Madinina, L'île aux fleurs, l'île des revenants, chalè, chalè !!!

Fruit présenté : Pomme Canelle

18 novembre, 2010

Le Ladjia

Classé dans : — CATORC Charles @ 18:12

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Née du souci de connaître les origines des danses traditionnelles de la Martinique, « la danse étant un mode d’expression de l’identité », cette étude choisit le Bénin, haut lieu de la traite négrière – à destination des Antilles mais aussi du Brésil- afin d’approfondir les sources d’une gestuelle et d’une musique. Josy Michalon y évoque succintement les grandes familles de danses et les royaumes du Bénin, introduit les Basantchés et la lutte traditionnelle kadjia puis par la suite son héritage culturel martiniquais, le ladjia.

 

De l’Afrique…

Danses religieuses, danses rituelles d’initiation, danse de la chasse, de réjouissances ou danses guerrières, l’auteur dresse une brève liste des célébrations des événements de la vie individuelle et collective. Chez les Fon (Bénin), danse Sakpata, danse Heviosso ou Dangbé célébrent le dieu de la terre (contre la variole), de la foudre ou le dieu Serpent. Au travers d’exemples, ici les danses des vodouns, Josy Michalon introduit le lecteur à l’art du mouvement négro-africain ainsi qu’aux principales formes qu’il revêt, le contexte ou la partie de la communauté qui est concernée. D’ordre économique ou simple divertissement, symbolisant le passage à un statut social ou religieux, une dizaine de pages saisissent la pluralité et les grands principes représentatifs des danses africaines.

L’auteur rappelle par la suite les origines fondatrices des royaumes du Bénin et la constitution d’un état moderne. Autour des peuples Adja, Fon, Goun, Houéda se sont constitués une multitude de royaumes principalement placés sous l’égide du Royaume du Dahomey après une série de guerres de successions. Colonie française au milieu du XIX° siècle, le Dahomey devient République Populaire du Bénin en 1975.

Et c’est dans le nord du Dahomey et de l’actuel Bénin que les basantchés trouvent refuge, fuyant le Ghana et les razzias esclavagistes. Guerriers, éleveurs et agriculteurs, ils vont très vite s’imposer et se développer dans une région un peu plus épargnée par la traite négrière, réaffirmant leur religion, leur culture.

Danse parmi d’autres le kadjia des basantchés est directement lié à la Fête de l’igname, le Kouperou (dont on trouve le pendant chez une autre ethnie, les kotokolis, ). Achevant une cérémonie importante, le kadjia demande la participation de toute la communauté. Dans une atmosphère de liesse collective, deux hommes ou femmes (elles, seulement jusqu’au mariage) se livrent un combat exaltant l’audace et la foi au son des tambours, des flûtes et des chants qui galvanisent les danseurs-lutteurs. Les femmes de la communauté composent le soir les chants et renouvellent constamment le répertoire. Composés d’un choeur et d’une partie solo, les chants peuvent être divisés en deux camps qui s’affrontent, prenant partie pour l’un ou l’autre lutteur. Traduisant certains chants et décrivant l’énergie du moment, l’auteur nous livre un instantané assez criant. Peuple à tradition guerrière, le basantché a ainsi développé une véritable arme de combat qui, transmise de générations en générations, prône la vivacité et la malice mais dont la pratique reste intimement liée à une célébration et à la musique.

 

…aux Antilles.

Tout comme au Brésil, la traite négrière a introduit aux Antilles, ici nous nous intéressons à la Martinique, des milliers d’esclaves de nationalités différentes.

 

«…Le déracinement, la déculturation, les conditions de vie, les transformaient en bétail à la merci des colons, leurs propriétaires. Bien que rebaptisés au nom du maître, nourris, habillés selon sa fantaisie, privés de leurs dieux, de leur musique, de leur danse, ils gardaient au plus profond d’eux-mêmes le souvenir de l’Afrique… » Josy Michalon

 

Et tout comme au Brésil et ses Quilombos, les communautés d’esclaves en fuite vont jouer un rôle déterminant dans la sauvegarde et la réappropriation des pratiques ancestrales. Le marronage va permettre, loin des habitations du maître de conserver au Ladjia, au Kalendé, au Belé tout leur caractère africain.

Vocable sûrement introduit par des esclaves béninois, l’histoire du ladjia commence à ces sources africaines et de même que le kadjia des basantchés, elle va mettre en valeur la souplesse, la force et l’inspiration des lutteurs pour en bénéficiant des apports de diverses ethnies devenir une manifestation spécifiquement martiniquaise. Longtemps dansé les soirs de paye et le dimanche, le ladjia suppose un chanteur, un batteur de tambour, un batteur de ti-bois et l’assistance qui reprend les refrains en choeur. Pas de lutte sans chant, le rôle du chanteur est tellement prépondérant que par ses improvisations, il peut faire perdre un lutteur. C’est un véritable dialogue entre les lutteurs et l’orchestre, à l’instar de la capoeira -malheureusement il arrive qu’on l’oublie-, où le langage chorégraphique peut varier selon l’inspiration et le talent du lutteur. Damié dans le nord, certains affirment que le ladjia originel y aurait perdu son efficacité et sa férocité et y aurait gagné un apport fantaisiste.

Ses origines, son développement et ses évolutions : l’étude du ladjia nous replace dans le contexte qui a vu le développement de la capoeira, c’est un apport conséquent à la compréhension des voies de transmission des traditions africaines malgré la déportation et l’oppression. Elle nous permet d’envisager de nouveau le processus d’assimilation de ces traditions ancestrales qui revêtent au Brésil comme aux Antilles, une forme spécifique. Ici aussi, les fondations sont issues de la syncrétisation des apports africains ; mais, car elles subissent l’influence européenne, la manifestation du Ladjia est typiquement Martiniquaise. L’auteur établit d’ailleurs, à la fin de son ouvrage un parrallèle avec la capoeira et le Chat’ou guadeloupéen.

 

« …Les choses cachées remonteront la pente des musiques endormies… » Aimé Césaire.

 

Source : http://www.capoeira-france.com/Articles/71/le-ladjia-origine-et-pratiques-josy-michalon

 

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Born of a desire to know the origins of the traditional dances of Martinique, « dance is a form of expression of identity, this study chooses the Benin, the Mecca of the slave trade – to the Caribbean but also from Brazil - to further sources of gestures and music. Josy Michalon it briefly discusses the main types of dances and the kingdoms of Benin, introduced Basantchés and wrestling kadjia and thereafter its cultural heritage from Martinique, the ladjia.

 

Africa …

Religious dances, ritual dances of initiation dance of hunting, war dances or celebrations, the author provides a brief list of celebration events of the individual and collective life. In Fon (Benin), Sakpata dance, dance or Hêviosso Dangbe celebrate the god of the earth (against smallpox), lightning or snake god. Through examples, the dances of voodoo here, Josy Michalon introduces the reader to the art of movement Negro-African as well as major forms, with the context or part of the community is concerned. Economic or mere entertainment, symbolizing the transition to a social or religious status, a dozen pages capture the plurality and the main principles of representative African dances.The author recalls the origins later founding of the kingdoms of Benin and the establishment of a modern state. Peoples around the Adja, Fon, Goun, Houéda have formed a multitude of kingdoms mainly under the auspices of the Kingdom of Dahomey after a series of wars of succession.

French colony in the mid-nineteenth century, Dahomey became People’s Republic of Benin in 1975.

And it is in the north of Dahomey and Benin that the current basantchés refuge, fleeing from Ghana and the slave raids. Warriors, herders and farmers, they will soon prevail and grow in an area a little more immune to the slave trade, reaffirming their religion, their culture.Dance among others kadjia of basantchés is directly linked to the Feast of yams, Kouperou (which we find the counterpart in another ethnic group, the Kotokoli,). Completing an important ceremony, the kadjia request the participation of the entire community. In an atmosphere of collective jubilation, two men or women (they only until marriage) are locked in a thrilling battle boldness and faith to the sound of drums, flutes and songs which galvanized the dancers, wrestlers. The women of the community up at night and constantly singing the phone book. Composed of a choir and a solo part, the songs can be divided into two competing camps, taking part for any wrestler. Translating some songs and describing the energy of the moment, the author gives us a snapshot rather glaring.

People in warrior tradition, the basantché has developed a weapon of combat, transmitted from generation to generation, promotes alertness and malice but whose practice is intimately linked to a celebration and music.

… West Indies.

Like Brazil, the slave trade brought to the Caribbean, here we are interested in Martinique, thousands of slaves from different nationalities.

 

« … The uprooting, cultural loss, living conditions, turned them into cattle thank you to the settlers, their owners. Although renamed the name of the master, fed, dressed in his fancy, deprived of their gods, their music, their dancing, they kept deep within themselves the memory of Africa … « Josy Michalon

And just as in Brazil and its Quilombos, communities of escaped slaves will play a key role in the preservation and recovery of traditional practices. Marronage will allow far from home to keep the master Ladjia at Kalenda at Bele all their African character.Word surely brought by slaves from Benin’s history begins with these ladjia and African sources as well as the kadjia basantchés, it will enhance flexibility, strength and inspiration of the wrestlers while receiving inputs from various ethnicities become an event specifically Martinique. Long dance night pay and Sunday, the ladjia assumes a singer, a drummer, a drummer ti-wood and assistance which incorporates the chorus in unison. No struggle without singing the role of the singer is so pervasive that by his improvisations, he can lose a fighter. It is a genuine dialogue between the wrestlers and the orchestra, like capoeira, unfortunately sometimes you forget-where the dance language can vary according to the inspiration and talent of the wrestler.

Damie in the north, some argue that the original ladjia would have lost its effectiveness and ferocity and would have won a fantastic contribution. Its origins, its development and its evolution: the study of ladjia we put in the context that has seen the development of capoeira is a substantial contribution to understanding the transmission routes of African traditions despite the deportation and oppression. It allows us to reconsider the process of assimilation of these traditions which are in Brazil and the West Indies, a specific form. Here too, the foundations are from the African syncretization contributions, but because they are influenced by European, the demonstration is typically Ladjia Martinique. The author also establishes, at the end of his book a follow parallel with capoeira and Chat’ou Guadeloupe.

« … The secret things ascend the slope music sleeping … » Aimé Césaire.

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