Madinina, L'île aux fleurs, l'île des revenants, chalè, chalè !!!

Fruit présenté : Pomme Canelle

20 juillet, 2010

Le sexe et le tabac : Attention à la panne

Classé dans : Hygiène de vie,Mon métier — CATORC Charles @ 12:53

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Dans les années 1950, la cigarette était un accessoire de séduction dont l’image était exploitée, notamment au cinéma, comme un symbole de prestige et de pouvoir. Aujourd’hui, on sait que le tabagisme augmente les risques de troubles de l’érection et qu’il diminue la fertilité chez les hommes comme chez les femmes. 

Tabagisme et impuissance 

Les grands fumeurs peuvent connaître une diminution de la libido par l’action de la fumée de tabac sur la sécrétion de testostérone.

Le tabagisme est aussi un facteur indéniable d’impuissance. Ainsi, on constate que : 


 

• 81 % des cas d’impuissance surviennent chez les fumeurs,
• 60% des hommes souffrant d’érection instable sont des fumeurs. 

Le tabac exacerbe les effets négatifs bien connus des maladies coronariennes et de l’hypertension sur la possibilité d’obtenir et de maintenir une érection.
Une étude italienne montre que sur 2 000 hommes de plus de 18 ans, 70% des fumeurs et 60% des anciens fumeurs rencontraient plus fréquemment des problèmes sexuels. D’après une étude américaine , les fumeurs auraient 27 fois plus de risques de souffrir de troubles érectiles.
La cigarette augmente ainsi de 37 % la fréquence des impuissances d’origine organique.

La cigarette agit par un triple mécanisme: 

 

• Resserrement des petites artérioles empêchant le remplissage de la verge (le débit

artériel est normalement multiplié par 10 au moment de l’érection).
• Difficulté de remplissage des corps caverneux par atteinte des muscles lisses.
• Athéromes des artères terminales de la verge. 


Les troubles de l’érection provoquées par ces différentes lésions peuvent apparaître dès l’âge de 25 ans. 

 

Tabagisme et fertilité 

Un tabagisme important a aussi chez l’homme un effet sur le nombre et la qualité des spermatozoïdes : ceux-ci sont moins nombreux et moins mobiles. Chez la femme, le tabac diminue la fertilité naturelle : le risque d’hypofécondité est de 1,7.
Le délai de conception peut ainsi être augmenté chez un couple de gros fumeurs, en raison de ces troubles de la fertilité. 

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15 juillet, 2010

Tabac, pas que les poumons

Classé dans : Hygiène de vie,Mon métier — CATORC Charles @ 17:28

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Le tabac est un domaine dans lequel il est encore très difficile de faire avancer les mentalités. Par manque d’information sur les dégâts causés. la fumée ne touche pas que les fumeurs, ni que les poumons.

Une des raisons principales pour expliquer que les fumeurs continuent de s’intoxiquer en 2010 est qu’ils sont toujours ignorants des réelles conséquences du tabagisme pour eux et pour les membres de leur famille. La majorité des fumeurs croient souvent que la plupart des dégâts disparaissent après un certain temps d’arrêt du tabagisme. Ce qui est évidemment faux. La toxicité du tabagisme est le plus souvent irréversible et proportionnelle à la durée et à l’intensité du tabagisme. C’est pourquoi, il est essentiel de convaincre les jeunes de ne jamais fumer ou d’interrompre le plus rapidement possible le tabagisme actif et passif.

BRONCHITES ET INFARCTUS

Le tabagisme constitue toujours la première cause de mortalité prématurée et de maladies dans le monde. Et si le cancer du poumon est une cause de mortalité importante (de l’ordre de 30 000 décès par an), ce n’est pas la cause principale de décès par tabagisme (plus de 80 000 par an). Il y a aussi les bronchites chroniques (BPCO en terme médical) et les emphysèmes (destruction du poumon) qui provoquent des décès par suffocation, les maladies cardiovasculaires (comme l’infarctus) et des dizaines d’autres types de cancers comme les cancers du sein, de l’utérus, de la vessie, du rein, les leucémies, les lymphomes, les cancers digestifs comme celui du colon et du pancréas et les cancers de la peau. Avant de mourir, il y a une transformation et une dégradation de l’organisme que nous ne voyons plus tellement. Nous sommes habitués à vivre avec les fumeurs. Une des conséquences ignorées est le vieillissement accéléré des tissus provoquant un ramollissement tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’organisme.

 

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RIDES ET CHEVEUX BLANCS

Le visage est le reflet évident de cette intoxication tabagique (smoker face des Anglosaxons décrit il y a déjà 50 ans et que tous ignirent). La peau est plus fine et atrophique du fait de la destruction des fibres de collagène et d’élastine. Ce qui augmente les rides, notamment autour des yeux et de la bouche. Les pores de la peau sont dilatés et les paupières sont fines et donnant un aspect de petits sacs. Le teint est terne et les cheveux sont secs, blanchissent et tombent plus rapidement. Les gencives se rétractent et s’infectent plus facilement. A l’intérieur du corps, les fumées ramollissent le pharynx provoquant son affaissement à l’endormissement, expliquant le ronflement et les apnées du sommeil chez le fumeur et sa famille (notamment chez l’enfant). Le tabagisme actif, passif et même tertiaire (les fumées sur les vêtements, le mobilier, le sol et les murs des logements de fumeurs restent toxiques plusieurs jours à plusieurs semaines) augmente le risque de maladies auxquelles on ne pense pas comme les ulcères, les rhumatismes inflammatoires, l’ostéoporose, la ménopause précoce et l’impuissance sexuelle. Le tabagisme augmente aussi les troubles de la mémoire, la dépression, les maldies psychiatriques et le risque de démence. Le tabagisme passif provoque également une augmentation de la mortalité et des maladies chez les enfants. La loi Evin ne protège que l’adulte en milieu professionnel oubliant le sort de l’enfant enfumé à domicile.

PREMATURES, MALFORMATIONS

Chez la femme fumeuse et enfumée, il y a des risques pour la descendance avec augmentation de la prématurité, des malformations, des retards mentaux, de troubles du comportement, de la mort subite, de l’allergie, de l’asthme, des leucémies et de tumeurs du cerveau. Si les fumeurs se renseignaient réellement sur les conséquences du tabagisme ou s’ils acceptaient de voir la différence entre l’état de santé des fumeurs et des non-fumeurs notamment celle de la peau du visage, beaucoup arrêteraient de fumer.

Source : Magazine anform n° 31 – juillet-août 2010 – Par le Dr Jean-Jacques Hosselet (pneumologue et somnologue)

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Tant de mégots…beurk !!

5 octobre, 2009

L’Atelier Informatique

Classé dans : Mon Institution,Mon métier — CATORC Charles @ 18:13

Depuis un an, j’ai décidé pour des raisons qui me sont propres d’arrêter l’activité « Randonnée » au CSRM.

Pour cette rentrée 2009-2010, toujours en marge de l’ activité « tabacologie », j’ai proposé et mis en place une autre activité toujours dans le but d’étoffer le panel offert à notre population.

Gageons que nos patients s’approprient ce nouvel outils non seulement dans l’optique de tendre vers un mieux être, mais aussi en vue de leur constant combat contre les drogues et éventuellement un moyen de réinsertion professionnelle  et/ou sociale. 

Cette nouvelle activité intitulée « Atelier Informatique » vous est présentée ci-après :

 

 Présentation de l’atelier Informatique 

*Le principe de l’évolution est beaucoup plus rapide en informatique que chez le bipède

Jean Dion 

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Je la définis comme « la science du traitement de l’information ». Trois mots essentiels là-dedans : « science », « traitement », « information ». Je les prendrai dans l’ordre inverse, commandé par la logique : c’est quand on sait ce qu’est une information qu’on peut parler de ses traitements, et c’est alors seulement que le statut de science peut être affirmé. J’abrégerai l’argumentation, les enseignants trouveront aisément dans leur pratique des exemples pour étayer mes affirmations. 

1) L’Information 

Considérons ce que l’on nomme « l’information stockée dans une case de la mémoire d’un ordinateur » : c’est une suite de bits susceptibles d’interprétations variées (nombre entier, réel, suite de caractères, instruction, code…). Mais l’interprétation n’est pas dans le texte, elle lui est extérieure : rien, dans la suite de bits, ne permet de dire si elle représente des caractères ou une instruction.

Quand on gère un stock de pièces détachées sur ordinateur, ce ne sont pas les pièces qu’on traite, mais des codes les représentant. Les codes sont dans la machine, les pièces qu’ils représentent dans le magasin. Et si l’on ne connaît pas la correspondance entre code et pièce, on ne peut interpréter les informations manipulées par l’informatique. L’interprétation n’est pas dans le code. 

Dans un programme d’aide à l’enseignement ou à l’apprentissage, l’élève tape ses réponses sur un clavier d’ordinateur. Le programme les analyse en considérant les caractères ainsi introduits. Le plus souvent, on se contente d’une simple comparaison avec des réponses préenregistrées (QCM, identification d’un mot par ses lettres…). La compréhension d’une réponse en français courant, hors d’un contexte très étroit, est, pour le moment au moins, hors de portée de la machine. 

Pour le sens commun, l’information est un texte apportant une connaissance nouvelle. L’apport de connaissance par un texte est un phénomène subjectif : je ne peux apprendre quelque chose que si je peux déchiffrer le texte, le comprendre, et si je ne sais pas déjà ce qu’il dit. Par contre, le texte, lui, a une réalité objective, en dehors de tout lecteur. En réunissant ces analyses convergentes (trop brièvement résumées ici) on aboutit à l’idée que l’information est la forme du texte, la connaissance est ce qu’il peut apporter venant de son sens. 

Il faut en revenir à la distinction introduite dès le IVe siècle par Saint Augustin entre la forme et le sens d’un mot ou d’un texte. Pour l’informaticien, « l’information » est le signifiant. La connaissance nouvelle qu’elle apporte éventuellement est liée à son signifié, pour qui peut le percevoir. 

2) Traitement de l’information 

Traiter une information, c’est donc agir sur les caractères avec lesquels le texte est écrit, en restant au seul plan des signifiants, sans utiliser une signification peut-être attachée au texte, et dont on ignore si elle est unique. C’est un point capital. L’historien recherche dans les documents des informations sur le passé, il les interprète, les relie à d’autres. Tout se fait au niveau des significations. On n’a rien pu tirer des hiéroglyphes avant que Champollion ne les eût déchiffrés. 

On avait le texte, pas son sens : c’est le sens qu’utilise l’historien. La même chose peut être dite du journaliste. Là est la différence fondamentale avec l’informatique : elle traite la forme sans référence à un sens dont elle ignore l’existence.

Un tel traitement n’est faisable que parce que l’écriture du texte a été faite suivant une certaine grammaire, qui dit quelles sont les règles de réécriture possibles, quelles transformations on peut faire subir à un texte soit pour en garder la nature vraie ou fausse, soit pour la modifier d’une façon connue (la nier par exemple). « a=b+c » peut être réécrit « a-b=c ». « le chat mange la souris » peut-être réécrit « la souris est mangée par le chat ». 

Les transformations que l’on fait subir à un texte sont commandées par le but à atteindre. Il faut donc trouver la suite de réécritures qui fera passer du texte initial au texte cherché, ce qui est l’objet de la programmation. 

3) La science informatique 

On utilise l’informatique pour acquérir des connaissances nouvelles à partir de connaissances données. On « représente » les connaissances données avec des informations en utilisant un alphabet et une grammaire. On « traite formellement » ces informations suivant les règles de cette grammaire, produisant des informations pour résultats. On les « interprète » pour obtenir les connaissances cherchées. 

Cette méthode est à mettre en parallèle avec celle de la physique : elle « représente » les données physiques sous forme de « modèles théoriques », qu’elle traite mathématiquement sans faire référence à ce que représentent les variables manipulées, mais seulement aux propriétés des équations mathématiques, ce qui est analogue au traitement formel de l’informatique. 

On obtient ainsi des résultats théoriques qu’on « interprète » en termes de phénomènes physiques. Si la physique est une science, alors l’informatique est une science : les deux ont la même méthode, fondée sur la représentation, le traitement formel, l’interprétation. 

4) Enseigner l’informatique 

Enseigner l’informatique, c’est faire que l’élève maîtrise ces concepts, et puisse les identifier dans une application concrète. L’expérience montre qu’ils ne sont pas d’un abord familier. 

Rôle de l’intervenant 

L’activité se conçoit avec 1 animateur, en l’occurrence l’éducateur, mais elle peut tout aussi bien se faire avec 2 animateurs dans la mesure des possibilités d’effectifs. 

Il présente le déroulement de l’activité. Dans un premier temps, il le fera avec les initiés soit sur un tableau de manière magistrale, soit à l’aide de fiches qu’il remettra. 

Puis, dans un deuxième temps ce sera la pratique directe sur les différentes machines (PC et/ou portables)  L’activité sera menée dans des ateliers fixes du lundi au jeudi de 9h00 à 12h00 et de 14h30 à 17h00 en alternance avec un atelier de sensibilisation à la problématique tabagique. Le public accueilli sera composé d’éléments internes (unité résidentielle) et externes (unité ambulatoire) 

« Dans le cas où il y aurait un autre animateur, ce dernier sera chargé de faire de l’aide individuelle. En fait, il déambulera dans la salle pour voir si tout va bien en prenant bien soin de s’asseoir au moins une fois auprès de tous les participants »

Les objectifs à atteindre

Objectif général      

De nos jours, la technologie est l’une des sciences des plus usitée, l’informatique peut être aussi un support, un outil éducatif et thérapeutique dans le panel d’activités proposés par le CSRM afin d’aider nos résidants à lutter contre d’éventuelles rechutes. 

Nos résidants y trouveront certainement un intérêt à se l’approprier en vue de leur constant combat contre les drogues, mais aussi et sûrement un moyen de réinsertion professionnelle  et/ou sociale. 

Objectif principal : 

- Développer des connaissances et des compétences liées à l’utilisation et au fonctionnement du logiciel Microsoft Word. 

Objectifs spécifiques

 - Etre en mesure d’exécuter les principales fonctions rattachées à l’utilisation du traitement de texte Word. 

-  Aider au développement de l’estime de soi et l’autonomie par le biais de l’apprentissage et de la réussite.

Méthode d’animation utilisée 

L’animation se fera de façon directive pour expliquer l’activité, ceci dans le but de leur apprendre le fonctionnement du PC et les objectifs qu’ils auront à atteindre en la matière, mais aussi dans l’optique de bien assimiler les consignes données et savoir les respecter. 

Par la suite, au fil des séances, l’activité se déroulera de manière assez libre et ludique sous la supervision de l’éducateur/animateur et ceci dans le but de favoriser les échanges, la communication et l’estime de soi.

Moyens

 - Des ordinateurs (une dizaine, PC et portables)  - Une imprimante, des rames de papier, 

- Des cartouches d’encre. 

Contenu de l’atelier 

Les notions de bases :

Le PC, mise en route, etc., les éléments d’un PC (clavier, souris, etc.) le bureau, ouvrir et fermer un fichier, les caractéristiques des fenêtres Windows, etc.. 

Quelques applications : Mettre en forme du texte, insérer une image, copier/coller, couper/coller, caractères spéciaux, changer le fond d’écran, manipuler un cd-rom, dossiers, raccourcis et fichiers, etc.. 

Les barres  :

La barre d’outils, la barre de tâches, etc.. 

Internet et e-mail :

Internet, qu’est-ce que c’est ?, 1ère visite guidée sur le web, Internet explorer : les icônes, le courrier électronique, etc.. 

L’évaluation 

A la fin de chaque cycle, une évaluation sera menée, une fiche appelée « sommative critériée » est présentée en annexe. 

j0433944.png j0433942.png*L’informatique est géniale : les e-mails, même si vous n’y répondez pas, ça ne prend pas de place

Alain Raymond

5 juin, 2009

Anorexie et boulimie

Classé dans : Education à la santé,Mon métier — CATORC Charles @ 11:55

Mieux vaut réagir tôt.

Attention, l’anorexie et/ou la boulimie peuvent commencer avant l’adolescence, dès l’âge de 9 ou 10 ans. Surveillez le comportement de votre enfant et réagissez sans attendre que « ça passe »!

Karine mange et vomit des quantités impressionnantes de nourritures… Flora alterne crises de boulimie et jeûnes, et ses pantalons passent de la taille 36 à 42 et inversement… Après des périodes d’hyperphagie, incontrôlée, Estelle abuse des laxatifs et des diurétiques… Les boulimiques-anorexiques n’ont pas tous un comportement identique et il n’est pas toujours facile pour les parents de reconnaître la maladie.

De plus en plus tôt.

Aujourd’hui, l’anorexie, ou plutôt la boulimie-anorexie car les deux sont très souvent associées, se manifeste de plus en plus tôt, avant l’âge de 13 ans. Or, plus elle démarre tôt, plus l’évolution est préoccupante. Autre changement : si les filles restent largement majoritaires, la proportion de garçons augmente. Bref, ne pensez pas que l’anorexie-boulimie est une maladie de l’adolescence et que les garçons sont épargnés. Soyez attentif aux modifications de comportement alimentaire. Facile à dire… En effet, ce n’est pas à table que vous pouvez le mieux détecter ces troubles. Votre enfant peut manger peu ou, au contraire, beaucoup sans que ce soit l’anorexie ou de la boulimie. A l’inverse, il ou elle peut manger normalement à table et se faire vomir tout de suite après…

Ne culpabilisez pas.

Au moindre doute, parlez-en à votre médecin et faites-vous aider (consultation hospitalière spécialisée, psychiatre, psychologue…) pour éviter que les troubles ne s’ancrent profondément. Ne perdez pas de temps à vous demander si c’est de votre faute. Même si, parmi les causes, on relève souvent des difficultés familiales et des perturbations dans la relation mère-enfant? les facteurs sont nombreux et se combinent. Le plus important est d’établir une communication saine avec votre enfant. Faites en sorte que votre mode relationnel ne pèse pas trop lourd sur son malaise. Erreurs à ne pas faire : materner; l’envahir avec votre angoisse; chercher à le raisonner; le « secouer ». Vous avez un rôle à jouer mais pas n’importe lequel. Votre enfant a besoin avant tout de votre équilibre.

Jean-Baptiste Pruvost

Un témoignage de boulimie au masculin.

« J’avais 13-14 ans quand mes crises de boulimie ont commencé, mais je n’en avais pas conscience. Je pensais que j’étais trop gourmand. Les copains m’appelaient « bouboule ». Puis, j’ai appris à me faire vomir, mais personne ne s’en rendait compte. J’ai quand même passé mon bac et fait une préparation pour une grande école. L’ambiance était très compétitive et je travaillais dur, la boulimie servait à me calmer et à me consoler du stress, mais en même temps je ne supportais pas d’avoir des kilos en trop… J’étais souvent fatigué. J’ai réussi mon concours mais, peu après, je me suis écroulé. J’ai été hospitalisé, puis suivi par un psychiatre et un psychanalyste, mais j’allais d’échec en échec. Aujourd’hui, je suis une thérapie de groupe et je commence à aller mieux. J’ai perdu beaucoup de temps, mais mieux vaut tard que jamais… »

Simon, 24 ans.

Source : Magazine Bien-être & Santé – N° 261 – mai 2009

9 mai, 2009

Quand un proche consomme du cannabis

Classé dans : Mon métier — CATORC Charles @ 18:29

Pourquoi les jeunes fument-ils ?

C’est souvent la curiosité, l’envie de découvrir quelque chose dont on entend parler, la sollicitation de l’entourage, le désir d’appartenir à un groupe en partageant les mêmes expériences qui poussent aux premières consommations. Ensuite, comme toutes les drogues, le cannabis peut être consommé pour deux grands types de raisons. Soit pour se faire plaisir (se sentir bien, détendu, à l’aise avec ses amis…) ; soit pour soulager et calmer des tensions, échapper à la réalité, tenter d’oublier ses problèmes. Parfois les raisons se superposent mais, dans tous les cas, le fait d’en consommer régulièrement fait oublier que l’on peut vivre sans et peut conduire à en devenir dépendant. Ceci est valable avec le cannabis comme avec le tabac ou l’alcool. Ceci est valable pour les jeunes comme pour les adultes.

Existe-t-il des signes visibles d’un usage de cannabis ?

L’usage de cannabis provoque des effets dont certains peuvent être apparents mais ils varient considérablement d’une personne à l’autre. Il n’existe donc pas de signes physiques qui démontrent avec certitude un usage de cannabis. Une impression peut toujours être trompeuse et le soupçon, justifié ou non, venir compliquer un dialogue éventuel. En revanche, des comportements ou des attitudes inhabituels peuvent légitimement être soulignés par des parents soucieux du bien être de leurs enfants.

Comment savoir si son enfant fume du cannabis ?

Le plus simple est de lui poser la question, même si la réponse peut être difficile à entendre, et d’entamer un dialogue à propos d’une éventuelle consommation. Bien sûr, ce premier échange peut rester insatisfaisant, sans effets immédiatement perceptibles. L’incertitude, également, peut persister mais il n’est pas nécessaire d’avoir des preuves d’un usage de cannabis pour en parler. Il est légitime et nécessaire que des parents cherchent à savoir si leur enfant fume du cannabis, de la même manière qu’ils s’inquiètent de sa santé ou de sa sécurité à propos des sports à risques, de la circulation routière ou de la sexualité. L’usage de cannabis est un sujet aussi important qu’un autre et, comme pour tous les sujets importants, un adolescent peut éprouver des réticences à en parler avec ses parents. Il faut donc accepter que le sujet soit simplement évoqué et pouvoir lui indiquer, si cela semble nécessaire, des lieux ou des personnes avec qui il pourra en parler plus librement. Si un dépistage de drogues peut être prescrit par un médecin à la demande de parents d’enfants mineurs (pour des enfants majeurs l’accord de ces derniers est indispensable), nous déconseillons néanmoins une telle démarche : un résultat positif n’indique pas la fréquence de l’usage, ni sa durée et encore moins ses causes.

Je pense qu’il fume, comment lui en parler ?

Avant tout, mieux vaut éviter de faire comme si on ne savait rien. Dire ce que l’on sait et parler de ses craintes sont les moyens les plus simples pour aborder cette situation. Dans le dialogue à propos de la drogue, il est normal que les parents puissent dire leur inquiétude même si elle n’est pas partagée. Leur rôle est aussi d’expliquer pourquoi ils s’inquiètent afin de savoir si leur enfant a besoin d’aide. Fumer un joint ne rend pas toxicomane, de même que boire un verre de vin ne rend pas alcoolique ; en revanche, fumer ou boire comporte des risques dont il faut pouvoir parler.

Et si le dialogue est impossible ?

Le dialogue est souvent conseillé aux personnes qui veulent aider quelqu’un qui prend des drogues mais plusieurs éléments peuvent le rendre difficile. Dans la relation entre parents et adolescents, le dialogue peut être difficile d’une façon générale. L’adolescent cherche à préserver son intimité, alors que ses parents ont tendance à être inquiets et donc à poser beaucoup de questions. Les limites sont vécues comme des contraintes et plus la pression est forte plus le jeune peut vouloir y échapper. Quel que soit le cadre de la relation, un dialogue peut également être rendu difficile parce que l’usager lui-même ne reconnaît pas avoir de problèmes avec sa consommation. Les parents peuvent néanmoins dire leurs inquiétudes, exprimer leurs interrogations et leurs observations pour souligner que ce qui lui paraît normal peut paraître inquiétant pour d’autres. Dialoguer n’aboutit pas forcément ni immédiatement à l’arrêt de toute consommation. Se parler est l’occasion d’établir ou de rétablir un échange et une confiance réciproques, de remettre en question certaines habitudes, de provoquer une réflexion, de partager une certaine complicité. Les propos échangés semblent parfois se perdre. Ils peuvent aussi montrer leur utilité plus tard et permettre de reprendre l’échange là où il s’était arrêté. Enfin, le dialogue est un moyen nécessaire, mais pas une fin en soi. On peut se sentir mieux après avoir parlé, tout en ayant conscience que le problème persiste. Il peut parfois être important de trouver une aide extérieure en rencontrant quelqu’un qui pourra apporter des informations, faire des observations, proposer un dialogue qui n’est pas toujours facile au sein même de la famille.

Pour s’informer, pour en parler, pour demander de l’aide, les usagers comme leur entourage peuvent se rendre dans :

*Les CONSULTATIONS CANNABIS (consultations pour jeunes consommateurs de cannabis et autres produits psychoactifs),

*Les POINTS ACCUEIL ET ÉCOUTE JEUNES. Pour connaître leurs coordonnées : DROGUES INFO SERVICE : 0800 23 13 13 Communication gratuite depuis un poste fixe Depuis un téléphone portable, composez le 01 70 23 13 13, coût d’une communication ordinaire

*ÉCOUTE CANNABIS : 0811 91 20 20 Ligne « cannabis » de Drogues info service, coût d’une communication locale depuis un poste fixe

*FIL SANTÉ JEUNES : 0800 235 236 Service d’écoute et d’information tenu par l’Ecole des Parents d’Ile-de-France.

*En Martinique : A l’USSARD, Unité Ambulatoire du CSRM (Centre de Soins et de Réinsertion de la Martinique), sis à l’ex-hôpital Clarac – Boulevard Pasteur – 97200 Fort-de-France.

Est-il possible d’arrêter du jour au lendemain ?

La difficulté d’arrêter n’est pas la même pour un fumeur occasionnel ou pour un fumeur régulier. Sur le plan physiologique, il faut rappeler que la dépendance au tabac (souvent associé au cannabis) complique l’arrêt du cannabis car l’habitude et le plaisir de fumer sont relancés à chaque cigarette. Comme pour le sevrage du tabac, il est nécessaire de modifier certaines de ses habitudes pour envisager le quotidien sans cannabis. Un autre obstacle à l’arrêt peut être la dépendance psychologique, c’est-à-dire l’envie impérieuse de fumer, de ressentir l’ivresse. L’idée de se passer d’un produit qu’on utilise régulièrement est angoissante pour de nombreux usagers. Certains moments vont être plus difficiles et il faut imaginer à l’avance par quels moyens on va pouvoir résister à la tentation. Par ailleurs, certains problèmes masqués par les effets du cannabis peuvent se manifester à nouveau dès l’arrêt : troubles du sommeil, nervosité, irritabilité, anxiété. Ils peuvent décourager une tentative sincère de sevrage. Que l’arrêt soit possible ne signifie pas qu’il soit facile et rapide à mettre en place. La décision d’arrêter, qui revient à l’usager, peut être accompagnée et soutenue par un professionnel (médecin ou psychologue par exemple) qui aidera à en parler, à apprécier les risques liés à l’usage et les moyens qui peuvent aider à la réussite.

Que faire s’il refuse toute aide et ne veut pas arrêter ?

Vouloir quelque chose pour quelqu’un qui ne le désire pas lui-même représente a priori une situation d’impasse. De plus, face à l’insistance d’un proche ou d’un parent le jeune usager peut se sentir incapable de se conformer à leur volonté. Il faut parfois se contenter de proposer des informations (sur les risques du cannabis, les numéros de téléphone et adresses utiles), d’être à l’écoute, de témoigner de l’attention, de s’adresser à des professionnels pour réfléchir avec eux à une attitude adaptée. Les parents ne peuvent pas décider seuls de l’arrêt de l’usage de leur enfant, surtout s’il est dépendant. Dans certains cas, l’usager s’organise pour réduire sa consommation et en limiter les risques. Il vit le fait d’y parvenir comme un pas en avant, alors que son entourage ne voit qu’une seule chose, c’est qu’il continue. Toutes les discussions sur ce sujet risquent alors d’être en décalage. Il faut souvent du temps entre le moment où une personne commence à percevoir la nocivité de son usage et le moment où elle se sent prête à y renoncer. Quand l’usage de cannabis s’accompagne de difficultés importantes, troubles du comportement, troubles scolaires graves, les parents doivent chercher une aide, qu’ils soient ou non accompagnés par l’usager dans cette démarche. Pour l’entourage comme pour les usagers, dans tous les cas, il existe des lieux d’accueil et d’écoute pour être soutenu et conseillé lorsqu’on souffre d’une telle situation.

A qui peut-on demander de l’aide ?

→Il existe plusieurs possibilités d’aide, d’accompagnement, parfois de soins pour faire face aux problèmes posés par l’usage de cannabis ou de toute autre drogue. Elles concernent aussi bien les usagers que les personnes de leur entourage.
→Des documents d’informations édités par les pouvoirs publics ou par des associations sont disponibles dans les lieux d’accueil ou de documentation.
→Des Consultations cannabis sont ouvertes dans tous les départements. Sans rendez-vous, elles sont anonymes et gratuites et ouvertes aussi bien aux jeunes qu’à leur entourage.
→pour les aider à mieux évaluer leurs consommations et leurs conséquences sur leur travail et leur vie sociale ;
→pour délivrer des conseils et des informations, adaptés à leur situation, qui s’appuient sur des données scientifiquement validées ;
→pour proposer aux usagers qui le souhaitent une prise en charge brève ;
→pour accueillir et soutenir les parents en difficulté du fait des consommations de leurs enfants.
→Des Centres spécialisés de soins en toxicomanie et en alcoologie.
→Des Points Accueil Écoute Jeunes (PAEJ).

Toutes ces structures, réparties sur tout le territoire, garantissent une prise en charge gratuite et anonyme. Enfin, à tout moment, les services téléphoniques spécialisés proposent un accueil, une écoute, des informations, des conseils et aident à trouver des lieux d’accueil compétents :

DROGUES INFO SERVICE : 0800 23 13 13 Communication gratuite depuis un poste fixe ; depuis un téléphone portable, composez le 01 70 23 13 13 (coût d’une communication ordinaire).

ÉCOUTE CANNABIS : 0811 91 20 20 Ligne « cannabis » de Drogues info service, coût d’une communication locale depuis un poste fixe.

Source : www.drogues.gouv.fr.

Le Cannabis, les conséquences sur le comportement

Classé dans : Mon métier — CATORC Charles @ 12:25

Quels sont les comportements modifiés par l’usage de cannabis ?

Les effets du cannabis modifient les sensations et les perceptions. Il est également établi que le cannabis a des effets sur le comportement : diminution de la capacité de concentration, baisse de la vigilance, ralentissement des réflexes, désinhibition (facilitation de la parole et de la relation aux autres). La grande variété des réactions individuelles aux effets du cannabis empêche de prévoir leur intensité ou leur manifestation précise. Néanmoins, il est déconseillé de consommer du cannabis dans les circonstances qui exigent de l’attention, de la concentration, de la vigilance, de la précision, de la mémoire.

Quelle est l’action du cannabis sur la mémoire ?

Le cannabis altère la mémoire immédiate et peut donc diminuer les capacités d’apprentissage. La mémoire immédiate est celle qui permet de garder en mémoire quelque chose que l’on vient d’entendre, de voir, de percevoir. Sous l’effet du cannabis, la personne n’éprouve pas de difficulté à se souvenir des choses apprises dans le passé, mais elle peut connaître une forte diminution de sa capacité à apprendre les choses nouvelles et à s’en souvenir. Ce trouble de la mémoire dure le temps que durent les effets du cannabis, c’est-à-dire quelques heures. En l’état actuel des connaissances, la mémoire ne semble pas affectée au-delà de cette période.

Le cannabis influence-t-il la motivation ?

Les effets du cannabis, notamment la sensation de « planer » souvent décrite par les usagers, limitent la capacité et l’intérêt à réaliser des tâches d’apprentissage ou des tâches qui demandent une certaine concentration (scolaires, professionnelles, etc.). Aussi, sous l’effet d’une consommation trop régulière de cannabis, les projets de toutes sortes peuvent apparaître plus difficiles et moins motivants. En cela, l’usage régulier de cannabis peut conduire à une réelle réduction d’un certain nombre d’activités et d’initiatives pourtant nécessaires à la vie personnelle et à l’intégration sociale.

L’usage de cannabis revêt-il des risques particuliers au moment de l’adolescence ?

Toutes les sciences de l’homme (psychologie, neurologie, biologie, sociologie, etc.) montrent que les transformations du corps et des comportements, à l’adolescence, correspondent à une étape très importante de la croissance et de la formation de la personnalité. A cette période de la vie, l’usage régulier de drogues comme le cannabis ou l’alcool présente donc des risques majeurs :

    – celui de rechercher et d’éprouver une impression de détente et de mieux être uniquement à travers l’usage de drogues ;
     – celui d’écarter les sensations de mal être, d’angoisse ou de stress grâce à des drogues ; 
      – celui de devenir dépendant de drogues sans lesquelles on ne se sent pas bien. Or le développement même de la personne suppose que ses relations aux autres et au monde extérieur ne soient pas fonction des drogues qu’elle consomme.

Est-il dangereux de conduire sous l’effet du cannabis ?

Oui. Les effets du cannabis sont incompatibles avec la conduite car ils modifient les perceptions, y compris la perception des risques, et affectent l’appréciation des distances et les réflexes. En réduisant la capacité du conducteur à traiter l’ensemble des informations nécessaires à la maîtrise de son véhicule, les effets du cannabis peuvent entraîner des comportements inadaptés et donc dangereux. La conclusion est évidente : il est de la responsabilité de chacun de s’abstenir de conduire après avoir fumé du cannabis. Pour ces raisons la loi interdit de conduire après avoir consommé du cannabis ou tout autre stupéfiant (Loi n°2003-495 du 12 juin 2003). L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) mène une importante étude destinée à évaluer l’implication du cannabis dans les accidents de la route ; les résultats sont attendus en mai 2005.

Existe-t-il des professions à risques pour les usagers de cannabis ?

Oui. Toute profession qui engage sa propre sécurité et a fortiori celle d’autrui est une profession à responsabilité : transports, conduite de machines-outils, port d’armes, etc. D’ailleurs, l’usage de cannabis, ou d’autres drogues, interdit l’exercice de certaines professions et des tests de dépistage sont pratiqués couramment par des entreprises comme Air France, la SNCF ou la RATP. Toute tâche qui demande de la concentration, de la vigilance, de la mémoire et une bonne appréciation de son environnement est incompatible avec les effets du cannabis.

Le cannabis provoque-t-il des troubles mentaux ?

Il est important à ce sujet de distinguer les troubles mentaux passagers, ou aigus, des maladies mentales. Des troubles passagers comme l’anxiété, les crises de panique, des épisodes dépressifs ou délirants peuvent être déclenchés par un usage de cannabis, même occasionnel. Ils peuvent parfois nécessiter une hospitalisation et des traitements médicamenteux, mais ils disparaissent habituellement en quelques semaines. Quant aux maladies mentales qui affectent durablement les personnes, il est seulement établi que l’usage de cannabis peut déclencher les troubles chez les personnes qui, de toute façon, auraient développé une maladie. Il peut également aggraver les troubles des personnes déjà atteintes. En revanche, en l’état actuel des connaissances, l’usage de cannabis n’apparaît pas causer de maladie mentale. Les études sur les relations entre l’usage de cannabis et les troubles mentaux sont d’autant plus difficiles à conduire que les causes de ces troubles sont mal connues, qu’elles sont souvent multiples et enfin que l’expérimentation est impossible.

A propos de la schizophrénie : plusieurs études suggèrent que le risque d’apparition de cette maladie mentale est plus élevé au sein de la population des personnes ayant consommé du cannabis à de nombreuses reprises avant 18 ans. Ce risque augmenterait encore avec l’importance et la précocité de la consommation. De nombreuses études en cours cherchent à vérifier l’hypothèse, aujourd’hui prise au sérieux par de nombreux psychiatres, selon laquelle le cannabis pourrait accélérer l’apparition de troubles mentaux chez des personnes qui, plus fragiles ou vulnérables, seraient déjà susceptibles de les développer.
 

Références : Conférence scientifique internationale de Bruxelles, Belgique, 25 février 2002, conclusions du comité d’experts réuni à l’initiative des ministères de la santé de Belgique, de France, d’Allemagne, de Suisse et des Pays-Bas.

Que sait-on des interactions avec d’autres drogues ?

Peu de choses précises : les interactions entre les drogues produisent des effets mal connus car difficiles à identifier et à mesurer. Cependant, il apparaît, par exemple, que l’association de l’alcool et du cannabis augmente sérieusement les effets de l’un comme de l’autre. La prudence doit conduire à éviter les mélanges et à les considérer comme un risque supplémentaire aux conséquences imprévisibles.

Le cannabis et ses conséquences sur la santé

Classé dans : Mon métier — CATORC Charles @ 11:57

Le cannabis est-il plus toxique que le tabac ?

Tous les produits fumés (tabac, cannabis, etc.) produisent des composants dangereux pour les voies respiratoires du simple fait de la combustion et de l’inhalation des composants et des goudrons. L’analyse comparative des fumées d’une cigarette de tabac et d’une cigarette contenant exclusivement de l’herbe de cannabis montre que certains produits cancérigènes sont plus nombreux dans la fumée de cannabis.

Fumer du cannabis favorise-t-il le cancer du poumon ?

Oui. Les effets du cannabis fumé sur les poumons sont proches de ceux du tabac. De plus, le THC dilate les bronches et les alvéoles pulmonaires et permet à la fumée d’y pénétrer plus facilement. Cela peut provoquer l’irritation de la gorge et des bronches (voie enrouée, toux, bronchite). De récentes études montrent que la survenue de cancer des voies respiratoires et du poumon chez les sujets de moins de 40 ans est souvent associée à un usage régulier de cannabis.

Fumer du cannabis endommage-t-il le cerveau ?

Aucun des tests utilisés pour détecter des lésions cérébrales chez l’être humain n’a relevé de dommages liés au cannabis, même à la suite d’un usage régulier et de longue durée.

Quels sont les effets du cannabis sur le cœur ?

Le cannabis peut provoquer une accélération du rythme cardiaque et être responsable de palpitations. Par ailleurs, l’oxyde de carbone contenu dans la fumée peut provoquer des lésions du muscle cardiaque. Aussi, les personnes souffrant de pathologies cardiaques seront plus exposées.

Le cannabis a-t-il une influence sur la fertilité ?


L’expérimentation animale a montré que les substances contenues dans le cannabis peuvent être à l’origine de perturbations dans la production des hormones sexuelles mâles et femelles. Il n’existe cependant pas de preuve d’une action du cannabis sur la fertilité.

Peut-on faire une overdose de cannabis ?

Non. Dans le langage courant, une overdose est une consommation trop importante pouvant provoquer la mort par arrêt cardiaque ou insuffisance respiratoire. Jusqu’à présent, aucun cas de décès directement lié à une intoxication aiguë au cannabis n’a été rapporté.

Quelles sont les conséquences de l’usage de cannabis chez la femme enceinte ?

Les études sur les risques de l’usage de cannabis pendant la grossesse sont rares et aucune ne fournit de réponses précises à cette question. Le risque le plus fréquemment évoqué est un retard de poids et de taille à la naissance ainsi que des problèmes respiratoires chez l’enfant. Mais les travaux scientifiques ne signalent pas de risques particuliers de malformations dues à l’usage de cannabis. L’abstinence de tout usage de drogue, alcool et tabac compris, pendant la grossesse est une attitude de bon sens qu’il faut recommander. Si une future maman rencontre des difficultés pour arrêter de fumer du cannabis, elle peut solliciter, en toute confidentialité, l’aide et les conseils du médecin qui assure le suivi de sa grossesse ou d’une structure spécialisée de soins.

Le cannabis peut-il être utilisé comme médicament ?


Non, en France le cannabis n’est pas utilisé par la communauté médicale. Les médicaments à base de cannabis ne peuvent pas être prescrits (sauf rares exceptions*) car leur efficacité thérapeutique est considérée comme moins importante que celle des médicaments existants. Dans d’autres pays, les vertus thérapeutiques du cannabis, reconnues tant par des médecins que par des patients, sont le traitement des nausées et des vomissements liés, notamment, aux effets secondaires des chimiothérapies anticancéreuses et des trithérapies contre le sida.

En outre, il peut stimuler l’appétit et redonner plaisir à manger, même sur le long terme, permettant ainsi de lutter contre la cachexie (maigreur extrême). L’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques est en débat dans de nombreux pays : les Pays-Bas ont autorisé en 2003 la vente de cannabis en pharmacie ; la Suisse, le Canada ou encore le Royaume-Uni tolèrent la prescription de cannabis pour certaines maladies graves.

* Dans des cas, très précis, les médecins peuvent demander une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour prescrire des médicaments dérivés du cannabis et commercialisés à l’étranger (Marinol®, Cesamet®)

Source : www.drogues.gouv.fr

Les effets du cannabis

Classé dans : Mon métier — CATORC Charles @ 11:49

Que ressent celui ou celle qui fume du cannabis ?

Les effets varient à la fois selon chaque personne, le contexte dans lequel elle consomme, la quantité et la concentration du cannabis en THC. D’une manière générale, fumer du cannabis provoque une ivresse dès les premières bouffées. Parfois cette première consommation peut provoquer un sentiment de malaise ou d’angoisse. Parfois il arrive que le consommateur ne ressente aucun effet. L’ivresse provoquée par le cannabis peut se traduire par un sentiment de détente, de bien-être, voire d’euphorie, que les usagers désignent par l’expression « planer ». Progressivement, d’autres effets peuvent apparaître : perceptions sensorielles plus intenses, modification de l’appréciation du temps et de l’espace, désinhibition (facilitation de la parole et de la relation aux autres). Ces effets s’accompagnent de sensations physiques comme l’irrésistible envie de manger, la bouche sèche, l’augmentation du rythme cardiaque. Ils s’estompent en quelques heures.

Témoignage « La vue, l’ouie, l’odorat, le toucher, le goût prennent un sens nouveau, un relief, une profondeur et une résonance spéciale. Les pensées aussi sont modifiées, elles voyagent très vite, comme dans un rêve… On apprécie particulièrement certaines musiques, on a le regard absorbé et fasciné par une lumière… On plane. Si des sons peuvent être amplifiés et devenir agréables, les choses désagréables sont tout autant amplifiées. »

Combien de temps durent les effets du cannabis ?

Les composants actifs contenus dans la fumée de cannabis passent des poumons dans le sang et atteignent le cerveau en moins d’une minute. Même s’il reste des traces de cannabis dans l’organisme pendant plusieurs jours ou semaines en cas de consommation régulière, les effets sur les sensations, les perceptions, les comportements durent de 2 à 4 heures. Lorsque le cannabis est ingéré, les effets n’apparaissent qu’après digestion (1 à 2 heures) et ont une durée un peu plus longue (4 à 6 heures).

Peut-on être dépendant du cannabis ?

Oui. Dès qu’il devient difficile ou insupportable de se passer de cannabis, on peut parler de dépendance. Avec les drogues, la dépendance peut se manifester de deux manières. Physiquement, lorsque le manque provoque une souffrance intense qui ne peut être calmée qu’avec une nouvelle prise de drogue ou avec un traitement approprié. Psychologiquement, lorsque l’usager ressent la nécessité, peu à peu quotidienne, de consommer pour retrouver les effets et les sensations qu’elles procurent. Avec le cannabis, il n’y a pas de signes physiques caractéristiques de la dépendance. En revanche, les signes de dépendance psychologique sont beaucoup plus fréquents. Ils se manifestent notamment par un sentiment de malaise, par une plus grande irritabilité (énervement, stress), par des troubles du sommeil qui apparaissent lorsque l’usager manque de cannabis. Bien sûr, comme avec les autres drogues, l’intensité de la dépendance est liée aux habitudes de consommation, aux quantités utilisées, à la personnalité de l’usager, à ses conditions de vie. Ainsi, plus l’usage de cannabis est fréquent, plus l’usager se sent mal quand il n’en a pas ou quand il redoute de ne pas en avoir, plus le risque de dépendance est important. Un usager régulier qui arrête de consommer a besoin de temps pour s’adapter à une vie sans cannabis. L’arrêt peut être difficile à surmonter et, comme avec toutes les drogues, il peut laisser réapparaître un mal-être que l’usage de drogue visait à cacher. Ainsi, décider d’arrêter est bien plus qu’une question de volonté. Plus la personne qui souhaite arrêter est dépendante, plus ce passage peut être difficile et nécessiter une aide extérieure.

Témoignage « Je fume quotidiennement depuis 5 ans du cannabis sous forme de résine. Je n’arrive pas à m’arrêter. Lorsque je fais des tentatives, je me sens stressée, je ne dors presque pas et je transpire énormément la nuit. »

Qu’est-ce qu’un « bad trip » ?

L’expression « bad trip » signifie, en anglais, mauvais voyage. Elle désigne un sentiment de malaise intense et de perte de contrôle de soi pouvant se transformer en véritable traumatisme et laisser un souvenir marquant : crise de panique, angoisse, sentiment de persécution. Des usagers, souvent peu habitués à l’usage de cannabis, appellent également « bad trip » les nausées qui surviennent parfois et qui cessent avec les vomissements. Certains facteurs peuvent favoriser l’apparition d’un « bad trip » : mélange avec l’alcool ou d’autres drogues, première expérience du cannabis, contexte défavorable… Lorsqu’une personne fait un bad trip, il faut rester calme et faire son possible pour la calmer également. Dans la mesure du possible, il faut sortir faire quelques pas avec elle dans un endroit calme et aéré, la tranquilliser et la rassurer : les effets vont se dissiper. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à demander de l’aide (Pompiers 18 / Samu 15).

Témoignage « Bonjour, après avoir fumé du cannabis il m’est arrivé quelque fois de partir en « bad trip », je deviens très anxieuse, j’ai un grand sentiment de malaise, je ne contrôle plus mes gestes ni mes paroles et j’ai l’impression d’être dans un autre monde, que je suis seule et que personne ne peut m’aider. De plus, quand je fume à nouveau, le sentiment d’anxiété me vient de plus en plus vite. Pourtant je fume très peu souvent mais la dernière fois je suis restée défoncée et bizarre pendant plus d’un jour complet. »

Quels sont les risques pour les fumeurs passifs ?

Le « fumeur passif » est celui qui ne fume pas lui-même mais qui respire la fumée dégagée par les fumeurs. Comme avec le tabac, l’exposition passive, quand elle est régulière, représente un risque pour la santé, notamment pour les voies respiratoires, mais elle n’est que rarement suffisante pour ressentir les effets du cannabis.

24 mars, 2009

Arrêter de fumer

Classé dans : Mon métier — CATORC Charles @ 17:26

Arrêter de fumer : la motivation fait la réussite ! 

Tous les fumeurs le savent : fumer est nocif pour la santé. Poussés par une législation de plus en plus répressive, les fumeurs affûtent leur volonté. L’arrêt est avant tout une question de motivation ! 

Selon l’INPES, chaque année en France, 750 000 personnes arrêtent de fumer durant au moins un an, ce qui correspond à plus de 2 000 personnes chaque jour. Derrière ces chiffres se cachent de nombreuses rechutes. En effet, pour venir à bout du tabac, il n’existe pas 36 solutions : la clé de la réussite est avant tout une question de motivation. 

3 dépendances distinctes 

L’arrêt du tabac est difficile puisqu’il implique de venir à bout de trois dépendances distinctes. 

La première dépendance qui est paradoxalement la plus facile à se défaire est la dépendance physique à la nicotine. Pour y parvenir, plusieurs formules de substituts nicotiniques sont en vente libre sur le marché (patchs, inhaleurs, gommes à mâcher ou à sucer). Ces substituts sont utilisés en dosage personnalisé à réduire peu à peu au fur et à mesure du traitement jusqu’à un sevrage complet. La prise de nicotine par le biais d’un traitement de substitution n’entraîne aucun danger pour la santé. 

La seconde dépendance est psychique. C’est la plus difficile à combattre puisqu’elle est associée à la notion de plaisir. Pour s’en séparer, il est impératif d’échanger le plaisir de la cigarette par un autre. Le plus dangereux dans ce cas est de compenser par la nourriture ce qui engendre une prise de poids particulièrement mauvaise pour le moral du candidat à l’arrêt du tabac. 

La troisième dépendance est comportementale. Renoncer à la cigarette implique de changer ses habitudes. Le réflexe d’allumer une cigarette doit être remplacé par de nouveaux gestes. Le meilleur moyen pour casser le rituel est d’éliminer de sa vie tout ce qui pourrait rappeler la cigarette mais aussi les situations « à risque » comme le café pris entre fumeur après le déjeuner, les apéritifs chez des amis fumeurs… 

Des solutions pour arrêter de fumer 

Si la meilleure aide pour l’arrêt du tabac est une très grande motivation, des solutions d’aide extérieures existent. Les plus connues sont les patchs et les gommes à mâcher, autrement dit les substituts nicotiniques qui ont pour rôle de casser la dépendance physique. Des solutions médicamenteuses sont également possibles notamment avec le Zyban® et plus récemment le Champix®. Ces deux médicaments agissent directement dans le cerveau en intervenant sur les neurotransmetteurs responsables de l’accoutumance. 

Les thérapies comportementales sont également efficaces puisqu’elles proposent une aide psychique d’accompagnement au sevrage. 

Les autres techniques plus alternatives comme l’hypnose ou encore l’acuponcture n’ont à ce jour pas prouvé de leur efficacité médicale. Selon certains spécialistes, ces deux techniques mais aussi l’auriculothérapie ou encore l’Aromathérapie et l’homéopathie ne sont ni plus ni moins que des supports de type placebo pour renforcer la motivation des personnes décidées à arrêter de fumer. 

Le saviez-vous ? 

Contrairement à une idée reçue, la nicotine n’a rien de toxique pour le corps. C’est la molécule responsable de la dépendance physique mais ce n’est pas l’élément dangereux d’une cigarette (goudron, produits chimiques). C’est pour cette raison que les substituts nicotiniques peuvent être utilisés par les femmes enceintes sans contre-indications particulières.

23 février, 2009

Pourquoi votre enfant se drogue-t-il ?

Classé dans : Mon métier — CATORC Charles @ 18:44

 

3 raisons fondamentales
« Non à la société dépressive », Flammarion, Paris, 1993, extraits
Par Tony Anatrella
 

Pourquoi votre enfant se drogue-t-il ?  dans Mon métier

Préalable : responsabilité individuelle et responsabilité sociale

 » La toxicomanie est une maladie : elle naît de la curiosité ou d’un état dépressif, et entraîne des inhibitions et une neutralisation progressive des fonctions essentielles de la vie psychique. Ainsi rencontre-t-on souvent chez des toxicomanes une certaine passivité sociale mais aussi une agressivité très active contre soi et les autres. C’est pourquoi, dans les cas extrêmes, la toxicomanie débouche sur la marginalisation, l’absentéisme scolaire ou professionnel et dans la délinquance. 

Le toxicomane doute de lui et des autres et, dans cette absence de confiance, il n’ose pas s’interroger sur lui-même, il se méfie de ceux qui lui conseillent de se faire soigner. Il a souvent peur de ce qui se passe en lui sans savoir nommer ce qu’il ressent et s’en tient à la confusion de relations fusionnelles et primitives pour lesquelles il n’est pas besoin de passer par le langage parlé.

Certes, cet état de fait n’est pas volontaire, mais ressort précisément à la régression causée par la drogue. La toxicomanie est donc une pathologie, et qu’il faut traiter en tenant compte de la profonde angoisse qu’elle révèle, ou qu’elle provoque et entretient: c’est toujours un individu particulier que l’on soigne. La société est certes loin d’être étrangère à ce mal puisque au lieu de favoriser la construction des individus, les modèles qu’elle offre induisent à la dispersion et à la pratique de conduites additives qui valorisent l’état premier et évanescent des pulsions. 

Mais il ne faut pas être exagérément déterministe; reconnaissons que les véritables raisons de la toxicomanie se jouent à l’intérieur de chaque personnalité et qu’il arrive que celle-ci soit prédisposée psychologiquement à se laisser entraîner par la magie des produits. Si les produits deviennent de plus en plus accessibles, si l’absence d’idéaux ne fait que faciliter leur circulation, si, enfin, les adultes ont considérablement aggravé la banalisation de la drogue, il n’en reste pas moins vrai que la prise elle-même dépendra toujours de l’individu qui choisit seul d’entrer dans cette interaction avec le produit. C’est le toxicomane qui crée la toxicomanie et non la société, sans quoi nous serions tous drogués…

Qu’on ne se méprenne pas sur nos propos. Cela n’ôte en rien à la société les responsabilités qu’elle se doit de prendre pour combattre le fléau. Les autorités ont le devoir de faire cesser la culture des plantes qui servent à la fabrication des drogues, d’établir une législation sévère contre les trafiquants, et surtout de l’appliquer, bref, de tout mettre en oeuvre pour détruire les marchés. Mais si la plupart des gouvernements souscrivent théoriquement à cette stratégie, la pratique est tout autre, faute d’une réelle volonté politique !

Une chose est de lutter contre les réseaux de production de la drogue, une autre de s’attaquer à la demande qui prend naissance dans les besoins pour le moins problématiques de l’individu. C’est de cette prédisposition qu’il sera ici question : faut-il y voir une carence quelconque ? Sans doute, mais encore devons-nous en déterminer l’origine ? « 

1ère raison : Le divorce et l’instabilité des familles, de l’abandon à la dépendance

 » La famille assume de moins en moins une fonction éducative auprès des enfants et en particulier auprès des adolescents qui se retrouvent souvent seuls pour traiter psychologiquement, moralement et spirituellement les problèmes de la réalité. La famille éclatée (séparation, divorce, etc.) assure difficilement et avec trop d’incertitude la socialisation des enfants… « 

 » Un jeune toxicomane de 24 ans exprimait ainsi sa difficulté à évoluer :
Je n’ai pas progressé parce que mon père – de par ce qu’il est – ne m’y invite pas. Personne ne me demande de devenir adulte. Mon père n’en est pas un et je n’ai jamais eu envie de m’identifier à lui.

Si une famille offre une image stable, cohérente, avec des repères clairs et une relation aimante, l’enfant a d’autant plus de chances de fortifier sa personnalité. Dans la cassure du divorce il ne peut plus s’appuyer sur ses parents et doit faire appel à ses propres ressources qui risquent de lui faire défaut quand il devra se mettre en oeuvre affectivement et sexuellement : c’est souvent à ce moment qu’il développe des relations de dépendances. 

On oublie souvent que plus un enfant aura pu s’appuyer sur ses parents et sur les adultes en général, plus il sera par la suite autonome et bénéficiera d’un sentiment de sécurité et de valeurs intérieures, d’autodétermination et de constance. En revanche, plus l’enfant sera autonome précocement et plus il est probable qu’il développera des conduites de dépendance, qu’il cherchera à s’accrocher à des personnes ou à des produits, faute d’avoir pu se construire dans une relation aux autres…  »

 » L’adolescent attend clairement que ses parents réagissent; c’est même précisément pour cela qu’il les éprouve. Une fille de 15 ans, rentrant d’une soirée, raconta à ses parents que du  » shit  » avait été proposé par deux jeunes, mais qu’elle-même, avec quelques autres, s’était abstenue d’essayer. Comme sa mère lui faisait part de son intention de téléphoner aux divers parents pour les informer de la situation, l’adolescente manifesta son désaccord et menaça de ne plus lui faire de confidences. 

Avec raison sa mère tint bon, lui rappelant sa responsabilité d’adulte vis-à-vis des autres et l’impossibilité pour elle de garder une information qui mettait en jeu la responsabilité éducative d’autres parents. La jeune fille finit par acquiescer à ces arguments au point d’ailleurs que, en racontant l’histoire, elle manifestait même une certaine fierté devant le courage de sa mère, reconnaissant que celle-ci avait eu raison d’intervenir dans une situation où elle avait son mot à dire… « 

2ème raison : Le vide intérieur, absence de sens et dépression

 » Il faut cependant ajouter que les parents ne sont pas systématiquement responsables de la toxicomanie de leur enfant, même si parfois ils n’y sont pas étrangers et qu’ils se culpabilisent parce que leur progéniture ne cesse de leur reprocher leur attitude. La toxicomanie est aussi la conséquence du déficit que vivent des adolescents lorsqu’ils refusent de faire face aux tâches psychiques de leur âge. 

L’adolescence suppose d’assumer les transformations de sa vie psychique et physique, et non de s’en tenir aux modes de gratifications de l’enfance ou, inversement, de jouer précocement à l’adulte dans l’illusion d’une liberté sans limites.

La névrose héroïque (croire que chacun est son propre héros) du toxicomane traduit ce refus de grandir fréquent à l’adolescence et rend compte en fait d’une incapacité à ajuster envies et nécessités : si l’adolescent accepte assez facilement ses envies, il lui reste à intégrer les nécessités. 

Pour preuve la réplique  » j’ai pas envie  » qui revient souvent dans sa bouche et à laquelle l’adulte doit répondre que ce n’est pas une question d’envie mais plus simplement de nécessité, que, par exemple, il y a un temps pour travailler, un autre pour se détendre, etc. Evidemment, dès lors que nombre d’éducateurs à travers certaines pédagogies apprennent aux enfants à ne rechercher finalement que leur plaisir immédiat, les données du problème sont faussées. Sans le savoir, ils creusent le lit de la psychologie toxicomaniaque qui vit avec l’idée d’un plaisir en soi artificiellement entretenu par le produit.

Quand les toxicomanes acceptent la psychothérapie, il faut en premier lieu analyser, critiquer et resituer cette conception du plaisir dans laquelle ils se dissolvent… «  

Confronté aux incertitudes du monde extérieur (non seulement au chômage et à la crise économique qui frustrent dans leur dignité les individus), mais aussi et surtout à ses propres fluctuations, l’adolescent sera une proie facile pour la toxicomanie. Souvent il se jugera comme un junkie, c’est-à-dire un déchet : n’attendant rien, il ne lui reste qu’à se perdre en lui-même, et le produit ingéré joue clairement un rôle mortifère. 

D’autres fois, il laissera sa sensibilité s’exacerber à fleur de peau, et le langage comme l’enrichissement de la pensée feront une fois encore figure de parents pauvres. Il ne sera question que d’éprouver les choses et l’on préférera  » je sens « ,  » j’ai envie de dire « ,  » je perçois  » ou encore – comble du flou et de l’imprécision –  » je crois que quelque part  » à  » je pense « . Il est vrai que « rien ne vient à l’esprit qui ne soit passé par les sens  » (Aristote) mais, dans le paysage contemporain, la pensée formelle en vient à être manifestement sous-développée faute de nourriture textuelle et d’une véritable transmission culturelle, morale et religieuse.  A laisser croire que n’importe quelle production est culturelle sous prétexte qu’elle est médiatique, on finit par entretenir des confusions entre une production factuelle, éphémère, et une création qui est durable et chargée d’une unité de sens… « 

 » L’éducation, c’est-à-dire la transmission d’une culture, conditionne les structures profondes de la personnalité à qui elle fournit un irremplaçable système de valeurs-attitudes.

Il est indispensable de se libérer des pédagogies de la spontanéité à la Rousseau qui, sous prétexte que la société risque d’avoir une mauvaise influence sur l’enfant, le livre à l’expression tous azimuts de ses pulsions. C’est la meilleure façon de fabriquer des personnalités à caractère psychotique qui se perdent dans l’imaginaire et refusent de grandir.  L’éducation a été prise au piège de cette illusion en délaissant progressivement les pédagogies de l’intelligence au bénéfice de celles de l’éveil. Plus dure est la chute, et comment pourrait-il en être autrement dès lors que, pour développer la fonction psychique de l’idéal et du sens des valeurs, on ne fait pas intervenir en priorité l’intelligence ? Sans compter le paradoxe qui veut qu’on se plaigne d’une carence du sens moral dans le même temps où l’on fait tout pour le tuer dans les mentalités… « 

 » Le jeune peut commencer à se droguer, et c’est souvent le cas, pour des raisons psychopathologiques qui génèrent une dépression symptomatique d’un manque d’intérêt à la vie présente et d’une absence de signification à donner à l’avenir. Les failles du modèle adulte favorisent aussi la déstabilisation de l’adolescent qui se voit privé d’une quelconque possibilité de communication et par là-même renvoyé à son isolement. 

Enfin, les carences de l’imaginaire sont propices à toutes les dérives délirantes de la toxicomanie, du spiritisme et de l’ésotérisme dont le langage abscons entretient la confusion des esprits et le repli dans le magique plus que le rationnel:  » éveil à la réalité de notre dimension énergétique « ,  » ouverture à la capacité de ressentir la qualité des énergies captées « ,  » évaluer le ressenti individuel et collectif des capacités d’identification des énergies captées « . 

Ce vocabulaire schizoïde, utilisé dans de nombreux groupes de thérapie relationnelle ou sexuelle, confirme le basculement des psychologies dans l’éclatement interne.
Ces trois raisons dépressives – manque d’intérêt pour la vie, négation de l’identification possible à des références et carences de l’intériorité – favorisent un morcellement psychologique des individus pouvant conduire à la drogue… »

3ème raison : L’incitation et le laxisme social, de la curiosité à la transgression

« Mais il arrive aussi que sa prise intervienne tout bonnement à la suite d’une proposition  » conviviale « , par simple curiosité et sous l’influence des autres. Dans ce contexte, la drogue revêt un aspect ludique et pragmatique : il s’agit de passer un bon moment, de  » planer  » une soirée en fumant du hasch. Si faibles soient-elles, ces prises ne sont pas banales et, même si elles ne sont pas systématiquement motivées par le besoin de combler des troubles psychiques, elles ont néanmoins pour conséquence de ralentir les fonctions cérébrales et handicapent la concentration, l’esprit de logique et de synthèse, la mémoire, les réflexes, etc. « 

 » Expérimenter  » ce que ça fait  » pour le plaisir d’expérimenter, pour se lancer des défis et s’amuser. Ou trouver une alternative à la misère du quotidien et d’un avenir sans horizon. L’une et l’autre motivation justifie pareillement l’utilisation de ces produits illicites parce que – et c’est essentiel à son  » succès  » – la drogue est actuellement le seul lieu où l’adolescent éprouve la loi et l’interdit.

On l’a vu, les lois de régulation sociale, les règles morales existent – elles n’ont d’ailleurs jamais été absentes – mais c’est plutôt le sens éducatif et sa mise en pratique qui fait défaut ! Le manque de civisme qui consiste à voyager sans titre de transport, à voler dans une grande surface ou encore à tricher dans sa vie scolaire ou professionnelle n’entraîne pas la plupart du temps de sanctions (fût-ce au seul titre d’un blâme moral). 

Pareille carence du respect des règles communes et du sens des responsabilités altère la qualité relationnelle d’une société, incite à la perversion. Se sentir en faute, éprouver sa culpabilité, dès lors qu’elle est réellement justifiée, témoigne d’une bonne santé psychique (évidemment, la culpabilité morbide cultivée pour elle-même, de façon obsessionnelle et névrotique n’a rien à voir avec une saine réflexion morale).

Mais quand on proclame qu’il ne faut pas  » culpabiliser  » ni  » moraliser  » et, tout au contraire, qu’il faut  » déculpabiliser  » comme si la loi n’existait pas, on fait oeuvre de pure démagogie: on ne le dira jamais assez clairement, la culpabilité est inhérente à la psychologie humaine. Quand on  » interdit d’interdire » et qu’on nie  » l’esprit des lois « , on livre pieds et poings liés l’adolescent à ses démons. Le « joint » ni le  » pétard  » n’ont jamais été l’école de la liberté mais son asservissement. 

Car la drogue focalise à elle seule la culpabilité qui ne parvient plus à s’exprimer dans d’autres domaines, comme celui de la sexualité qui se trouve curieusement libérée de toutes règles psychologiques, sociales et morales.
Or, (…) l’esprit des lois prend naissance dans la façon de concevoir la signification sexuelle de sa relation à l’autre, de sorte qu’en ne permettant pas à la culpabilité sexuelle de s’exprimer, celle-ci se retourne contre l’individu entraînant une multitude de troubles psychosomatiques, d’éventuelles conduites suicidaires, un intérêt suspect pour le paganisme, la sorcellerie ou l’astrologie, les rituels de possession et de guérison dont nous avait heureusement libéré le christianisme. 

Il ne faut pas en conclure que l’adolescence est l’âge de la transgression, ou que la loi a vocation à être transgressée, comme on l’entend pourtant dire ici ou là.
L’adolescence est une période de maturation des nouvelles compétences psychologiques de l’individu, de recherche de ses possibilités et de ses limites. 

Quant à la loi (sociale et morale), elle rend possible la vie en commun et permet à chacun d’éveiller sa liberté et sa responsabilité. Il est donc curieux que l’on encourage dans les esprits une relation morbide à la loi en promouvant prioritairement la banalité de sa transgression. Si chacun est à lui-même la mesure de sa propre liberté, on comprend que la drogue puisse être une nourriture privilégiée pour compenser ce manque à être tout en se détruisant de l’intérieur… »

564061 dans Mon métier

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