room, where I found the father Delavaud, still dressed and lying on the bed, dead. It was purple and swollen, but his clothes were still intact. Crazy and almost fainted, I laid on a bed, inert and awaiting death. My senses came back to me maybe 1 hour later, when I saw the roof burning. With sufficient life force, my legs bleeding and covered with burns, I ran to Fonds-Saint-Denis, six kilometers from Saint-Pierre. « 

Louis-Auguste Cyparis

Louis-Auguste Cyparis or Ludger Sylbaris, was a prisoner in the prison of Saint-Pierre. It is a survivor of the eruption of 8 May 1902 de la Montagne Pelee in Martinique.

At the time of the eruption, Cyparis, a worker of 27 years, was locked alone in a cell in prison for participating in a brawl in a bar, sentenced to jail for drunk some, sentenced to death by d other, but languishing in the military prison of Saint-Pierre His cell had no windows, broken by a single opening on the side opposite the volcano. Wednesday, May 7 at noon, the prison he announced, after examining his record, he would be released … But after the announcement, Auguste Cyparis was held incommunicado in his cell which rescued 20 hours later, from certain death and made him the only survivor of the prison.

Huddled in his cell, he sang and prayed to keep rumbling volcano. At the time of the tragedy, it protected her face with his shirt wet with urine, his head down in the knees. He stayed three days, the body burned alive in his cell before being found.

  Four days later, a rescue team heard his complaints and issued. Although qu’horriblement burned, he survived and was able to describe the event. According to him, the eruption took place at breakfast that day, it was very dark. Heated air is mixed with fine ash. A moment of intense heat has lasted a very short time, but deep enough to burn his hands, arms, legs and back, but took his clothes do not fire and do not breathe the hot air.

Risking the death penalty for murder, he was pardoned and joined the circus « Barnum & Bailey’s, and across America, recounting the horrors of the eruption, became famous as » the man who lived the last day of trial « or » the most wonderful man in the world.  » As part of the « largest in the world » of Barnum and Bailey’s, he was the first black in the famous show-biz during segregation. He died in 1929.

There was, apart from these two survivors, another miracle: Havivra Da Ifrile a little girl.
The fourth, still living, who survived this terrible disaster was a …. tree. A cheese. A very large tree, wood white and soft, which provide fruit kapok.

12 avril, 2009

Aimé Césaire, le Nègre Fondamental

Classé dans : Histoire de Madinina — CATORC Charles @ 12:07

Aimé Césaire, de son nom complet Aimé Fernand David Césaire, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique) et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France, est un poète et homme politique français. Il est l’un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu.

Aimé Césaire fait partie d’une famille de sept enfants ; son père était fonctionnaire et sa mère couturière. Son grand-père fut le premier enseignant noir en Martinique et sa grand-mère, contrairement à beaucoup de femmes de sa génération, savait lire et écrire ; elle enseigna très tôt à ses petits-enfants la lecture et l’écriture. De 1919 à 1924, Aimé Césaire fréquente l’école primaire de Basse-Pointe, où son père est contrôleur des contributions, puis obtient une bourse pour le lycée Victor Schoelcher à Fort-de-France. En septembre 1931, il arrive à Paris en tant que boursier du gouvernement français pour entrer en classe d’hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand où, dès le premier jour, il rencontre Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une amitié qui durera jusqu’à la mort de ce dernier.

Au contact des jeunes africains étudiant à Paris, Aimé Césaire et son ami guyanais Léon Gontran Damas, qu’il connaît depuis la Martinique, découvrent progressivement une part refoulée de leur identité, la composante africaine, victime de l’aliénation culturelle caractérisant les sociétés coloniales de Martinique et de Guyane.

En septembre 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains (parmi lesquels Léon Gontran Damas, le Guadeloupéen Guy Tirolien, les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop), le journal L’Étudiant noir. C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de « Négritude ». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l’idéologie colonialiste.

Construit contre l’idéologie coloniale française de l’époque, le projet de la Négritude est plus culturel que politique. Il s’agit, au delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

Ayant réussi en 1935 le concours d’entrée à l’École normale supérieure, Césaire passe l’été en Dalmatie chez son ami Petar Guberina et commence à y écrire le Cahier d’un retour au pays natal, qu’il achèvera en 1938. Il lit en 1936 la traduction de l’Histoire de la civilisation africaine de Frobenius. Il prépare sa sortie en 1938 de l’École normale supérieure avec un mémoire : Le Thème du Sud dans la littérature noire-américaine des USA. Épousant en 1937 une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi, Aimé Césaire, agrégé de lettres, rentre en Martinique en 1939, pour enseigner, tout comme son épouse, au lycée Schœlcher.

La situation martiniquaise à la fin des années 1930 est celle d’un pays en proie à une aliénation culturelle profonde, les élites privilégiant avant tout les références arrivant de la France, métropole coloniale. En matière de littérature, les rares ouvrages martiniquais de l’époque vont jusqu’à revêtir un exotisme de bon aloi, pastichant le regard extérieur manifeste dans les quelques livres français mentionnant la Martinique. Ce doudouisme, dont des auteurs tels que Mayotte Capécia sont les tenants, allait nettement alimenter les clichés frappant la population martiniquaise.

C’est en réaction à cette situation que le couple Césaire, épaulé par d’autres intellectuels martiniquais comme René Ménil, Georges Gratiant et Aristide Maugée, fonde en 1941 la revue Tropiques. Alors que la Seconde Guerre mondiale provoque le blocus de la Martinique par les États-Unis (qui ne font pas confiance au régime de collaboration de Vichy), les conditions de vie sur place se dégradent. Le régime instauré par l’Amiral Robert, envoyé spécial du gouvernement de Vichy, est répressif. Dans ce contexte, la censure vise directement la revue Tropiques, qui paraîtra, avec difficulté, jusqu’en 1943.

Le conflit mondial marque également le passage en Martinique du poète surréaliste André Breton (qui relate ses péripéties dans un bref ouvrage, Martinique, charmeuse de serpents). Breton découvre la poésie de Césaire à travers le Cahier d’un retour au pays natal et le rencontre en 1941. En 1943 il rédige la préface de l’édition bilingue du Cahier d’un retour au pays natal, publiée dans la revue Fontaine (n° 35) dirigée par Max-Pol Fouchet et en 1944 celle du recueil Les Armes miraculeuses, qui marque le ralliement de Césaire au surréalisme.

Surnommé « le nègre fondamental », il influencera des auteurs tels que Frantz Fanon, Édouard Glissant (qui ont été élèves de Césaire au lycée Schoelcher), le guadeloupéen Daniel Maximin et bien d’autres. Sa pensée et sa poésie ont également nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l’acculturation.

En 1945, Aimé Césaire, coopté par les élites communistes qui voient en lui le symbole d’un renouveau, est élu maire de Fort-de-France. Dans la foulée, il est également élu député, mandat qu’il conservera sans interruption jusqu’en 1993. Son mandat, compte tenu de la situation économique et sociale d’une Martinique exsangue après des années de blocus et l’effondrement de l’industrie sucrière, est d’obtenir la départementalisation de la Martinique en 1946.

Il s’agit là d’une revendication qui remonte aux dernières années du XIXe siècle et qui avait pris corps en 1935, année du tricentenaire du rattachement de la Martinique à la France par Belain d’Esnambuc. Peu comprise par de nombreux mouvements de gauche en Martinique déjà proches de l’indépendantisme, à contre-courant des mouvements de libération survenant déjà en Indochine, en Inde ou au Maghreb, cette mesure vise, selon Césaire, à lutter contre l’emprise béké sur la politique martiniquaise, son clientélisme, sa corruption et le conservatisme structurel qui s’y attache. C’est, selon Césaire, par mesure d’assainissement, de modernisation, et pour permettre le développement économique et social de la Martinique, que le jeune député prend cette décision.

En 1947 Césaire crée avec Alioune Diop la revue Présence africaine. En 1948 paraît l’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache, préfacée par Jean-Paul Sartre, qui consacre le mouvement de la « négritude ».

En 1950, il publie Discours sur le colonialisme, où il met en exergue l’étroite parenté qu’il existe selon lui entre nazisme et colonialisme. Il y écrit entre autres choses :

« Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les arabes d’Algérie, les colonies de l’Inde et les nègres d’Afrique [...] »

S’opposant au Parti communiste français sur la question de la déstalinisation, Aimé Césaire quitte le PC en 1956, s’inscrit au Parti du regroupement africain et des fédéralistes, puis fonde deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM), au sein duquel il va revendiquer l’autonomie de la Martinique. Il siège à l’Assemblée nationale comme non inscrit de 1958 à 1978, puis comme apparenté socialiste de 1978 à 1993.

Aimé Césaire restera maire de Fort-de-France jusqu’en 2001. Le développement de la capitale de la Martinique depuis la Seconde Guerre Mondiale est caractérisé par un exode rural massif, provoqué par le déclin de l’industrie sucrière et l’explosion démographique créée par l’amélioration des conditions sanitaires de la population. L’émergence de quartiers populaires constituant une base électorale stable pour le PPM, et la création d’emplois pléthoriques à la mairie de Fort-de-France furent les solutions trouvées pour parer à court terme aux urgences sociales de l’époque.

La politique culturelle d’Aimé Césaire est incarnée par sa volonté de mettre la culture à la portée du peuple et de valoriser les artistes du terroir. Elle est marquée par la mise en place des premiers festivals annuels de Fort-de-France en 1972, avec la collaboration de Jean-Marie Serreau et Yvan Labéjof, puis la mise en place d’une structure culturelle permanente grâce à l’installation au Parc Floral de Fort-de-France et dans les quartiers, pour la première fois en Martinique d’une équipe professionnelle autour de Yves Marie Séraline missionné pour cette tâche, à partir de août 1974. En 1976, à partir des fondations de l’équipe de l’office de la culture provisoire, ce sera la création officielle du Service Municipal d’Action Culturelle (SERMAC) dirigé par Jean-Paul Césaire, qui par le biais d’ateliers d’arts populaires (danse, artisanat, musique) et du prestigieux Festival de Fort-de-France, met en avant des parts jusqu’alors méprisées de la culture martiniquaise. Le Sermac est dirigé depuis quelques années par Lydie Bétis.

Son Discours du colonialisme fut pour la première fois au programme du baccalauréat littéraire français en 1994, avec le Cahier d’un retour au pays natal.

Aimé Césaire s’est retiré de la vie politique (et notamment de la mairie de Fort-de-France en 2001, au profit de Serge Letchimy), mais reste un personnage incontournable de l’histoire martiniquaise jusqu’à sa mort. Après le décès de son camarade Senghor, il est resté l’un des derniers fondateurs de la pensée négritudiste.

Jusqu’à sa mort, Aimé Césaire a toujours été sollicité et influent. On notera sa réaction à la loi française du 23 février 2005 sur les aspects positifs de la colonisation qu’il faudrait évoquer dans les programmes scolaires, loi dont il dénonce la lettre et l’esprit et qui l’amène à refuser de recevoir Nicolas Sarkozy. En mars 2006, Aimé Césaire revient sur sa décision et reçoit Nicolas Sarkozy puisque l’un des articles les plus controversés de la loi du 23 février 2005 a été abrogé. Il commente ainsi sa rencontre : « C’est un homme nouveau. On sent en lui une force, une volonté, des idées. C’est sur cette base-là que nous le jugerons. »

Durant la campagne de l’élection présidentielle française de 2007, il soutient activement Ségolène Royal, en l’accompagnant lors du dernier rassemblement de sa vie publique. « Vous nous apportez la confiance et permettez-moi de vous dire aussi l’espérance».

Rétrospectivement, le cheminement politique d’Aimé Césaire apparaît étrangement contourné, en contraste avec la pensée de la négritude qu’il a développée par ailleurs. Tour à tour assimilationniste (départementaliste), indépendantiste et autonomiste (sans que l’on sache précisément ce qu’il entendait par là), Césaire semble avoir été davantage à la remorque des initiatives prises par les gouvernements métropolitains (en matière de décentralisation tout particulièrement) qu’un élément moteur de l’émancipation de son peuple. Il restera sans doute dans les mémoires comme le « nègre fondamental » et comme l’un des plus grands poètes en langue française du XXe siècle, peut-être le plus grand, mais non comme un chef politique ayant véritablement influencé son époque.

Le 9 avril 2008, il est hospitalisé au CHU Pierre Zobda Quitman de Fort-de-France pour des problèmes cardiaques. Son état de santé s’y aggrave et il décède le 17 avril 2008 au matin.

Dès l’annonce de sa mort, de nombreuses personnalités politiques et littéraires lui ont rendu hommage comme le président de la République française Nicolas Sarkozy, l’ancien président sénégalais Abdou Diouf ou l’écrivain René Depestre.

Reprenant une initiative de l’écrivain Claude Ribbe, Ségolène Royal, appuyée par d’autres élus, a demandé son entrée au Panthéon et une pétition a été mise en ligne pour qu’il soit inhumé au Panthéon le 10 mai 2008.

Des obsèques nationales lui ont été rendues le 20 avril 2008 à Fort-de-France, en présence du chef de l’État. Un grand discours a été prononcé par Pierre Aliker, son ancien premier adjoint à la mairie de Fort-de-France, âgé de 101 ans. Le président de la République n’a pas donné de discours mais s’est incliné devant la dépouille, devant plusieurs milliers de personnes réunies au stade de Dillon. Il est inhumé au cimetière La Joyaux près de Fort-de-France. Sur sa tombe sont inscrits des mots choisis par Aimé Césaire lui-même et extraits de son Calendrier lagunaire :

« La pression atmosphérique ou plutôt l’historique

Agrandit démesurément mes maux

Même si elle rend somptueux certains de mes mots »

Parcours politique

  • De 1945 à 2001 : maire de Fort-de-France (durant 56 ans)

  • De 1945 à 1993 : député de la Martinique (durant 48 ans)

  • De 1983 à 1986 : président du Conseil régional de Martinique

  • De 1945 à 1949 et 1955 à 1970 : conseiller général de Fort-de-France

14 février, 2009

Mémorial Cap 110

Classé dans : Histoire de Madinina,La Culture de Madinina — CATORC Charles @ 11:03

cap110d.gif

Le mémorial Cap 110 de Laurent Valère, situé Anse Caffard, en Martinique, fut édifié en 1998, sur le territoire et à l’initiative de la ville du Diamant à l’occasion du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

Le site a été choisi en hommage aux victimes du dernier naufrage de navire négrier de l’histoire de la Martinique. Aux abords de l’Anse Caffard, du nom du colon Jean Caffard, un navire transportant 300 esclaves s’échoua en pleine tempête sur les rochers de la côte, la nuit du 8 avril 1830, alors que la traite avait été déclarée illégale. Le bateau fut entièrement détruit, son nom et sa nationalité jamais établis. Six cadavres furent repêchés. Les corps des marins furent inhumés au cimetière, ceux des esclaves enterrés à quelques mètres du rivage. 86 captifs, dont 26 hommes et 60 femmes, eurent la vie sauve et furent transférés vers Fort de France.

Le concepteur, Laurent Valère, est un Martiniquais né en 1959. L’œuvre déposée à même le sol, forme un ensemble de 15 bustes de personnages affligés, présentés de manière serrée, en triangle (référence au commerce triangulaire). Construites en béton armé et blanchies au sable de Trinité-et-Tobago, chacune des statues pèse 4 tonnes pour une hauteur de 2,5 m. Elles sont orientées au cap 110 (est-sud-est), en direction de l’Afrique et du golfe de Guinée, d’où leur nom. Toutes présentent un même visage penché dans le même sens, accablé, affligé, les yeux baissés vers la terre et la mer. Elles figurent la foule des victimes anonymes de la traite.

Voici une analyse de l’oeuvre par Jean-Luc Bonniol : « Toujours sur la commune du Diamant, à l’extérieur du bourg, une œuvre remarquable, dans tous les sens du terme, a été installée sur le littoral, juste en face du célèbre rocher du Diamant, manifestant une intention nettement monumentale et clairement commémorative. Intitulée Cap 110, Mémoire et fraternité, elle relève plus de l’évocation que de la reconstitution du passé en tant que telle. Elle est flanquée de ces nouveaux panneaux explicatifs, qui satisfont aux normes de la mise en tourisme d’aujourd’hui (avec traduction anglaise…). En 1830, lors s’une violente tempête, un navire négrier (qui pratiquait à cette époque une traite clandestine) se fracassa contre le rocher, entraînant vers le fond sa cargaison humaine : les quelques rescapés qui purent gagner la côte provoquèrent un dilemme juridique quant à la fixation de leur statut, comme lors du célèbre épisode de l’Amistad… L’œuvre consiste en un ensemble de bustes formant un vaste triangle disposé sur un morne dominant la mer : ils sortent de terre, les bras tendus le long du corps, touchant le sol, la tête légèrement inclinée, regardant la mer, dans la direction, au loin, du Golfe de Guinée… Œuvre au fort symbolisme, qui ne manque pas de puissance, provoquant le surgissement dans la conscience du visiteur de l’innombrable foule des victimes de la traite… »

cap11001.gif

7 février, 2009

Marny, la Panthère Noire !!

Classé dans : Histoire de Madinina — CATORC Charles @ 17:32

 

 marny0001.jpg

Au début des années soixante, la Martinique  change de visage à grands pas. Les usines disparaissent à tour de rôle, on voit s’ouvrir les premiers libres-services, la télévision fait son apparition dans quelques foyers. C’est dans une société en pleine mutation qu’éclate, en septembre 1965 l’affaire Pierre-Just Marny. Elle ébranle l’opinion publique. Pierre-Just Marny est issu d’un milieu modeste. En fréquentant des petites bandes de délinquants, il se présente très rapidement comme un « major ».

En 1963, âgé de 22 ans, il est condamné pour la première fois à quatre années d’emprisonnement dont deux avec sursis. Devant ses acolytes, il accepte d’endosser l’entière responsabilité des délits précisant qu’il ne révélera aucun nom. En contrepartie, il devra avoir sa part du butin à sa sortie de prison.

Sa peine purgée, à sa libération, il n’a qu’une idée en tête récupérer don dû. Il a vite été oublié. Il rencontre plutôt hostilité lorsqu’il se présente devant ses anciens comparses.

Il tue trois personnes

Ainsi, au lendemain de sa sortie de prison, le 2 septembre 1965,  Marny tue trois personnes dont un enfant de trois ans qui se trouvait dans les bras de sa mère à la Redoute. Il blesse gravement trois autres avant de prendre la fuite. Sa cavale sera de courte durée. Il est arrêté quatre jours plus tard par un important déploiement de force. Trois semaines plus tard, Marny fait de nouveau parler de lui en s’évadant du 107 rue Victor Sévère. Nous sommes le 10 octobre 1965.

Les neuf jours de cavale qui suivent, la population vit à l’écoute des faits et gestes de Marny. A l’image des nègres marrons, il devient un nouveau héros de la lutte contre la répression coloniale. Pour preuve son arrestation dans une épicerie à Sainte Thérèse entraîne une véritable émeute populaire.

Le peuple s’en prend à l’épicière qui aurait dénoncé Marny qui était entré dans son commerce pour acheter un morceau de pain.  Le feu est mis dans l’établissement. Par la suite Marny sera transféré en Métropole. Il est maintenant devenu l’un des plus anciens prisonniers de France. Il aurait sans doute été libéré, mais en France, il a encore fait parler de lui à l’occasion d’une tentative d’évasion et surtout pour avoir crevé l’oeil d’un de ses gardiens.

 stesprit0004.jpg

Détenu violent, Marny séjourne dans les quartiers de haute sécurité et en hôpital psychiatrique. Aux dernières nouvelles, il était incarcéré à la prison de Sarreguemines, un centre pénitentiaire à vocation psychiatrique. Pour beaucoup, Marny reste un héros, pour d’autres, il a été tout simplement un bandit et un assassin. Selon quelques témoignages, sous réserve, lorsqu’il a été arrêté Marny à déclaré : « La seule chose qui me fait mal au coeur c’est que j’ai tué un enfant. Mais il fallait que je me venge. Signé la panthère noire ».

Un étrange garçon

Etrange garçon que Pierre-Just Marny. Etrange destin que le sien! il vit le jour le 06 août 1943 à Fort-de-France, plus exactement au quartier Balata. Cadet d’une famille de cinq enfants, il se désintéressa très vite de la vie de famille, se retira dans son atmosphère et vécu en sauvageon. Très peu doué pour les études, il quitta les bancs de l’école en classe de 7ème et commença à travailler un peu partout. C’est un garçon instable dit l’un de ses frères. Il ne peut rester en place et force lui est, de chercher constamment un nouvel emploi.

Il a une passion : la pêche. Toute les étagères de la petite garçonnière qu’il occupait à proximité de la maison familiale, regorge de cannes à pêche, de masques de plongée, de fusils harpon et palmes. Selon son frère, tout semblait le destiner à embraser un jour une carrière de plongeur sous-marin, de scaphandrier ou simplement de pêcheur. Il aime à bricoler, très touche-à-tout, il passe de la chaudronnerie, à la ferronnerie. D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, il a construit tout seul une embarcation.

Source : Extrait de France-Antilles du 6 septembre 1965

Pierre-Just Marny est aujourd’hui, le plus ancien prisonnier de France. Il a 62 ans. Selon certaines sources, il exprimerait le désir de revenir fouler le sol de son pays natal. A ce sujet, ses avocats sont très discrets sur les demandes de mise en liberté dont qu’il pourrait bénéficier.

En 2008, c’est le retour au bercail d’une légende vivante et de son histoire criminelle : Pierre-Just Marny alias “la Panthère Noire”. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, par la cour d’Assises de Paris en 1969, le plus ancien détenu de France a donc obtenu son transfèrement (vraisemblablement contre l’avis du parquet de Fort-de-France) sur son île natale et loge désormais au sein du Service Médico-Psychologique Régional du Centre Pénitentiaire de Ducos.

Dates marquantes et édifiantes de Madinina

Classé dans : Histoire de Madinina — CATORC Charles @ 16:52

martinidrap.gif

 130 après J.C : Apparition des premiers habitants de la Martinique: les Arawaks originaire d’Amérique du Sud.

295 après J.C : Les Arawaks sont décimés suite à l’éruption de la Montagne Pelée.

400 après J.C : Retour des Arawaks et repeuplement de l’île.

600 après J.C : Une autre civilisation, les Caraïbes, originaire d’Amérique du Sud, exterminent les Arawaks et s’installent sur l’île pendant plusieurs siècles.

1502 : Christophe Colomb découvre officiellement la Martinique.

Septembre 1635 : Le 17 septembre, Pierre Belain d’Esnambuc débarque au Carbet et entreprend la colonisation de l’île, il fonde la ville de Saint-Pierre.

1642 : Louis XIII autorise la déportation d’esclaves africains dans les colonies : début de la Traite des Noirs.

1658 : Disparition des derniers indiens caraïbe.

1669 : Le Gouverneur de Baas fonde la ville de Fort-Royal (aujourd’hui Fort de France).

1674 : décembre : la Martinique est rattachée au Domaine du roi.

1766 :  Le 2 août naissance à Saint-Pierre de Louis Delgrès, chef de la résistance contre les troupes du général Richepance envoyées par Napoléon 1er pour rétablir l’esclavage en Guadeloupe.

1793 : Le 4 février, Jean Baptiste Dubuc signe les accords de Whithall à Londres soumettant la Martinique aux Britanniques tant que la royauté ne sera pas rétablie en France. Cela garantit notamment le maintien de l’esclavage.

1794: La Convention vote l’abolition de l’esclavage.

De 1794 à 1802: la Martinique est sous occupation anglaise, suite au Traité de Whitehall du 19 février 1974, signé à Londres entre la Couronne britannique et les grands planteurs de l’île, de la Guadeloupe et de Saint-Domingue, qui leur permet d’échapper à la Révolution française et de bloquer l’abolition de l’esclavage voté le mois précédent par la Convention.

1800: Le sainte-lucien Jean Kina, colonel dans l’armée d’occupation anglaise, est arrêté alors qu’il tente de se joindre à des esclaves insurgés. Le gouverneur de la colonie le sanctionne en l’expulsant vers les États-Unis.

1802: à la suite du traité d’Amiens Napoléon Bonaparte maintient l’esclavage à la Martinique par la Loi du 20 mai 1802.

1822: Insurrection d’esclaves au Carbet faisant 2 morts et 7 blessés. La répression fut impitoyable, 19 esclaves condamnés à mort, 10 condamnés aux galères, 6 au fouet, 8 à assister aux exécutions.

1823: Arrestation de Cyrille Bissette, Fabien et Volny pour la diffusion de l’opuscule « De la situation des gens de couleur libres ». Lors du procès en première instance Bissette est condamné au bannissement à perpétuité du territoire français, il fait appel et la Cour Royal le condamne à la marque et aux galères perpétuelles.

1848: Signature le 27 avril par le gouvernement provisoire du décret d’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies françaises.

1848: Les 22 et 23 mai, Révolution antiesclavagiste à Saint-Pierre et signature sous la pression des esclaves insurgés du décret d’abolition de l’esclavage par le Gouverneur Claude Rostoland.

Aux XIXe siècle: les principaux défenseurs de l’abolition de l’esclavage en Martinique furent Victor Schoelcher, Cyrille Bissette, Auguste-François Perrinon et Pierre-Marie Pory-Papy.

1870: Insurrection du sud de la Martinique suite à une altercation entre le béké Codé et l’artisan Lubin. Codé est lynché par la foule et de nombreuses usines à sucre sont incendiées dans le sud de l’île. La répression fut impitoyable, 74 condamnés dont 12 fusillés, les autres ont été déportés aux bagnes de Guyane et de Nouvelle Calédonie. Les leaders de cette insurrection sont Louis Telga, Eugène Lacaille et une femme, Lumina Sophie dite « Surprise ».

1881: Le 21 juillet 1881, inauguration du lycée de Saint-Pierre, premier lycée laïque de l’histoire de la Martinique. À partir de 1882, ouverture de nombreuses écoles laïques sur toute l’île grâce à l’acharnement du député Marius Hurard, le père de l’école laïque en Martinique.

1900: Lors d’une grève à l’usine du François, la répression policière occasionne la mort de 10 ouvriers agricoles.

1902: Le 8 mai, l’éruption de la Montagne Pelée détruit entièrement la ville de Saint-Pierre faisant 30 000 morts.

Le 25 juin 1913, Aimé Césaire naît à Basse-Pointe.

Le 20 juillet 1925, Frantz Fanon naît à Fort-de-France.

Le 21 septembre 1928, Edouard Glissant naît à Sainte-Marie.

1945: le 27 mai, Aimé Césaire est élu Maire de Fort de France puis député.

Le 19 mars 1946: la Martinique devient un Département d’Outre-Mer. Le premier Préfet de l’île est Pierre Trouillé. Georges Gratiant est élu en 1946 premier Président du Conseil Général du nouveau département.

1948: « L’affaire des 16 de Basse-Pointe ». Le béké Guy de Fabrique est assassiné sur l’habitation Desmares à Basse-Pointe. 16 ouvriers agricoles sont accusés du meurtre. Lors du procès qui s’est déroulé à Bordeaux, les 16 ouvriers ont été acquittés faute de preuve.

1959: 3 jours d’émeute à Fort de France suite à une altercation raciste sur la place de la Savane. La répression des CRS fait 3 morts, Marajo, Rosile et Betzi.

1962: Première revendication indépendantiste en Martinique. Il s’agit de l’affaire autour du Manifeste de l’O.J.A.M (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique). Les auteurs de ce manifeste sont 18 jeunes étudiants Martiniquais. Ils ont été condamnés pour atteinte à la sûreté de l’État et emprisonnés à Fresnes. Puis ils ont été acquittés après 2 ans de procès.

1974: au mois de février, grève agricole dans le secteur de la banane. La répression policière fait 2 morts, Georges Marie-Louise et Rénor Ilmany.

1983: la Martinique devient une région à part entière avec la création d’une nouvelle collectivité, le Conseil Régional. Aimé Césaire est élu premier Président du Conseil Régional.

1996: L’égalité sociale entre la France et les D.O.M est réalisée sous la présidence de Jacques Chirac. Alignement du S.M.I.C des D.O.M sur celui de la France.

1997: L’indépendantiste Alfred Marie-Jeanne est élu député de la Martinique puis en 1998 il est élu Président du Conseil Régional. C’est une première dans l’histoire de la Martinique.

2003: Une évolution institutionnelle été envisagée, dans laquelle le Conseil Régional et le Conseil Général fusionneraient en une institution unique. Cette proposition a été rejetée à 50,48% par le referendum du 7 décembre 2003.

2005: le 16 août, Crash d’un vol charter de la compagnie colombienne West Caribbean entre le Panama et la Martinique. L’avion un MD80 avec à son bord 160 passagers dont 152 martiniquais s’écrasait après quelques heures de vol à proximité de la ville de Machiques au Venezuela. Cet accident d’avion avait provoqué une grande émotion au sein de la population martiniquaise.

2008: Aimé Césaire meurt le 17 avril à l’âge de 94 ans, il fut député et maire de Fort de France durant 56 ans. Des obsèques nationales lui ont été rendues le 20 avril 2008 à Fort-de-France, en présence du chef de l’État et devant plusieurs milliers de personnes réunies au stade Pierre Aliker.

afrique.gif

8 janvier, 2008

Matnik an tan lontan

Classé dans : Histoire de Madinina — CATORC Charles @ 17:34

martinidrap.gif 

 An tan lontan : autour des années 1920-1950 

La Terre tourne, le monde change, évolue, « s’ultra-modernise » et personne ne peut empêcher cela. Le regard tourné vers l’avenir, on ne vit presque plus le présent, on regarde de moins en moins vers le passé.
De ce fait, les choses se perdent et sombrent dans l’oubli.  

La mémoire collective s’estompe peu à peu et les nouvelles générations ne savent presque plus rien des pratiques et des savoir-faire des anciens. Pourtant, il est bon de ne pas oublier les époques qu’ont vécues nos parents, nos grands-parents. Car le passé explique et donne souvent un sens au présent. C’est une tâche bien difficile que de dresser une liste des coutumes, des traditions et des « façons de faire » qui ont existé et dont certaines subsistent encore en Guadeloupe et en Martinique. 

An tan Robè – An tan Sorin 

Durant la seconde guerre mondiale, la Guadeloupe (an tan Sorin) et la Martinique (an tan Robè) connurent, elles aussi, des temps très difficiles.
C’était le temps de la restriction comme en Métropole. Avec le blocus continental, aucune denrée alimentaire n’arrivait de France.
Il fallait se débrouiller avec les moyens locaux ce qui développa l’ingéniosité des Antillais.

La préoccupation majeure était de remplir les ventres affamés. On mangea beaucoup de racines (ignames, patates douces, dachines/madères, choux/malangas), de ti-figues/ti-nains, de poyos, de bananes plantain, de riz, de légumineuses (lentilles, pois boukoussou, pois savon/chousse …), de fruits à pain. Comme chair, il y avait la morue salée. La viande et le poisson étaient rares, réservés aux plus aisés.

Chacun possédait un petit jardin où était cultivé de quoi améliorer les repas : giromons, gombos, épinards, piments, oignons-pays, ti-concombres, tomates, laitues …

Il n’y avait pas beaucoup d’huile qui était, comme beaucoup de denrées, rationnée. On en fabriquait donc avec la noix de coco sèche. Pour cela, on râpait la chair de la noix sèche, on en extrayait le lait auquel on additionnait un peu d’eau et on laissait reposer. On recueillait la matière grasse remontée à la surface et on la faisait bouillir avec un peu de sel jusqu’à évaporation de toute l’eau. Un dépôt se formait au fond de la poêle tandis que l’huile de coco remontait à la surface.

Parfois, lorsque l’on n’avait pas le temps de confectionner de l’huile de coco, on arrosait le manger directement avec du lait de coco ce qui relevait excellemment les aliments.

Les allumettes étaient rares, donc précieuses. Afin de les économiser, on ne laissait pas mourir son feu de bois ou de charbon. On l’entretenait précieusement, jour et nuit. Si malencontreusement il s’éteignait, avant de penser à craquer une allumette, on se dépannait chez une voisine (dont le feu était allumé puisqu’on en voyait la fumée) en lui empruntant quelques tisons. On transportait les braises dans une écale de noix de coco sèche ou un vieux morceau de poterie.

Pour avoir du sel, on faisait bouillir l’eau de mer jusqu’à évaporation. 10 litres d’eau donnaient environ 150 g de sel. Ce sel n’était pas de très bonne qualité et il donnait un léger goût amer aux aliments.

La farine-France (farine de froment venant de la mère patrie) était extrêmement rare et elle était remplacée par la farine de manioc faite avec le tubercule qui porte le même nom. On faisait également de la farine avec le fruit à pain.

Les gens qui vivaient au bourg ou qui vivaient au bord de la mer échangeaient des produits avec ceux qui avaient des jardins : du poisson et/ou de la morue contre des légumes, du lait ou encore du savon.
C’était la grande période du troc.

Comme en Métropole, le marché noir s’était développé avec une flambée des prix.

Pour bénéficier de certaines choses, il fallait aller voir Monsieur le maire pour obtenir un bon. Par exemple, il fallait un bon pour obtenir du tissu (pour les vêtements de la rentrée des classes ou pour un pyjama pour une personne à hospitaliser).

On se fabriquait des chaussures avec la paille des cocotiers ou le caoutchouc de vieux pneus.

Avec certaines plantes, on fabriquait du savon pour laver le linge à la rivière. Avec le manioc, on faisait de l’amidon pour le linge : la moussache.

A l’école, les plumes en acier avaient été remplacées par des plumes de coq, de poule ou de canard, taillées en biseau. On fabriquait de l’encre avec le coeur du bois de campêche que l’on faisait bouillir ; on recueillait l’eau devenue violette. Les cahiers étant rares, on récupérait soigneusement le papier des sacs de ciment pour en faire pour les écoliers : les feuilles propres étaient découpées et cousues ensemble par le milieu. Pour apprendre à compter, on utilisait des souches de feuilles de cocotier coupées en petits morceaux. Chaque enfant devait avoir ses bûchettes, attachées par dizaine pour la leçon d’arithmétique dans son sac en toile.

On tressait la paille de canne pour en faire des chapeaux ou encore des tapis. Du karata, on tirait des lanières, de la ficelle ou du fil pour la couture. On récupérait le fil des sacs de farine pour tricoter, à l’aide de souches de coco en guise d’aiguille, des ceintures. La toile de ces mêmes sacs était utilisée pour confectionner des vêtements, des draps …

On fabriquait des timbales avec des boîtes de conserve sur lesquelles on soudait une anse. Une petite calebasse coupée en deux donnait deux kouï qui servaient d’assiette. Les grandes calebasses donnaient des grands kouï et on s’en servait pour tout. Il y avait un kouï pour chaque chose : un pour faire mariner le poisson, un pour la vaisselle, un pour l’amidon, etc.

Le soir, on s’éclairait de lampions fabriqués à partir de boîtes de conserve. Ces lampions dégageaient beaucoup de « noire fumée » qui salissait tout.

La Famille
(au sens large du terme) 

Ne se limitant pas au père, à la mère et aux enfants, elle englobait largement les parents proches, à savoir les grands-parents, les tantes, les oncles, les neveux et nièces qui en général, n’habitaient pas bien loin. En effet, les gens étant plutôt sédentaires, ils naissaient, vivaient, se mariaient, avaient des enfants et mouraient dans la même commune, le même quartier ou lieu-dit. Les familles n’étaient pas éparpillées comme elles le sont aujourd’hui.

La famille formait un ensemble où femmes et enfants travaillaient, tout comme les hommes, pour le bien commun.

L’éducation des enfants

Les enfants, en général nombreux dans les familles en raison de l’absence de moyens contraceptifs, étaient élevés strictement, avec sévérité et parfois même dans la crainte des adultes. C’était une éducation plutôt répressive laissant peu de place aux dialogues, aux échanges entre parents et enfants.

Trop occupés à subvenir aux besoins primaires de la famille en raison d’une situation économique difficile, les parents n’avaient pas le temps de s’occuper de l’épanouissement et du bien-être des nombreux enfants. Souvent, les plus petits étaient pris en charge par les aînés et il n’était pas rare qu’un enfant soit confié à une tante, ou à une grand-mère, ou encore à sa marraine qui se substituait alors aux parents pour son éducation.

Les enfants devaient « honneur et respect«  envers les adultes dits « les grandes personnes« .

Première règle à observer : dire bonjour à toute grande personne (même si les parents étaient en désaccord avec cette personne).

Ensuite, les enfants devaient obéir, rendre service, participer aux différents travaux dans la maison (voir page Le quotidien des enfants), être polis (pour ne pas faire honte aux parents en société), se plier aux règles établies par les adultes.

Enfin, les enfants devaient respecter les adultes en ne les contredisant pas, en ne prenant pas inopinément la parole. Le faire était jugé très impoli et entraînait des réprimandes.

Les enfants étaient corrigés (verbalement et/ou physiquement) par leurs parents, mais aussi par les autres grandes personnes vivant dans leur entourage. En effet, il n’était pas mal vu qu’un adulte, surprenant un enfant en train de commettre une bêtise, le corrige immédiatement et rapporte le fait à ses parents (qui souvent punissaient à nouveau).

Les instituteurs et institutrices avaient carte blanche pour réprimander (et même battre les enfants) souvent à la demande des parents qui leur faisaient totalement confiance.

L’éducation des enfants était l’affaire de tous les adultes.

Voici quelques exemples de punitions :

« Lorsqu’un enfant commettait un acte désapprouvé par les parents, ces derniers le punissaient en lui administrant une volée de coups (à l’aide d’une ceinture de cuir, d’une baguette, ou tout autre objet capable de faire mal) 

 Et, si le cas était grave · on le mettait à genoux (parfois sur une râpe) au milieu de la pièce pendant quelques instants et l’enfant ne pouvait se relever qu’en ayant demandé pardon ; · on le laissait debout, de longues minutes, les bras écartés avec, dans chaque main, un gros caillou ou un gros livre. Et pour les plus naïfs · Pour leur faire avouer la vérité, on les menaçait de leur faire boire de l’eau bénite.  · Pour garder les enfants dans le droit chemin (ceux qui avaient fait leur profession de foi et reçu un scapulaire), les parents leur faisaient croire que le scapulaire les étranglerait s’ils commettaient des mauvaises actions » 

La grande majorité des enfants allaient à l’école jusqu’au certificat d’études primaires, faute de moyens. Bien vite, ils se retrouvaient dans la vie active pour aider leurs parents et gagner leur vie.

Certains parents, conscients de l’importance des études et pour de ne pas voir leurs enfants trimer comme ils l’avaient fait toute leur vie, se sacrifiaient pour leur permettre d’aller au-delà du certificat. Les élèves les plus brillants se voyaient attribuer une bourse, ô combien désirée et nécessaire ! (à lire : Rues Cases-Nègres de Joseph Zobel) 

Les catastrophes naturelles
(cyclones, tremblements de terre) 

Les cyclones :

Les cyclones étaient vécus simplement : il n’y avait pas la pression et les diverses informations des médias comme c’est le cas aujourd’hui.

Nos aînés pressentaient l’arrivée des ouragans en observant la nature :
- les crabes qui sortaient de la mangrove,
- le cri de certains oiseaux (le pipirit par exemple),
- les moisissures (pichons) sur les orangers,
- l’immobilité des feuilles des arbres (il n’y avait pas un souffle de vent quelques heures avant l’arrivée de l’ouragan),
- la chaleur étouffante,
- l’abondance des fruits et des légumes durant les mois précédents,
étaient autant de signes qui laissaient présager l’arrivée du mauvais temps.

Le cyclone, comme la plupart des phénomènes de la nature, était considéré comme surnaturel et inspirait la peur. Pour certains, c’était une manifestation divine, signe que Dieu était mécontentement ou en colère.

Après le passage du cyclone, une chaîne de solidarité se constituait spontanément pour reconstruire ce qui avait été détruit.

Les tremblements de terre :

Les tremblements de terre inspiraient plus de peur que les cyclones car totalement imprévisibles et ils avaient donc un caractère encore plus surnaturel : « Cé Bon Dié ki ka fessé pié-ï a tè »
(C’est Dieu qui tape du pied par terre).

Un grondement sourd qui se rapproche, des animaux qui s’agitent, des oiseaux qui s’envolent précédaient de quelques secondes la secousse sismique.

Aussitôt, les gens abandonnaient toute activité pour se jeter à genoux et prier, implorer ardemment le Bon Dieu afin que le tremblement de terre s’arrête :
« Bon Dié, préservez-nous ! Jésus, Marie, Joseph ! Jésus, Marie, Joseph ! ». 

photo39.bmp

 

13 septembre, 2007

Histoire de la Martinique

Classé dans : Histoire de Madinina — CATORC Charles @ 18:31

clement201.jpeg 

D’origine volcanique, les presqu’îles de la Caravelle et de Sainte-Anne sont les terres les plus anciennes de l’île, apparues il y a quelques 18 millions d’années.

Apparaissent ensuite la montagne du Vauclin, le Morne Jacob et les Pitons du Carbet. Point culminant de l’île, la Montagne Pelée est âgée de 400.000 ans, un tout jeune volcan qui fait l’objet d’une surveillance attentive car ses éruptions sont rares mais violentes.

Quelques dates importantes

- Ier siècle : Les ARAWAKS, peuple pacifique, sont les premiers habitants de l’îles, ils vivent de pêche de chasse et de fruits.

Entre le XI / XII siècles : Les Indiens Caraïbes débarquent et massacrent les ARAWAKS, ils tuent les hommes et gardent les femmes pour les servir. L’île s’appelle alors MADININA (l’île aux fleurs)

15 juin 1502 arrivée de Christophe Colomb, qui débarque au Carbet (sur la côte Caraïbe)

1635 : Marque le début de la colonisation, avec l’édification du fort Saint Pierre de la Martinique.

1660 : La Martinique connaît de nombreuses guerres, entre Anglais Hollandais et Français, les Indiens Caraïbes sont exterminés.

1664 : Colbert officialise la traite des noirs.

1725 : La Martinique prospère, par l’industrie du sucre, Saint Pierre sa capitale compte 20 distilleries dans ses murs et 13 dans ses environs. Pour répondre au besoin de main d’œuvre des esclaves sont amenés d’Afrique noire.

1763 : Naissance de Joséphine Tascher à la Pagerie aux Trois Ilets, la future impératrice des français Joséphine De Beauharnais (femme de Napoléon Bonaparte).

1814 : La Martinique redevient définitivement française, après avoir été anglaise.  

1848 : Abolition de l’esclavage décrété le 27 Avril, et reconnue le 23 Mai en Martinique, par Victor Schoelcher après insurrection des esclaves.

1902 : Année d’effervescence politique en Martinique qui compte 3 représentants, un sénateur et deux députés dont deux sont de couleur.

Le 3 mai 1902, une première explosion surgit de la montagne pelée, des nuées de cendre inondent Saint Pierre. En pleine préparation électorale, le 17 mai est prévu le second tour des élections législatives, le gouverneur et le maire de Saint Pierre, publient des annonces pour demander à la population de rester calme et de reprendre son activité, alors que la volcan ne cesse de gronder.

Le 8 mai 1902 : irruption volcanique, faisant 28 000 morts.

Le 20 mai 1902 : seconde irruption qui rase définitivement Saint Pierre, les coulées de lave montent jusqu’à hauteur des premiers étages des maisons.

Le 6 juin 1902 : Nuée ardente sur Morne Rouge, 1 500 morts.

La Martinique compte alors 15 000 sinistrés, la plupart iront à Fort de France qui devient la nouvelle capitale.

1946 : La Martinique est devenue un département d’Outre-mer le 19 mars 1946.

La Martinique est dotée d’un Conseil général et d’un Conseil régional. Le département est découpé en quatre arrondissements (Fort-de-France, Trinité, Le Marin et Saint-Pierre), subdivisé en 45 cantons et 34 communes. Tous les textes nationaux y sont applicables de plein droit sous réserve d’adaptations nécessitées par la situation particulière du département. La Martinique est représentée au niveau national par 4 députés, 2 sénateurs et un conseiller économique et social. La préfecture est située à Fort-de-France. Deux sous-préfectures existent à Trinité et au Marin, et celle de Saint-Pierre est en cours de mise en place. En tant que département français, la Martinique fait partie de l’Union Européenne et bénéficie de mesures spécifiques qui adaptent le droit communautaire à la situation locale.

clement203.jpeg

Source : http://www.vue-turquoise.com/Histoire.htm 

Toutes les toiles sont l’oeuvre de Clément : clem555@msn.com

Jeune Artiste Martiniquais :

Atelier les Arts – Cosmy Manoir B2 – 97220 Trinité Martinique

14 août, 2007

La Pelée, l’éruption

Classé dans : Histoire de Madinina — CATORC Charles @ 12:11

04_03

L’éruption du 08 mai 1902 

Le matin du 8 mai entre huit heures moins le quart et huit heures, selon les témoins, une formidable explosion secoue la région :  » Un grondement assourdissant remplit l’air, tandis que le sommet du Mont Pelé s’écarte en une gigantesque explosion « 

D’énormes nuages noirs sillonnés d’éclairs s’élèvent à une hauteur vertigineuse. Ceux-là couvriront l’île de cendres. Une énorme masse d’allure identique, chauffée à huit cents degrés, dévale les pentes. Les bords progressant plus vite que le centre, elle semble se diviser en deux. Puis, l’étau se referme et vers 8 heures la ville de Saint-Pierre est anéantie par une épouvantable catastrophe : L’horizon devient noir comme de l’encre, une pluie de petites pierres et de cendres s’abat sur la ville. Les fidèles désertent l’église. Par trois fois, la mer se retire. Les Foyalais sont pétrifiés. Que se passe-t-il à Saint-Pierre ? Une nuée ardente faite de gaz enflammés, de cendres et de blocs incandescents se répartit à une vitesse foudroyante tout autour du volcan puis détruit en quelques secondes la ville et les navires en rade. Ce qui reste est en feu. «  Vers huit heures, le volcan projeta une masse considérable de fumée et de pierres. Sitôt après la trombe de feu, instantanément toute la ville était en flammes, les navires démâtés et incendiés. La pluie de roches dura un quart d’heure. « 

Moins de deux minutes après l’explosion, environ vingt-huit mille personnes sont mortes ou agonisent, atrocement brûlées.Il n’y eu aucun survivants à Saint-Pierre sauf deux hommes: le cordonnier Léon Compère et le prisonnier Louis-Cyparis.
Grand amateur de rhum, quelques jours avant l’éruption, Cyparis se fait arrêter par les gendarmes. Il s’échappe une première fois, puis se constitue prisonnier sous l’emprise de l’alcool.

On l’enferme dans un cachot légèrement enfouit sous terre. Le 8 mai 1902 au matin, Cyparis croit se réveiller en enfer, des vapeurs suffocantes pénètrent le cachot, protégé par les murs de son épais cachot, le prisonnier est épargné par le nuage de mort.

Dehors il n’y a plus que des ruines fumantes. Saint-Pierre est rayé de la carte.

Cyparis sera gracié par la suite.

 Il y eu environ 28000 morts à Saint-Pierre (chiffre évalué par le professeur Lacroix. Ce fut une mort rapide, peu nombreuses furent les personnes qui se souciaient de la Montagne, chaque habitant s’en allait à leurs occupations habituelles au moment où la catastrophe a eu lieu.

Les rares survivants qui ont pu éviter les nuées ardentes sont décédées suite à d’horribles souffrances (leurs vicères et leurs poumons étaient brûlés).

D’autres personnes ont pu être sauvées car elles se trouvaient sur les hauteurs ou sur les bâteaux dans la rade. Bons nombres de bateaux ont coulés suite au passage de la nuée donc les survivants ne furent pas nombreux, certains ont eu la vie sauve car leur brusque immersion les a protégée de la chaleur.

La ville convertie en un immense brasier s’étendant sur le littoral avoisinant de Saint-Pierre, forme ainsi une colonne de feu depuis le village du Carbet jusqu’au bourg du Prêcheur.

Les effets de la poussée volcanique se firent sentir jusqu’a Fort-de-France ou l’on reçut une pluie de cendres et de pierres de la grosseur d’une noisette, pesant de 7 a 10 grammes. Toute l’île fut couverte d’une épaisseur de cendres d’environ 3 millimètres.

Source : http://perso.orange.fr/dmo/martinique/montpelee/

aquar071.jpg

L’éruption (les signes)

Classé dans : Histoire de Madinina — CATORC Charles @ 12:00

Saint-Pierre, en arrière-plan la Montagne Pelée.

En l’an 1502, Christophe Colomb découvrit une île dans la mer des Caraïbes, la Martinique. En peu de temps, elle fut explorée puis colonisée, des villages et des villes s’y élevèrent. Au Nord de l’île se dressait une montagne de 1 400 mètres, aux pentes arides. Les habitants la nommaient  » Montagne Pelée  » (ou Mont-Pelée) sans prêter attention au fait que c’était un volcan. Il était éteint depuis si longtemps ! A ses pieds, la petite ville de Saint-Pierre,26011 habitants, était paisible. Personne ne songeait au géant endormi. Soudain, en 1902, 400 ans après la découverte de Christophe Colomb, il se réveilla…

Dès 1900 les premiers signes apparurent quand une ouverture de fumerolles fut signalée.

Au début de l’année 1902, les habitations situées sur les pentes Ouest de la Montagne Pelée, puis le village du Précheur et ses environs, sur la côte, au nord de la ville de Saint-Pierre furent touchés par les émissions fumerolliennes.

Des fortes émanations sulfureuses de plus en plus en février-mars 1902.

Toute la zone Nord de l’île, qui se trouve sous les alizés, est incommodée par les odeurs d’œufs pourris.
 » Je ne sais pas ce que nous allons devenir, nous sommes empestés par une odeur de souffre depuis quelques temps. La vie est insupportable chez nous. » (Récit du Frère Fulbert, le 13 mai 1902, dans Cœur Créole).

Le 22 avril : L’accroissement de l’activité fumerollienne de la montagne Pelée s’accompagne d’explosions phréatiques. Il y eut des secousses sismiques et les premières ruptures de câbles télégraphiques sous-marins. Elles se poursuivront ainsi jusqu’au 6 mai.

Le 24 avril : Les premières colonnes de cendres son aperçues au-dessus du cratère. Un article paru dans le journal Les Antilles décrit une importante éruption :  » C’est jeudi soir (24 avril), disons-nous que quelques promeneurs… remarquaient dans une éclaircie nuageuse, les masses de vapeur d’un blanc noir qui surgissaient du flanc de la montagne, vapeurs qui n’avaient pu être remarqueés jusqu’alors en raison des masses nuageuses qui depuis quelques temps assombrissaient notre ciel. En réalité, il se peut donc que l’éruption ait commencé depuis déjà plusieurs jours en raison de la situation du nouveau cratère dans les parties nuageuses du volcan. D’après les documents qui nous arrivent du Précheur, nous serions portés à placer la date exacte du commencement de l’éruption à mercredi dernier, 23 courant à 9h moins 1/4 du soir, en coïncidence avec une détonation souterraine qui fut nettement entendue dans cette localité. « 

Le 25 avril : Saint-Pierre se trouve à son tour incommodée par les émanations du volcan : «  Pendant quatre jours (du 25 au 29 avril, il (le volcan) a fumé avec une telle violence qu’on était incommodé à Saint-Pierre par une odeur désagréable de souffre brûlé  » (lettre de E.V. du 2 mai 1902 au R.P. Kieffer). Le Précheur est recouvert d’une couche de cendre celle ci :  » Etait si abondante qu’à deux mètres de distance personne ne pouvait se reconnaître. »

Le 27 avril : Des excursionnistes constatent sur la Montagne, que L’Etang-Sec, asséché depuis 1852, s’est de nouveau rempli. Ce même jour eut lieu le premier tour des élections législatives a Saint-pierre.

Les 28,29 et 30 avril :Il y eut des secousses sismiques et des crues de la Rivière Blanche. Au soir, des cendres retombent sur la ville :  » La cendre se mit à tomber, légère d’abord, puis si forte qu’on l’entendait s’abattre. En même temps, la température s’éleva d’une façon sensible. »

Le 1 mai : Constat d’assèchement de la Rivière Blanche.

Le 2 et 3 mai : Eclairs sur le cratère et cendres sur Saint-Pierre, la nuit du 2 au 3 mai, les chutes de cendres augmentent :  » À minuit, un violent coup de tonnerre me réveilla…Le volcan était en feu, le ciel incandescent au-dessus de lui. Pendant plus d’une heure, le gouffre a vomi des torrents de vapeurs enflammés accompagnés d’éclairs de toutes les couleurs et de toute intensité avec un fracas épouvantable de détonations et de mugissements ». (Lettre du 3 mai d’un habitant de Saint-Pierre).
Les détonations et les éclairs correspondent aux décharges électriques qui résultent du frottement des cendres les unes contre les autres. Le 3 on constatait également l’assèchement des cours d’eau du Précheur.

Le 4 mai : Pluie de cendres sur Macouba. C’est le 4 mai que la première nouvelle d’un mouvement volcanique dans les Petites Antilles a été câblée en Europe. De Saint-Thomas on télégraphiait à Londres que des secousses de tremblement de terre étaient ressenties à Saint-Vincent, où la Soufrière se couronnait de fumée et faisait entendre des grondements sourds. De Fort-de-France, M. Mouttet le gouverneur de la Martinique avisait le ministre des colonies que le volcan de la Montagne Pelée, qu’on croyait éteint depuis un demi-siècle, avait eu un commencement d’éruption dans la nuit du 3 au 4 mai et que de grandes quantités de cendres avaient été projetées dans la campagne environnante d’où les habitants s’étaient enfuis.

Le 5 mai : Première coulée de boue dans la Rivière Blanche: 23 victimes, son arrivée brutale dans la mer engendre, un petit raz de marée :  » Ce n’est plus de l’eau : c’est une boue épaisse, pâteuse, noire, qui ne coule pas, mais glisse emportant comme des fétus des roches gigantesques.  » Le sommet de la montagne Pelée était constitué auparavant d’un Etang-Sec (caldeira) de 700 à 1 000 m de diamètre. Vers la mi-avril elle se remplit d’eau, par la suite une partie se déversa dans la Rivière Blanche. La coulée de boue du 5 mai résulte du déversement du lac dans la vallée. On apprenait ce jour là que L’usine Guérin, situées A 3 k. l/2 de Saint-Pierre, avait été détruite, que cent cinquante personnes avaient disparu.

 » Le 5 mai, à midi, une coulée de laves brûlantes, tombant d’une hauteur de 4.400 pieds le long du lit desséché d’un torrent, franchissait en trois minutes l’espace de cinq milles qui sépare la montagne du rivage, balayant sur son passage plantations, édifices, factoreries et tout être vivant, sur une étendue d’un demi mille. Une grande cheminée d’usine émergeant de la coulée../../binves. C’etait tout ce qu’on pouvait voir de l’importante sucrerie Guérin, engloutissant sous le flot les 10 personnes qui s’y trouvaient et parmi elles le fils Guérin. La mer, cédant sous la poussée formidable de la coulée de laves, avait reculé de 300 pieds sur la cote Ouest, puis, revenant en une immense vague avec une force irrésistible, elle s’abattit comme une trombe sur le rivage, sans toutefois causer trop de dégâts. « 

Le 6 mai : L’aspect des éruptions change : Le nuage de cendres devient plus épais, plus noir et il s’élève moins haut il y a aussi une nouvelle coulée de boues sur la rivière des Pères. Le soir du 6 au 7 mai, toutes les rivières débordèrent.
Ce jour-là, le gouverneur de la Martinique M. Mouttet télégraphiait qu’un torrent de boue brûlante suivait la vallée de la rivière Blanche, qui débouche à quelques kilomètres au nord de la ville de Saint-Pierre. Il effectua également une visite du site en compagnie d’une commission scientifique composée du lieutenant colonel Gerbault *h, du pharmacien Monnerville, du sous-ingénieur des Ponts et Chaussées Léonce et des professeurs du lycée Schœlcher Doze et Landes *h. Il faut savoir, cela dit, qu’après le ballottage du premier tour des élections législatives du 27 avril, le 11 mai les pierrotins sont invités à retourner aux urnes . Malheureusement les différents signes d’activité du volcan pourraient bien inquiéter la population et provoquer une désertion de la ville avant l’élection.

Le 7 mai : Au matin, de petites nuées ardentes sont déjà observées ainsi que des torrents boueux sur le versant atlantique et sur le Précheur. Le phénomène s’étendait au sud et entrait en activité à Saint-Vincent, sans toucher à Sainte-Lucie, située entre les deux foyers volcaniques. La soufrière de Saint-Vincent engendrait une éruption terrible qui a causé la mort d’un certain nombre d’habitants et qui paraît avoir exercé de grands dégâts. Mais quelque épouvantable que fût ce phénomène, il est insignifiant en comparaison de celui qui ravageait le lendemain la Martinique.

Suite au résultat de la précédente visite le soir même, le gouverneur de l’île fait publier, une note rassurante:  » [...] Tous les phénomènes qui se sont produits jusqu’à ce jour n’ont rien d’anormal et [...] sont au contraire identiques aux phénomènes observés avec tous les autres volcans.  » Concluant qu’il n’y a pas de danger pour la population. Aucune décision n’est prise, sinon celle d’éviter une panique. Le sentiment qui prédomine chez les habitants de Saint-Pierre, c’est qu’ils sont à l’abri loin du volcan (6 à 7 km). Le morne Lénard, semble une protection suffisante. De plus le trajet suivi par la coulée de boue du 5 mai et la note du gouverneur conforte les Pierrotins dans cette idée.

Le 8 mai :Depuis une vingtaine d’années, Saint-Pierre s’était lancée dans une lutte anticléricale et se faisait déjà un jeu de parodier, au cours du prochain Carnaval, les rituels religieux. La rumeur populaire colporta alors qu’ayant reçu des pierres au moment de son départ, l’évêque aurait dit :  » Elles vous retomberont toutes chaudes sur la tête.  » Entre-temps, une vendeuse de cacahuètes, un peu dérangée et ennemie des impies, s’était illustrée par son cri :

 » Châtiment, châtiment ! « . Autant de signes qui seront interprétés, après la catastrophe.

L'éruption (les signes) dans Histoire de Madinina daclimb

Source : http://perso.orange.fr/dmo/martinique/montpelee/

12
 

Vitalo.fr |
double sens |
♪♪**La riviere ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | pourquoipastoi
| Location d'un studio à Sali...
| Donquichotte de la Mauritanie