Madinina, L'île aux fleurs, l'île des revenants, chalè, chalè !!!

Fruit présenté : Pomme Canelle

6 mars, 2008

Le Bèlè

Classé dans : — CATORC Charles @ 18:35

Le bèlè, dénommé aussi « bel-air », réunit une danse et une musique emblématiques de la culture martiniquaise.

im9.jpg

 

 Les origines du bèlè

Le bèlè est lié à l’époque de l’esclavage en Martinique. La culture bèlè est avant tout un héritage de l’Afrique.
En 1635, les premiers colons s’installent dans l’île et développent les cultures du tabac et du coton. La majorité de la main d’œuvre est alors constituée de travailleurs français et d’esclaves indiens caraïbes. C’est en 1638 que commence la première traite négrière, qui se poursuit jusqu’à l’abolition de l’esclavage en 1848.
Les esclaves, originaires d’Afrique noire, sont disséminés sur les îles de la Caraïbe. On leur interdit de parler leur langue, de jouer leur propre musique et de pratiquer leur religion. Cependant, les esclaves développent une nouvelle expression musicale : le bèlè. Le chant et la musique sont considérés comme des lieux de résistance. Résistance où l’esclave s’exprime par la gestuelle et par la voix, en gardant une part de son être.

Qu’est-ce que le bèlè ?

Le bèlè est une authentique culture qui associe le chant, la danse et la musique. Dans le Dictionnaire du créole martiniquais, l’écrivain Raphaël Confiant, définit le bèlè comme une « danse traditionnelle d’origine africaine ». « Le bel-air fut en premier lieu un chant, dont la dénomination provient de l’association de deux mots : le terme « air » employé au XVIII ème siècle pour désigner une chanson et le terme « bel » servant de qualificatif… Les Noirs des champs les adaptèrent à leur rythme africain… ».

Les instruments

Le bèlè se joue avec un ou deux tambours ; le « tambour bèlè » (confectionné avec des lattes de tonneaux de chêne ayant servi à vieillir le rhum) et le ti-bwa (2 baguettes de bois qu’on frappe sur l’arrière du tambour). Le rythme de base est donné par le ti-bwaté (joueur de ti-bwa). Deux autres instruments peuvent intervenir dans l’orchestre : la kon’lambi(coquille du lambi) dans laquelle on souffle, qui permet de produire des sons ; et le chacha. A cette musique s’ajoutent la danse et le chant.

Les chants et les danses

Le chanteur commence, suivi par les chœurs des répondè(les répondeurs). Le ti-bwa donne le rythme, suivi par le tambour bèlè. Puis les danseurs et les danseuses entrent en scène. Un dialogue se crée entre les danseurs et le tanbouyè (joueur de tambour). Les répondè donnent la réplique au chanteur ; l’auditoire peut aussi participer. Le bèlè peut être dansé seul, en couple, en groupes ou encore en quadrilles (groupes de quatre, en deux couples). Les chants sont en créole et les thèmes développés dans les chants évoquent des sujets de société.

Les rythmes du bèlè

On discerne plusieurs bèlè avec des rythmes à 2 ou à 3 temps : 
Le danmyé (appelé aussi ladja, kokoyé, wonpwen) : c’est une lutte dansée, une forme de combat ;
Le bèlè kourant, bèlè dous, et bèlè pitché expriment certains aspects de la vie ; les rythmes sont rapides et entraînants ; 
Le gran bèlè est une danse exprimant le souhait d’avoir une terre féconde ; 
Le bouwo, qui représente les exigences qu’une femme peut avoir face à son fiancé ; 
Les danses lalinnklè (kalennda, mabèlo, ting-bang, kannigwé, bénézwel, karésé yo et woulé mango). Ces danses étaient pratiquées à la pleine lune et associées aux rites de fécondité. Jugées inconvenantes par les maîtres et par l’Eglise, elles furent interdites. Aussi, ces danses étaient exécutées à l’abri des regards ; 
 Les bèlè de travail : fouyétè, rédi bwa, teraj kay, coupé kann, manzonn et gran son, kanigwé, karésé yo, lasoté, grajé mannyok, lavwa bèf, ralé senn… Les chants et la musique accompagnaient le travail des esclaves.

Les Maîtres du bèlè

On les trouve généralement dans le Nord de la Martinique, à Sainte-Marie. Félix Cebarec, Berthé, Clothaire, Raoul Grivalliers surnommé Ti Raoul, Benoît Rastocle, et les tambouyè : Raymond surnommé Apollon Vallade, Paul et Benoît Rastocle et Félix Caserus sont les plus connus en Martinique. Les Maîtres du bèlè forment un collectif. Cependant, ils ne connaissent pas de véritable succès. Issus de la tradition, les derniers joueurs de tambour, les chanteurs et les danseurs sont peu nombreux. Une tournée des Maîtres du Bèlè est prévue en France du 27 novembre au 15 décembre 2006. Le but est d’honorer les précurseurs du bèlè et de faire partager une tradition. Cet évènement permettra également d’échanger et de transmettre cette forte composante du patrimoine martiniquais.

Le bèlè aujourd’hui

Durant les années 80, le bèlè a connu une nouvelle jeunesse avec Eugène Mona et Guy Konket (chanteur de gwo ka). Ces deux artistes ont permis à la culture bèlè de se développer et d’être reconnue hors de ses frontières. Edmond Mondésir, chanteur et joueur de tambour bèlè, milite également depuis 1975 pour faire découvrir cette musique traditionnelle créole. Avec près d’une dizaine d’albums à son actif, il a ajouté une touche de modernité.
En Martinique, les manifestations bèlè se multiplient depuis plusieurs années. Dorénavant, le bèlè est reconnu comme une partie intégrale du patrimoine martiniquais. On pratique le bèlè dans 3 communes en Martinique : Basse-Pointe, Sainte-Marie et aux Anses d’Arlet. Le bèlè a fait son apparition dans les écoles et les associations, et est même devenu une option facultative au baccalauréat.

 

Les swarès bèlè

Les swarès bèlè sont des réunions nocturnes dans lesquelles se retrouvent quelques centaines de personnes. La danse, la musique et le rhum participent à leur réussite. Les swarès constituent avant tout un lieu d’ancrage pour pratiquer la musique et l’occasion pour les gens de se retrouver.
Ces swarès ont lieu régulièrement le vendredi, le samedi ou le dimanche. Une ou deux swarès bèlè rythment chaque semaine et il est rare que plusieurs swarès soient organisées au même moment dans l’île.

Pendant les quarante jours du carême le bèlè ne se pratique pas. La danse et la musique sont suspendues pour des raisons religieuses catholiques. C’est une période considérée comme un temps de pénitence allant du mercredi des Cendres au jour de Pâques. En dehors de cette période les swarès bèlè sont régulières.

Laisser un commentaire

 

Vitalo.fr |
double sens |
♪♪**La riviere ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | pourquoipastoi
| Location d'un studio à Sali...
| Donquichotte de la Mauritanie