Madinina, L'île aux fleurs, l'île des revenants, chalè, chalè !!!

Fruit présenté : Pomme Canelle

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18 novembre, 2010

Le Ladjia

Classé dans : — CATORC Charles @ 18:12

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Née du souci de connaître les origines des danses traditionnelles de la Martinique, « la danse étant un mode d’expression de l’identité », cette étude choisit le Bénin, haut lieu de la traite négrière – à destination des Antilles mais aussi du Brésil- afin d’approfondir les sources d’une gestuelle et d’une musique. Josy Michalon y évoque succintement les grandes familles de danses et les royaumes du Bénin, introduit les Basantchés et la lutte traditionnelle kadjia puis par la suite son héritage culturel martiniquais, le ladjia.

 

De l’Afrique…

Danses religieuses, danses rituelles d’initiation, danse de la chasse, de réjouissances ou danses guerrières, l’auteur dresse une brève liste des célébrations des événements de la vie individuelle et collective. Chez les Fon (Bénin), danse Sakpata, danse Heviosso ou Dangbé célébrent le dieu de la terre (contre la variole), de la foudre ou le dieu Serpent. Au travers d’exemples, ici les danses des vodouns, Josy Michalon introduit le lecteur à l’art du mouvement négro-africain ainsi qu’aux principales formes qu’il revêt, le contexte ou la partie de la communauté qui est concernée. D’ordre économique ou simple divertissement, symbolisant le passage à un statut social ou religieux, une dizaine de pages saisissent la pluralité et les grands principes représentatifs des danses africaines.

L’auteur rappelle par la suite les origines fondatrices des royaumes du Bénin et la constitution d’un état moderne. Autour des peuples Adja, Fon, Goun, Houéda se sont constitués une multitude de royaumes principalement placés sous l’égide du Royaume du Dahomey après une série de guerres de successions. Colonie française au milieu du XIX° siècle, le Dahomey devient République Populaire du Bénin en 1975.

Et c’est dans le nord du Dahomey et de l’actuel Bénin que les basantchés trouvent refuge, fuyant le Ghana et les razzias esclavagistes. Guerriers, éleveurs et agriculteurs, ils vont très vite s’imposer et se développer dans une région un peu plus épargnée par la traite négrière, réaffirmant leur religion, leur culture.

Danse parmi d’autres le kadjia des basantchés est directement lié à la Fête de l’igname, le Kouperou (dont on trouve le pendant chez une autre ethnie, les kotokolis, ). Achevant une cérémonie importante, le kadjia demande la participation de toute la communauté. Dans une atmosphère de liesse collective, deux hommes ou femmes (elles, seulement jusqu’au mariage) se livrent un combat exaltant l’audace et la foi au son des tambours, des flûtes et des chants qui galvanisent les danseurs-lutteurs. Les femmes de la communauté composent le soir les chants et renouvellent constamment le répertoire. Composés d’un choeur et d’une partie solo, les chants peuvent être divisés en deux camps qui s’affrontent, prenant partie pour l’un ou l’autre lutteur. Traduisant certains chants et décrivant l’énergie du moment, l’auteur nous livre un instantané assez criant. Peuple à tradition guerrière, le basantché a ainsi développé une véritable arme de combat qui, transmise de générations en générations, prône la vivacité et la malice mais dont la pratique reste intimement liée à une célébration et à la musique.

 

…aux Antilles.

Tout comme au Brésil, la traite négrière a introduit aux Antilles, ici nous nous intéressons à la Martinique, des milliers d’esclaves de nationalités différentes.

 

«…Le déracinement, la déculturation, les conditions de vie, les transformaient en bétail à la merci des colons, leurs propriétaires. Bien que rebaptisés au nom du maître, nourris, habillés selon sa fantaisie, privés de leurs dieux, de leur musique, de leur danse, ils gardaient au plus profond d’eux-mêmes le souvenir de l’Afrique… » Josy Michalon

 

Et tout comme au Brésil et ses Quilombos, les communautés d’esclaves en fuite vont jouer un rôle déterminant dans la sauvegarde et la réappropriation des pratiques ancestrales. Le marronage va permettre, loin des habitations du maître de conserver au Ladjia, au Kalendé, au Belé tout leur caractère africain.

Vocable sûrement introduit par des esclaves béninois, l’histoire du ladjia commence à ces sources africaines et de même que le kadjia des basantchés, elle va mettre en valeur la souplesse, la force et l’inspiration des lutteurs pour en bénéficiant des apports de diverses ethnies devenir une manifestation spécifiquement martiniquaise. Longtemps dansé les soirs de paye et le dimanche, le ladjia suppose un chanteur, un batteur de tambour, un batteur de ti-bois et l’assistance qui reprend les refrains en choeur. Pas de lutte sans chant, le rôle du chanteur est tellement prépondérant que par ses improvisations, il peut faire perdre un lutteur. C’est un véritable dialogue entre les lutteurs et l’orchestre, à l’instar de la capoeira -malheureusement il arrive qu’on l’oublie-, où le langage chorégraphique peut varier selon l’inspiration et le talent du lutteur. Damié dans le nord, certains affirment que le ladjia originel y aurait perdu son efficacité et sa férocité et y aurait gagné un apport fantaisiste.

Ses origines, son développement et ses évolutions : l’étude du ladjia nous replace dans le contexte qui a vu le développement de la capoeira, c’est un apport conséquent à la compréhension des voies de transmission des traditions africaines malgré la déportation et l’oppression. Elle nous permet d’envisager de nouveau le processus d’assimilation de ces traditions ancestrales qui revêtent au Brésil comme aux Antilles, une forme spécifique. Ici aussi, les fondations sont issues de la syncrétisation des apports africains ; mais, car elles subissent l’influence européenne, la manifestation du Ladjia est typiquement Martiniquaise. L’auteur établit d’ailleurs, à la fin de son ouvrage un parrallèle avec la capoeira et le Chat’ou guadeloupéen.

 

« …Les choses cachées remonteront la pente des musiques endormies… » Aimé Césaire.

 

Source : http://www.capoeira-france.com/Articles/71/le-ladjia-origine-et-pratiques-josy-michalon

 

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Born of a desire to know the origins of the traditional dances of Martinique, « dance is a form of expression of identity, this study chooses the Benin, the Mecca of the slave trade – to the Caribbean but also from Brazil - to further sources of gestures and music. Josy Michalon it briefly discusses the main types of dances and the kingdoms of Benin, introduced Basantchés and wrestling kadjia and thereafter its cultural heritage from Martinique, the ladjia.

 

Africa …

Religious dances, ritual dances of initiation dance of hunting, war dances or celebrations, the author provides a brief list of celebration events of the individual and collective life. In Fon (Benin), Sakpata dance, dance or Hêviosso Dangbe celebrate the god of the earth (against smallpox), lightning or snake god. Through examples, the dances of voodoo here, Josy Michalon introduces the reader to the art of movement Negro-African as well as major forms, with the context or part of the community is concerned. Economic or mere entertainment, symbolizing the transition to a social or religious status, a dozen pages capture the plurality and the main principles of representative African dances.The author recalls the origins later founding of the kingdoms of Benin and the establishment of a modern state. Peoples around the Adja, Fon, Goun, Houéda have formed a multitude of kingdoms mainly under the auspices of the Kingdom of Dahomey after a series of wars of succession.

French colony in the mid-nineteenth century, Dahomey became People’s Republic of Benin in 1975.

And it is in the north of Dahomey and Benin that the current basantchés refuge, fleeing from Ghana and the slave raids. Warriors, herders and farmers, they will soon prevail and grow in an area a little more immune to the slave trade, reaffirming their religion, their culture.Dance among others kadjia of basantchés is directly linked to the Feast of yams, Kouperou (which we find the counterpart in another ethnic group, the Kotokoli,). Completing an important ceremony, the kadjia request the participation of the entire community. In an atmosphere of collective jubilation, two men or women (they only until marriage) are locked in a thrilling battle boldness and faith to the sound of drums, flutes and songs which galvanized the dancers, wrestlers. The women of the community up at night and constantly singing the phone book. Composed of a choir and a solo part, the songs can be divided into two competing camps, taking part for any wrestler. Translating some songs and describing the energy of the moment, the author gives us a snapshot rather glaring.

People in warrior tradition, the basantché has developed a weapon of combat, transmitted from generation to generation, promotes alertness and malice but whose practice is intimately linked to a celebration and music.

… West Indies.

Like Brazil, the slave trade brought to the Caribbean, here we are interested in Martinique, thousands of slaves from different nationalities.

 

« … The uprooting, cultural loss, living conditions, turned them into cattle thank you to the settlers, their owners. Although renamed the name of the master, fed, dressed in his fancy, deprived of their gods, their music, their dancing, they kept deep within themselves the memory of Africa … « Josy Michalon

And just as in Brazil and its Quilombos, communities of escaped slaves will play a key role in the preservation and recovery of traditional practices. Marronage will allow far from home to keep the master Ladjia at Kalenda at Bele all their African character.Word surely brought by slaves from Benin’s history begins with these ladjia and African sources as well as the kadjia basantchés, it will enhance flexibility, strength and inspiration of the wrestlers while receiving inputs from various ethnicities become an event specifically Martinique. Long dance night pay and Sunday, the ladjia assumes a singer, a drummer, a drummer ti-wood and assistance which incorporates the chorus in unison. No struggle without singing the role of the singer is so pervasive that by his improvisations, he can lose a fighter. It is a genuine dialogue between the wrestlers and the orchestra, like capoeira, unfortunately sometimes you forget-where the dance language can vary according to the inspiration and talent of the wrestler.

Damie in the north, some argue that the original ladjia would have lost its effectiveness and ferocity and would have won a fantastic contribution. Its origins, its development and its evolution: the study of ladjia we put in the context that has seen the development of capoeira is a substantial contribution to understanding the transmission routes of African traditions despite the deportation and oppression. It allows us to reconsider the process of assimilation of these traditions which are in Brazil and the West Indies, a specific form. Here too, the foundations are from the African syncretization contributions, but because they are influenced by European, the demonstration is typically Ladjia Martinique. The author also establishes, at the end of his book a follow parallel with capoeira and Chat’ou Guadeloupe.

« … The secret things ascend the slope music sleeping … » Aimé Césaire.

27 octobre, 2010

Quelques personnages célèbres de Madinina

Classé dans : Histoire de Madinina,La Culture de Madinina — CATORC Charles @ 18:32

aim.bmpAimé Césaire (1913-2008) : Professeur de lettres, maire de la ville de 1945 à 2001, l’un des plus grands écrivains et poètes antillais et un des pères fondateurs de la négritude.

 

chamoiseau.bmpPatrick Chamoiseau (1953-) : Ecrivain, « An tan d’enfance » – Prix Carbet 90, « Texaco » – Prix Goncourt en 1992.

 

confiant.bmpRaphaël Confiant, « L’Allée des Soupirs » – Prix Carbet 94, « Morne Pichevin »…

 

duquesnay.bmpVictor Sévère (1867-1957) : Avocat, plusieurs fois maire de Fort-de-France entre 1900 et 1945.

 

camille.bmpCamille Darsières (1932-2006) : Avocat, ancien député et Président du Conseil régional de Martinique.

 

cyrille.bmpCyrille Bissette (1795-1858) : L’un des pères de l’abolition de l’esclavage en Martinique et député de 1848 à 1851.

 

schoelcher.bmpVictor Schoelcher (1804-1893) : Sous-secrétaire d’Etat à la Marine et aux Colonies lors de la révolution de 1848, il signe le 27 avril 1848 le décret définitif d’abolition de l’esclavage

 

aliker.bmpPierre Aliker (1907-) : Médecin, 1er adjoint au maire de Fort-de-France de 1957 à 2001.

 

fanon.bmpFrantz Fanon (1925-1961) : Médecin et écrivain, auteur de Peaux noires, masques blancs.

 

renmaran.bmpRené Maran (1887-1960) : Ecrivain, Prix Goncourt en 1921.

 

duquesnay.bmpOsman Duquesnay (1846-1923) : Médecin, député et maire de Fort de France de 1888 à 1896.

 

Ernest Deproge (1850-1921) : Avocat, président du Conseil Général et député de 1882 à 1898.

 

Emile Maurice (1910-1993) : Enseignant, président du Conseil Général de 1970 à 1992.

 

sabl.bmpVictor Sablé (1911-1997) : Avocat, sénateur, député de la Martinique de 1958 à 1986.

8 juillet, 2010

Camille DARSIERES

Classé dans : — CATORC Charles @ 12:18

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Camille Darsières (né le 19 mai1932 à Fort-de-France décéda le 14 décembre 2006) à Fort de France. Avocat et homme politique martiniquais , partisan de l’autonomie, Camille Darsieres fut député de la Martinique de 1993 à 2002 .

Né dans une famille de la bourgeoisie foyalaise (sa mère, Renée Daniel, était bijoutière et son père, Louis Appoline Darsières, était inspecteur des contributions à Fort de France, on lui a souvent reproché ses origines, précisément parce qu’il était l’avocat des plus humbles. Cadet d’une famille de trois enfants, son frère ainé Maurice Darsières a été Docteur en chirurgie dentaire à Paris (7ème) et sa soeur Simone Darsières mourut à 13 ans de maladie, ce qui le marqua énormément. Camille Darsieres épousa en première noce Julotte Sylvestre dont il n’eut pas d’enfants, puis en seconde noces, Henrie Wiltord avec qui il eut deux fils Olivier et Youri, et en troisième noce Jeannie Pied , avec qui il n’eut pas d’enfants, mais qui partagea avec lui sa passion de la politique et l’accompagna jusqu’à la mort. Son fils Olivier mourut 1 an avant lui, de maladie.

Brillant étudiant, il effectua ses études supérieures à l’université de Toulouse . Titulaire d’un doctorat en droit, à son retour dans son île natale, il s’inscrit comme avocat au barreau de Fort-de-France. Il fut aussi ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de la Martinique et président du conseil d’administration du Centre Hospitalier Universitaire de Fort de France.

Camille Darsières s’engage en politique en 1959 et adhère au Parti progressiste martiniquais (PPM) parti fondé par Aimé Césaire et en devient Secrétaire général de 1970 à 1999.

  • Conseiller général du 6e canton de Fort-de-France de 1961 à 1992.

  • Conseiller municipal de Fort-de-France de 1965 à 2001 et 2e adjoint au maire.

  • Conseiller régional de 1983 à 2004.

  • Premier vice-président du conseil régional de la Martinique de 1983 à 1986.

  • Président du conseil régional de la Martinique de 1986 à 1992.

  • Député de la 3e troisième circonscription de la Martinique de 1993 à 2002.

 

ÉTAT CIVIL
    M. Camille DarsièresNé le 19 mai 1932 à Fort-De-France ( Martinique )

    INFORMATIONS GÉNÉRALES

    Circonscription d’élection : Martinique (3ème)

      Profession : Avocat
    MANDAT À L’ASSEMBLÉE NATIONALE
      RÉÉLU le 01/06/1997Date de début de mandat : 01/06/1997 ( élections générales )Fin du mandat au : 18/06/2002 ( Fin de législature )
    ANCIENS MANDATS ET FONCTIONS A L’ASSEMBLÉE NATIONALE
      ÉLU le 28/03/1993Mandat du 02/04/1993 ( élections générales ) au 21/04/1997 ( Fin de législature )RÉÉLU le 01/06/1997Mandat du 01/06/1997 ( élections générales ) au 18/06/2002 ( Fin de législature )

      Commission de la production et des échanges

      Membre (05/03/1996 – 18/03/1996)

      Commission des affaires culturelles, familiales et sociales

      Membre (14/06/1994 – 01/07/1994)

      Membre (08/04/1998 – 08/04/1998)

      Commission des affaires étrangères

      Membre (08/05/1996 – 15/05/1996)

      Commission des finances, de l’économie générale et du Plan

      Membre (06/12/1994 – 07/12/1994)

      Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République

      Membre (08/04/1993 – 13/06/1994)

      Membre (02/07/1994 – 05/12/1994)

      Membre (08/12/1994 – 04/03/1996)

      Membre (19/03/1996 – 07/05/1996)

      Membre (16/05/1996 – 21/04/1997)

      Membre (13/06/1997 – 07/04/1998)

      Membre (09/04/1998 – 18/06/2002)

      Délégation de l’Assemblée nationale pour les communautés européennes

      Membre (14/04/1993 – 10/06/1994)

      Délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne

      Membre (19/06/1997 – 24/06/1997)

      Membre (26/06/1997 – 24/03/1999)

      Membre (26/03/1999 – 11/10/2001)

      Membre (12/10/2001 – 12/12/2001)

      Membre (12/10/2001 – 18/06/2002)

      Délégation de l’Assemblée nationale pour l’union européenne

      Membre (11/06/1994 – 21/04/1997)

       

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L’existence de la nation martiniquaise selon Camille Darsières

Camille Darsières est l’auteur d’un essai politique monumental intitulé : »Des origines de la nation martiniquaise » publié en 1974 dans lequel il développe un argumentaire tendant à prouvant l’existence d’une nation martiniquaise :

« Que nous soyons Martiniquais nous paraît d’évidence… Martiniquais nous le sommes par la géographie…Martiniquais nous le sommes par l’histoire… Martiniquais nous le sommes par les composantes de notre peuple… Martiniquais nous le sommes parce que nos intérêts économiques sont distincts des intérêts économiques de la France… Martiniquais nous le sommes jusque dans ce parler Créole… Et tous ces facteurs divers ont, nécessairement, forgé une culture qui, pour être fortement influencée par la culture européenne, culture imposée, enseignée, vulgarisée officiellement, n’en est pas moins une culture originale, dans laquelle entrent aussi des composantes africaines et indiennes… En vérité que nous manque-t-il, dès lors, pour être la nation martiniquaise? Rien, absolument rien. Si ce n’est de cesser d’avoir peur des mots ».[1]

« S’il est une donnée, à mon sens insusceptible de discussion sérieuse, c’est bien que le peuple martiniquais forme une nation …En sorte notre chance, à nous Martiniquais, c’est de n’être tout à fait, ni de culture européenne, ni de culture africaine, ni de culture indienne, mais d’une culture qui résulte d’un mixage de plusieurs, chacune, de façon délibérée ou inconsciente, reçue et digérée à notre manière… Pour tout dire : nous ne sommes pas, ou ne sommes plus, un peu de ceci, un peu de cela, un peu de cet autre encore… Nous sommes des êtres nouveaux, des Martiniquais, vivant, que l’État français le conçoive ou pas, dans un ensemble français plurinational… Il n’est pas question de revendiquer, par ce biais l’indépendance de notre pays qui livrerait notre peuple, nu, table rase de tout acquis, sans la moindre protection ni le moindre atout, à un néo-colonialisme d’autant plus tenace que nous l’aurions, objectivement, mis en place, sans possibilité d’un retour en arrière. C’est d’une région Martinique autonome, dans une France décentralisée qu’il est question, d’une nation martiniquaise se développant librement dans une France fédérée plurinationale« .

Ce grand érudit martiniquais et passionné par l’histoire de son pays est l’auteur de :

  • Des origines de la nation martiniquaise, éditions Désormeaux, 1974.

  • Joseph Lagrosillière, socialiste colonial, biographie en 3 tomes, éditions Désormeaux, 1999 – Tome 1: « Les années pures, 1872-1919″,

  • Tome 2: « Les années dures, 1920-1931″, Tome 3: « La remontée, 1932-1950″.

  • Écrits Politiques.

Il a également écrit de nombreux articles dans Le Progressiste dont il était le rédacteur en chef.

 

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Espace Camille DARSIERES – ex-Palais de Justice de FFce

39ème Festival de Fort de France « Résonnances » – Pierre ALIKER

Classé dans : La Culture de Madinina — CATORC Charles @ 11:46

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39ème Festival culturel de la Ville de Fort-de-France.

 Du 9 au 26 juillet, la Ville Capitale organise son 39ème festival culturel. Hommage au docteur Pierre Aliker, ce temps fort du calendrier des arts promet de grands moments d’émotion.

Place de l’Enregistrement, derrière l’espace culturel Camille Darsières, à Fort-de-France, la présentation officielle du 39ème festival culturel de la ville de Fort-de-France a été faite. Une présentation gênée par la pluie et animée par le groupe Kanel.

« Par ma voix, Fort-de-France, exprime sa tendresse infinie et sa reconnaissance sans bornes à une immense stature, celle du docteur Pierre Aliker. Une figure magnifique, tellement unique, puits sans fond de connaissances et de cultures où résonnent distinctement des leçons d’excellence, mais aussi des leçons d’expériences qui doivent servir de socle à notre peuple martiniquais » , déclarait le premier magistrat, Raymond Saint-Louis-Augustin. Deux semaines durant, la ville capitale va vibrer de mille « Résonnances ».

Pierre Aliker (né le 9 février 1907 au Lamentin en Martinique) est médecin et homme politique français de Martinique partisan de l’autonomie de son île. Il est aussi co-fondateur du Parti progressiste martiniquais.

Étudiant en médecine, Pierre Aliker est le premier martiniquais interne des Hôpitaux de Paris. En 1938, titulaire d’un doctorat en médecine, spécialité chirurgie, il retourne en Martinique et exerce le métier de chirurgien.

Il est le frère d’André Aliker, journaliste du journal Justice, assassiné en 1934 dont il porte encore le deuil en s’habillant symboliquement de blanc.

En 1945, il s’engage en politique auprès d’Aimé Césaire, et figure sur la liste communiste conduite par ce dernier aux élections municipales à Fort-de-France. Aimé Césaire remporte brillamment les municipales et devient maire de Fort-de-France en 1945. Pierre Aliker devient logiquement l’un de ses adjoints.

Le 28 mars 1958, Pierre Aliker fonde avec Aimé Césaire un nouveau parti politique, le PPM (Parti progressiste martiniquais) dont le mot d’ordre est une région Martinique autonome dans un ensemble français décentralisé. Pierre Aliker devient le vice-président du PPM, fonction qu’il occupera jusqu’au 17e congrès du parti en 2005.

Pierre Aliker est premier adjoint au maire de Fort-de-France de 1957 à 2001.
Il est conseiller général du canton 3 de Fort-de-France de 1958 à 1970.

Pierre Aliker est également à l’origine du SICEM (Syndicat intercommunal du Centre de la Martinique) qu’il présidera de 1997 à 2001. Le SICEM devient le 27 décembre 2000 la CACEM (Communauté d’agglomération du Centre de la Martinique).

En mars 2001, après avoir dirigé la ville de Fort-de-France durant 56 ans, Aimé Césaire et Pierre Aliker annoncent qu’ils ne brigueront pas un nouveau mandat et soutiennent Serge Letchimy, candidat PPM aux élections municipales de 2001.

Pierre Aliker a été le bras droit d’Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France pendant plus d’un demi-siècle. Lorsqu’on lui demande les raisons de la longévité de cette collaboration, il explique que c’est parce que nous avons comme étoile polaire une citation de Karl Marx qui dit : « Il ne faut jamais permettre que l’intérêt général soit noyé dans les eaux glacées des intérêts privés« .

Le 9 février 2007, lors de ses 100 ans, la municipalité de Fort-de-France décide de baptiser le stade de Dillon à Fort-de-France (16 000 places), stade municipal Pierre Aliker, lui rendant ainsi hommage.

Le 20 avril 2008, dans le stade portant son nom, il rend un dernier et poignant hommage à son ami et compagnon de lutte, Aimé Césaire, lors des obsèques de ce dernier, et rappelle dignement, en présence du Président de la République et de nombreux ministres, que « les meilleurs spécialistes des affaires martiniquaises, ce sont les Martiniquais« [1], recueillant une pluie d’applaudissements. Après son vibrant discours, il a été salué par une standing ovation.

Le 31 janvier 2009, il se mariera avec Marcelle Landry, née en 1929, une patiente rencontrée soixante ans plus tôt et avec laquelle il vivait depuis. 

Téléchargez le programme du festival 2010

Les points de vente des billets : Théâtre municipal (0596.59.43.29), Grand Carbet (0596.60.07.91), Crash Games (Fort-de-France, Lamentin, centre commercial La Véranda), Médiaserv (Place d’Armes, Lamentin) et Vitaform (Trinité). Contact : 0596.64.97.00. Plus d’infos : www.fortdefrance.fr.

Télécharger le programme du festival :

 39ème Festival de Fort de France fdf5084105telechargezicileprogrammedufestival20101.pdf

La nouvelle édilité de Foyal

Classé dans : Fort de France, Ville Capitale — CATORC Charles @ 10:11

Raymond Saint-Louis Augustin

Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN  (2010 – )

Le 07 avril 2010, Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN a quitter son rôle de premier adjoint pour devenir le nouveau de maire de Fort-de-France en remplacement de Serge LETCHIMY jusqu’en 2014.

Raymond Saint-Louis-Augustin est aujourd’hui âgé de 69 ans. Il a été élu pour la première fois conseiller municipal de la ville de Fort-de-France en 1983. Il travaille alors au côté d’Aimé Césaire. Pour les municipales de 2001, Serge Letchimy est désigné comme tête de liste pour le PPM. C’est donc tout naturellement que Raymond Saint-Louis-Augustin fait campagne aux côté du dauphin et il est élu 1er adjoint. Une place qu’il conserve aux dernières municipales de 2008. Aujourd’hui, c’est le fauteuil de maire de la ville capitale qu’il occupe.

Le conseil municipal de Fort-de-France a désigné, jeudi, Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN, comme nouveau maire de Fort-de-France, après la démission du député DVG Serge Letchimy. Élu le 26 mars à la présidence du conseil régional de la Martinique, ce dernier était touché par la loi sur le cumul des mandats.

Pour être un homme discret, Raymond Saint-Louis Augustin n’en est pas pour autant un débutant de la vie municipale.

Ancien psychologue scolaire, et homme de culture, l’adjoint au Maire d’Aimé Césaire devient en 2001 le 1er adjoint de Serge Letchimy, renouvelé dans ces fonctions en 2008.

A travers cette proposition, Serge Letchimy et sa majorité ont sans doute fait le choix de la sagesse d’un homme, mais également celui de la paix au sein d’une équipe que toute autre désignation (il y eut quelques rumeurs autour des noms de Yvon Pacquit et Catherine Conconne notamment) aurait sans doute fortement divisée.

Né au quartier l’Entraide le 16 Novembre 1940 à Fort de France, d’un père saléen et d’une mère originaire du Précheur, Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN est l’ainé d’une fratrie de quatre garçons, Il a vécu onze ans à Terres Sainville, puis à la rue Perrinon au N°73. Scolarisé à l’école d’application des Terres Sainville, puis au cours complémentaire, il rejoint le lycée Schoelcher duquel il sort nanti du baccalauréat Sciences Expérimentales.

Sa vie professionnelle

Il rejoint en 1960, l’école normale  de Croix Rivail (Château Aubéry) afin de devenir instituteur. Il enseignera pour des élèves de CM2 au François, puis de 4ème et 3ème  aux collèges du Vauclin, de Redoute et de Corridon avant de partir en 1967 pour l’université de Bordeaux pour des études de psychologie.
Ses quarante cinq années de vie professionnelle seront consacrées principalement aux   écoliers, à leurs parents, à ses collègues enseignants puisqu’il exercera au sein de l’Education Nationale, la fonction de psychologue scolaire.

Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN s’ouvrira à la psychosociologie au Centre d’Etude de Documentation, d’Information et de Formation, le CEDIF, puis à la psychanalyse (il est membre fondateur du groupe Antillais de Recherches et d’Etudes Psychanalytique) et enfin à la Gestalt thérapie. Ses différentes activités dans les milieux associatifs et sociaux vont l’amener à développer une connaissance vive des gens, des milieux avec un sens aigu de la  relation à autrui, mais l’amèneront aussi à participer à la formation des enseignants spécialisés (Guadeloupe, Guyane, Martinique) à l’Ecole Normale de Pointe des Nègres. Il est retraité de l’Education Nationale depuis Septembre 2005. 

Sa vie politique

C’est en 1983 qu’il prend place au Conseil Municipal de la ville de Fort de France conduit par Aimé Césaire. Le 12 Mars 1989, il devient le quinzième adjoint au Maire et lors de son troisième mandat de 1995 à 2001, Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN est le neuvième adjoint au maire de Fort de France. Et c’est avec fierté et dévouement qu’il participe au développement de Fort de France conduit par Aimé Césaire et Pierre Aliker. 

C’est ainsi qu’outre sa participation effective à de nombreuses commissions municipales (Urbanisme, Culture, Dénomination de voies, Commission d’appel d’offres, Logement, Education), Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN assure la Présidence déléguée du CCAS, le Centre Communal d’Actions Sociales, la Présidence de l’ADUAM, la présidence de l’Office de Tourisme de Fort de France, ainsi que celle de la SEMAFF, la Société d’Economie Mixte d’Aménagement de Fort de France.   En outre il représente la ville au sein d’un certain nombre d’organismes extérieurs (Commission  portuaire des installations de plaisance, la commission permanente d’enquête du Port de Plaisance, l’Office départementale  du Tourisme de la Martinique, la Commission  Schéma d’Aménagement Régional, au Conseil d’Administration de l’AMEP et du lycée professionnel de Chateauboeuf, Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN représente la ville à l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, il est officier de réserve.

C’est en mairie qu’il rencontre Serge Letchimy, alors que celui-ci est Directeur du Service d’Urbanisme, mais c’est à la SEMAFF que les deux hommes apprendront à se connaitre et à s’apprécier. Serge Letchimy  assurera la Direction de la Société d’Economie Mixte d’Aménagement de Fort de France, de sa création en juillet 1988 jusqu’à 2001, tandis que Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN, lui, d’abord vice président, sera ensuite nommé à   la présidence de 1996 à 2008.

En 2001 Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN figure sur la liste conduite par Serge Letchimy élue le 18 Mars et est nommé premier adjoint au maire, poste occupé jusqu’au 07 Avril. Il continue à participer à de nombreuses commissions municipales,  à assurer la vice présidence du SDIS, Service Départemental d’Incendie et de Secours, mais conduit plus particulièrement les missions qui lui seront confiées comme en 2001, Les Risques Majeurs, le Ravalement des Façades, puis en 2008 la Commission Personnes âgées associée à la Mission Personnes Agées et  Handicap. 

Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN un homme passionné de Culture

Tous les amoureux de la culture l’ont forcément croisé à l’Atrium,  au SERMAC, bref dans tous les grands rendez vous culturels. Les danseurs de Haute Taille du quartier Perriolat au François se souviennent encore de ses débuts, et gageons que ses amis de l’AM4 pourront encore bénéficier de ses talents de chanteur de lavwadèyè.
Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN est aussi l’homme des grands rendez vous historiques de Fort de France, puisque c’est lui qui représente la ville à Nantes à l’occasion de la manifestation « Les anneaux de la Mémoire » de même qu’il a été porteur du message adressé par Aimé Césaire à l’ile de Gorée au Sénégal en 2005, lors du festival de la diaspora noire.

Vie de famille
Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN, adepte des arts martiaux,  est le papa de trois grandes filles, le grand père de Axel et de  Manon, et est le « granman » de Mathys le petit fils de sa compagne.

La nouvelle édilité de Foyal dans Fort de France, Ville Capitale

Investiture de Raymond SAINT-LOUIS AUGUSTIN 

Le successeur de Serge Letchimy entend continuer les lourds travaux entamés par Aimé Césaire et Pierre Aliker pour faire de notre chef-lieu l’une des plus belles villes de France.

Il a donc du pain sur la planche vu l’état de certains grands chantiers entamés par son prédécesseur: petite allusion d’ailleurs à la Savane, par exemple, où les travaux semblent s’éterniser.

Nonobstant, c’est pour une durée de quatre ans que le nouveau locataire de l’hôtel de ville dit s’être engagé.

Il devrait, en mars 2014, remettre les clefs de l’édilité à Serge Letchimy, qui rappelons-le, a promis à ses électeurs foyalais de ne pas les abandonner.

9 juin, 2009

Culture of Madinina

Classé dans : — CATORC Charles @ 18:48

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Communal Feasts, fighting cocks, vigils, cultural « Lewoz » (guadeloupe) The wake, Indian Feasts, the Feast of cookers, Racing Hitches Tie rods (guadeloupe), are all opportunities that you will be offered throughout the year at any time to appreciate the vitality of the traditions of our islands.
 

Creole

The word Creole comes from the Portuguese crioullo. It means, originally, whites born in the colonies of the American Caribbean and Indian Ocean. It also means « talk », from the mixture of several languages, such as the french, Spanish, Portuguese, English with indigenous languages (Caribbean) and African imported.
Creole is spoken in the Caribbean, Haiti in the Grenadines, with slight variations from one island to another. Thus the inhabitants of French islands, Dutch or English, different official languages, separated by thousands of miles easily able to understand and communicate.

Spoken language, it is based on oral tradition and conveyed by the story which, in the evening, young and old gathered to hear tales and stories of tradition.

It’s more than a language, it is also a way of life and history of a people, referring to both Africa and slavery, but also dance, music, islands, Day …

Hissing, singing, while vowels and without asperity, with words for lying, where the « R » turn into « W » to make the whole even more languid, Creole some enamel both pure idioms is the hyphen between the islands until the meeting.

This language is full of flavors, smells, colors and images. That’s probably why the place has a Creole increasingly important in world literature.

In this regard Creole is a movement initiated by authors such as Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant and Jean Bernabé, in which the literature is also history, sociology, reality and consciousness of a people. At the root of other authors like Aimé Césaire and Edouard Glissant have laid the foundations of Creole insisting on taking the whole of the Caribbean culture. The authors Caribbean feel with a mission to defend and promote Creole.

Music

The music is typical Martinique. The beguine is its essential product, but the waltz and mazurka dances also animate because Martiniquais have a special predilection for dance.

Gastronomy

Rich and varied in flavor and effect of the history of the Antilles, Martinique cuisine is a subtle mixture, resulting from both the kitchen Caribbean, African, French, not to mention the Hindu influence.

Here is a culinary glossary:

Accras: cod fritters with fresh herbs.
Bananas: to distinguish bananas vegetables to cook fruits and bananas.
Belela: tasty dish made of tripe, bread fruit, small green bananas and Dombre.
Blaffer: dish of fish or seafood cooked in spicy water, a sort of court-bouillon.
Blanc manger: dessert prepared with coconut milk and gelatin.
Calalou : soup of crab, okra, leaf and Madeira ciguine.
Chatrou: octopus.
Christophine: under the aspect of a pear bumpy and pale yellow, very popular vegetable that is eaten as a salad or gratin.
Chiquetaille: shredded cod served vinaigrette.
Chou coco: coconut heart that is eaten raw.
Colombo: curry chicken, pork or Cabrit, the sauce of coriander, cumin, black pepper, mustard, turmeric, ginger and chilli (both India).
Cassava or manioc: staple foods of the Caribbean.
Bread Fruit: fruit the size of a melon.
Giraumon : name of pumpkin in the West.
Lambis: wholesale shells.
Ouassous: river crayfish.
Maracudja: passion fruit.
Ferocious lawyers, lawyers, grilled cod, cassava flour and chilli.

 Cockfights

Imported in the West by the Spanish conquistadors, they remain in Martinique and honor are very popular. They take place from November to July in gallodromes or pitts (the word of Irish origin, means the arena). It is not unusual to see tourists with passion bet on cockfights, which are struggling sometimes to death. The meetings are usually held on Saturday afternoon and Sunday.

Coaches are paid to gold stars for these pampered birds because of the fighting cock are of gambling, where the sums involved are very important. Each rooster has its pedigree and can be worth up to eight thousand francs. Like a thoroughbred, it is massaged, trained and fed with mash-rich proteins whose composition remains the secret of the coach, then he is thrown into the arena. The winner is declared champion and his side will rise before falling, and a single fatal blow to the throat during a fight next. The loser will go to pot in the most total ingratitude.

As well as competitions couplers drafts of steers (Guadeloupe), offer new sensations with the potential punters.

Celebrations, Holidays and Events

The holidays are the same in the mainland. Mardi Gras is considered a holiday.
Martinique has some particularly important festivals: Carnival, the last week of February and 1st week of March, the feast of the Ranges in August, All Saints. The celebration of Victor Schoelcher, July 21, commemorates the abolition of slavery.
 

Easter

Good Friday is a religious festival is highly respected in the West. It results in long processions to shrines of villages and communes de la Martinique. As a sign of mourning, the bells do not ring, a kind of instrument made of wood, the rara, which rotates with a stick, calling the faithful to vespers.
Once the next day, the Saturday « gloria », alarm bells in a crowd of people threw into the water or washed her face, and each watered his house to be lucky all year.

Easter Monday is the day of celebration par excellence. We went to the beach or the river to swim, play music, have fun and enjoy punches, salad of cucumbers, tomatoes and eggs, chiquetaille cod fierce (lawyer and spiced cassava flour) and especially matoutou the crab, delicious mixture of rice and land crabs. 
 
La Toussaint

On the evening of All Saints you attend a unique show. Just as in the churches the faithful light candles and candles for the dead as well, that evening, cemeteries are lit by thousands of lighted candles on the tombs to light up the dead which were guarded all night by their relatives.
 

Christmas

The evening of December 24 is one of the most beautiful and most cheerful of the year. Families gather to sing, dance and eat.
The traditional hymns have taken to Martinique and Guadeloupe to the rhythms of waltzes, bel air, of mazouks and beguine. The words are strictly adhered to, but the pace is African or Caribbean landed footprint.
 

The patron saint festival

Each year, municipalities, cities, towns and villages celebrate the saints of their churches to the rhythm of drums bel air, gro ka accompanying Grangé cassava, laghias of toumblack, lifted and dropped the other dances of the countryside. If the Mass and the procession is of the essence of the charm of Christmas lies in these bars or « bars » decorated with garlands, of Madras, multicolored carpet, where we take off with rum dry and where you eat cod accras of crispy, hot rod, the fried cod covered with a cushion of onion rissoles, Colombos for chicken or lamb, short stocks of fish and other Creole dishes spiced with chilli and spices.

12 avril, 2009

Aimé Césaire, le Nègre Fondamental

Classé dans : Histoire de Madinina — CATORC Charles @ 12:07

Aimé Césaire, de son nom complet Aimé Fernand David Césaire, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique) et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France, est un poète et homme politique français. Il est l’un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu.

Aimé Césaire fait partie d’une famille de sept enfants ; son père était fonctionnaire et sa mère couturière. Son grand-père fut le premier enseignant noir en Martinique et sa grand-mère, contrairement à beaucoup de femmes de sa génération, savait lire et écrire ; elle enseigna très tôt à ses petits-enfants la lecture et l’écriture. De 1919 à 1924, Aimé Césaire fréquente l’école primaire de Basse-Pointe, où son père est contrôleur des contributions, puis obtient une bourse pour le lycée Victor Schoelcher à Fort-de-France. En septembre 1931, il arrive à Paris en tant que boursier du gouvernement français pour entrer en classe d’hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand où, dès le premier jour, il rencontre Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une amitié qui durera jusqu’à la mort de ce dernier.

Au contact des jeunes africains étudiant à Paris, Aimé Césaire et son ami guyanais Léon Gontran Damas, qu’il connaît depuis la Martinique, découvrent progressivement une part refoulée de leur identité, la composante africaine, victime de l’aliénation culturelle caractérisant les sociétés coloniales de Martinique et de Guyane.

En septembre 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains (parmi lesquels Léon Gontran Damas, le Guadeloupéen Guy Tirolien, les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop), le journal L’Étudiant noir. C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de « Négritude ». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l’idéologie colonialiste.

Construit contre l’idéologie coloniale française de l’époque, le projet de la Négritude est plus culturel que politique. Il s’agit, au delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

Ayant réussi en 1935 le concours d’entrée à l’École normale supérieure, Césaire passe l’été en Dalmatie chez son ami Petar Guberina et commence à y écrire le Cahier d’un retour au pays natal, qu’il achèvera en 1938. Il lit en 1936 la traduction de l’Histoire de la civilisation africaine de Frobenius. Il prépare sa sortie en 1938 de l’École normale supérieure avec un mémoire : Le Thème du Sud dans la littérature noire-américaine des USA. Épousant en 1937 une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi, Aimé Césaire, agrégé de lettres, rentre en Martinique en 1939, pour enseigner, tout comme son épouse, au lycée Schœlcher.

La situation martiniquaise à la fin des années 1930 est celle d’un pays en proie à une aliénation culturelle profonde, les élites privilégiant avant tout les références arrivant de la France, métropole coloniale. En matière de littérature, les rares ouvrages martiniquais de l’époque vont jusqu’à revêtir un exotisme de bon aloi, pastichant le regard extérieur manifeste dans les quelques livres français mentionnant la Martinique. Ce doudouisme, dont des auteurs tels que Mayotte Capécia sont les tenants, allait nettement alimenter les clichés frappant la population martiniquaise.

C’est en réaction à cette situation que le couple Césaire, épaulé par d’autres intellectuels martiniquais comme René Ménil, Georges Gratiant et Aristide Maugée, fonde en 1941 la revue Tropiques. Alors que la Seconde Guerre mondiale provoque le blocus de la Martinique par les États-Unis (qui ne font pas confiance au régime de collaboration de Vichy), les conditions de vie sur place se dégradent. Le régime instauré par l’Amiral Robert, envoyé spécial du gouvernement de Vichy, est répressif. Dans ce contexte, la censure vise directement la revue Tropiques, qui paraîtra, avec difficulté, jusqu’en 1943.

Le conflit mondial marque également le passage en Martinique du poète surréaliste André Breton (qui relate ses péripéties dans un bref ouvrage, Martinique, charmeuse de serpents). Breton découvre la poésie de Césaire à travers le Cahier d’un retour au pays natal et le rencontre en 1941. En 1943 il rédige la préface de l’édition bilingue du Cahier d’un retour au pays natal, publiée dans la revue Fontaine (n° 35) dirigée par Max-Pol Fouchet et en 1944 celle du recueil Les Armes miraculeuses, qui marque le ralliement de Césaire au surréalisme.

Surnommé « le nègre fondamental », il influencera des auteurs tels que Frantz Fanon, Édouard Glissant (qui ont été élèves de Césaire au lycée Schoelcher), le guadeloupéen Daniel Maximin et bien d’autres. Sa pensée et sa poésie ont également nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l’acculturation.

En 1945, Aimé Césaire, coopté par les élites communistes qui voient en lui le symbole d’un renouveau, est élu maire de Fort-de-France. Dans la foulée, il est également élu député, mandat qu’il conservera sans interruption jusqu’en 1993. Son mandat, compte tenu de la situation économique et sociale d’une Martinique exsangue après des années de blocus et l’effondrement de l’industrie sucrière, est d’obtenir la départementalisation de la Martinique en 1946.

Il s’agit là d’une revendication qui remonte aux dernières années du XIXe siècle et qui avait pris corps en 1935, année du tricentenaire du rattachement de la Martinique à la France par Belain d’Esnambuc. Peu comprise par de nombreux mouvements de gauche en Martinique déjà proches de l’indépendantisme, à contre-courant des mouvements de libération survenant déjà en Indochine, en Inde ou au Maghreb, cette mesure vise, selon Césaire, à lutter contre l’emprise béké sur la politique martiniquaise, son clientélisme, sa corruption et le conservatisme structurel qui s’y attache. C’est, selon Césaire, par mesure d’assainissement, de modernisation, et pour permettre le développement économique et social de la Martinique, que le jeune député prend cette décision.

En 1947 Césaire crée avec Alioune Diop la revue Présence africaine. En 1948 paraît l’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache, préfacée par Jean-Paul Sartre, qui consacre le mouvement de la « négritude ».

En 1950, il publie Discours sur le colonialisme, où il met en exergue l’étroite parenté qu’il existe selon lui entre nazisme et colonialisme. Il y écrit entre autres choses :

« Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les arabes d’Algérie, les colonies de l’Inde et les nègres d’Afrique [...] »

S’opposant au Parti communiste français sur la question de la déstalinisation, Aimé Césaire quitte le PC en 1956, s’inscrit au Parti du regroupement africain et des fédéralistes, puis fonde deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM), au sein duquel il va revendiquer l’autonomie de la Martinique. Il siège à l’Assemblée nationale comme non inscrit de 1958 à 1978, puis comme apparenté socialiste de 1978 à 1993.

Aimé Césaire restera maire de Fort-de-France jusqu’en 2001. Le développement de la capitale de la Martinique depuis la Seconde Guerre Mondiale est caractérisé par un exode rural massif, provoqué par le déclin de l’industrie sucrière et l’explosion démographique créée par l’amélioration des conditions sanitaires de la population. L’émergence de quartiers populaires constituant une base électorale stable pour le PPM, et la création d’emplois pléthoriques à la mairie de Fort-de-France furent les solutions trouvées pour parer à court terme aux urgences sociales de l’époque.

La politique culturelle d’Aimé Césaire est incarnée par sa volonté de mettre la culture à la portée du peuple et de valoriser les artistes du terroir. Elle est marquée par la mise en place des premiers festivals annuels de Fort-de-France en 1972, avec la collaboration de Jean-Marie Serreau et Yvan Labéjof, puis la mise en place d’une structure culturelle permanente grâce à l’installation au Parc Floral de Fort-de-France et dans les quartiers, pour la première fois en Martinique d’une équipe professionnelle autour de Yves Marie Séraline missionné pour cette tâche, à partir de août 1974. En 1976, à partir des fondations de l’équipe de l’office de la culture provisoire, ce sera la création officielle du Service Municipal d’Action Culturelle (SERMAC) dirigé par Jean-Paul Césaire, qui par le biais d’ateliers d’arts populaires (danse, artisanat, musique) et du prestigieux Festival de Fort-de-France, met en avant des parts jusqu’alors méprisées de la culture martiniquaise. Le Sermac est dirigé depuis quelques années par Lydie Bétis.

Son Discours du colonialisme fut pour la première fois au programme du baccalauréat littéraire français en 1994, avec le Cahier d’un retour au pays natal.

Aimé Césaire s’est retiré de la vie politique (et notamment de la mairie de Fort-de-France en 2001, au profit de Serge Letchimy), mais reste un personnage incontournable de l’histoire martiniquaise jusqu’à sa mort. Après le décès de son camarade Senghor, il est resté l’un des derniers fondateurs de la pensée négritudiste.

Jusqu’à sa mort, Aimé Césaire a toujours été sollicité et influent. On notera sa réaction à la loi française du 23 février 2005 sur les aspects positifs de la colonisation qu’il faudrait évoquer dans les programmes scolaires, loi dont il dénonce la lettre et l’esprit et qui l’amène à refuser de recevoir Nicolas Sarkozy. En mars 2006, Aimé Césaire revient sur sa décision et reçoit Nicolas Sarkozy puisque l’un des articles les plus controversés de la loi du 23 février 2005 a été abrogé. Il commente ainsi sa rencontre : « C’est un homme nouveau. On sent en lui une force, une volonté, des idées. C’est sur cette base-là que nous le jugerons. »

Durant la campagne de l’élection présidentielle française de 2007, il soutient activement Ségolène Royal, en l’accompagnant lors du dernier rassemblement de sa vie publique. « Vous nous apportez la confiance et permettez-moi de vous dire aussi l’espérance».

Rétrospectivement, le cheminement politique d’Aimé Césaire apparaît étrangement contourné, en contraste avec la pensée de la négritude qu’il a développée par ailleurs. Tour à tour assimilationniste (départementaliste), indépendantiste et autonomiste (sans que l’on sache précisément ce qu’il entendait par là), Césaire semble avoir été davantage à la remorque des initiatives prises par les gouvernements métropolitains (en matière de décentralisation tout particulièrement) qu’un élément moteur de l’émancipation de son peuple. Il restera sans doute dans les mémoires comme le « nègre fondamental » et comme l’un des plus grands poètes en langue française du XXe siècle, peut-être le plus grand, mais non comme un chef politique ayant véritablement influencé son époque.

Le 9 avril 2008, il est hospitalisé au CHU Pierre Zobda Quitman de Fort-de-France pour des problèmes cardiaques. Son état de santé s’y aggrave et il décède le 17 avril 2008 au matin.

Dès l’annonce de sa mort, de nombreuses personnalités politiques et littéraires lui ont rendu hommage comme le président de la République française Nicolas Sarkozy, l’ancien président sénégalais Abdou Diouf ou l’écrivain René Depestre.

Reprenant une initiative de l’écrivain Claude Ribbe, Ségolène Royal, appuyée par d’autres élus, a demandé son entrée au Panthéon et une pétition a été mise en ligne pour qu’il soit inhumé au Panthéon le 10 mai 2008.

Des obsèques nationales lui ont été rendues le 20 avril 2008 à Fort-de-France, en présence du chef de l’État. Un grand discours a été prononcé par Pierre Aliker, son ancien premier adjoint à la mairie de Fort-de-France, âgé de 101 ans. Le président de la République n’a pas donné de discours mais s’est incliné devant la dépouille, devant plusieurs milliers de personnes réunies au stade de Dillon. Il est inhumé au cimetière La Joyaux près de Fort-de-France. Sur sa tombe sont inscrits des mots choisis par Aimé Césaire lui-même et extraits de son Calendrier lagunaire :

« La pression atmosphérique ou plutôt l’historique

Agrandit démesurément mes maux

Même si elle rend somptueux certains de mes mots »

Parcours politique

  • De 1945 à 2001 : maire de Fort-de-France (durant 56 ans)

  • De 1945 à 1993 : député de la Martinique (durant 48 ans)

  • De 1983 à 1986 : président du Conseil régional de Martinique

  • De 1945 à 1949 et 1955 à 1970 : conseiller général de Fort-de-France

Qu’est-ce que la culture créole ?

Classé dans : La Culture de Madinina — CATORC Charles @ 11:22

Conférence prononcée par R. Confiant*, le vendredi 7 mai 2004,
au siège de la DEE-Martinique, devant les nouveaux cadres mutés à la Martinique
 

 

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

C’est avec grand plaisir que j’ai accepté l’offre de la DDE-Martinique de venir participer à l’accueil des nouveaux arrivants dans votre maison, qu’ils soient d’origine martiniquaise ou métropolitaine. A tous, je vous dis: bienvenue  Laissé libre du choix de mon sujet, j’ai décidé de vous parler aujourd’hui de la langue et de la culture créoles car je ne doute pas que ceux d’entre vous qui arrivent ici pour la toute première fois, n’ont pas manqué de remarquer qu’on y parle une autre langue à côté du français, à savoir le créole, et que les habitants de ce pays possèdent une manière de se déplacer, de bouger, de rire, de manger etc…qui est particulière et que l’on appelle la culture créole. Vous remarquerez d’emblée que je n’ai pas dit culture martiniquaise mais bien culture créole. Pourquoi? Eh bien parce que s’il est vrai qu’il existe bel et bien une spécificité martiniquaise, cette dernière s’inscrit dans un ensemble plus vaste qui comprend toutes les îles créolophones de l’archipel des Antilles (Sainte-Lucie, Dominique, Haïti, Guadeloupe) ainsi que deux territoires continentaux, la Louisiane en Amérique du Nord et la Guyane en Amérique du Sud. Il existe aussi des poches de créole à Cuba, à Saint-Domingue, à Sainte-Croix, au Vénézuéla et à Trinidad. En effet, au 19è siècle, la langue créole fut la lingua franca de la Caraïbe et était parlée par plusieurs millions de personnes. Aujourd’hui, pour la Caraïbe, on évalue ce chiffre à environ 9 millions de personnes.

Mais qu’est-ce que le créole, vous demanderez-vous? Est-ce un patois, un jargon, un dialecte, une langue ? D’où vient-il? Comment s’est-il développé? A-t-il un avenir dans le monde qui s’annonce, marqué par la globalisation? C’est à toutes ces questions que je vais m’atteler à répondre devant vous aujourd’hui. J’ai le redoutable honneur de parler après Aimé Césaire, qui, l’an dernier, se trouvait à la même place, et qui est l’un des plus grands poètes de notre temps. Je vous en reparlerai plus avant!

Avant toute chose, je crois qu’il importe de définir le mot créole et de dissiper un certain nombre d’ambiguïtés entretenues par la plupart des dictionnaires français jusqu’à la fin des années 1980. Le mot «créole» provient du latin creare qui, comme vous le savez sans doute, a signifié«créer». Ce mot est d’abord apparu en espagnol et en portugais puisque les Espagnols et les Portugais furent, à partir de 1492, les grands découvreurs et colonisateurs du Nouveau-Monde. Ainsi donc le mot espagnol «criollo» et le mot portugais «criolho» ont été forgés au départ pour désigner les fils des colonisateurs nés sur place, né aux Amériques, que ces fils soient issus de femmes blanches, de femmes amérindiennes ou de femmes africaines. Il désignait donc les descendants des colons espagnols et les enfants métis de ces derniers par opposition à ces mêmes colons nés en Europe, aux populations autochtones (amérindiennes donc) et aux Noirs nés en Afrique. On avait donc trois types de population aux 15è et 16è siècles :

  • d’un côté les Amérindiens.

  • de l’autre les colonisateurs européens et leurs esclaves africains.

  • enfin les Blancs, les Noirs, les métis de Blanc, de Noirs ou d’Amérindiens nés en Amériques. C’est à ces derniers qui allaient très vite devenir majoritaires tant dans les Antilles qu’en Amérique du Sud que la dénomination de «créoles» a été réservée.

La définition est donc très claire: «Créole» signifie tout simplement «né et élevé en Amérique de parents partiellement ou totalement étrangers». A aucun moment, il n’a signifié «Blanc de pure race née aux Antilles françaises» comme l’affirma longtemps le dictionnaire Larousse par exemple. D’abord, parce que les Blancs de «pure race», en supposant que cette expression ait la moindre réalité scientifique, ne furent pas très nombreux pour la bonne et simple raison que très longtemps, seuls les hommes émigraient aux Amériques. Il était très difficile à des femmes européennes d’entreprendre un voyage aussi risqué, aussi aventureux, qui pouvait durer entre un mois et demi et deux mois selon les vents ou l’état des bateaux. Les colons européens furent donc bien obligés de s’allier à des femmes autochtones, puis à des femmes africaines, donnant naissance à ce formidable métissage qui caractérise aujourd’hui les Antilles et l’Amérique du sud.

Mais le terme «créole» ne désigne pas seulement des êtres humains: il n’est pas anthropocentrique puisque très vite, il va être utilisé pour des animaux, des plantes et des choses (matérielles ou immatérielles). Autrement dit, le mot «créole» touchera tous les ordres du réel, le vivant comme l’inerte, et désignera, exactement comme pour les humains, l’adaptation dans le nouveau monde d’animaux, de plantes ou de choses qui n’en étaient pas originaires. On aura ainsi la canne créole (venue d’Asie), la banane créole (venue d’Afrique), le cochon créole, la vache créole , la cuisine créole, la musique créole etc…Ce processus d’adaptation au Nouveau-Monde d’êtres humains, d’animaux, de plantes et de choses est appelé processus de créolisation. C’est un processus qui a commencé depuis 1492 et qui se continue aujourd’hui, sous des formes diverses, de manière ininterrompue.

Mais venons – en processus de créolisation en terre française! Je vous rappelle que les Français arrivent très tardivement aux Antilles, en 1625 très exactement, à l’île de Saint-Christophe, appelée aujourd’hui Saint-Kitts, île située au Nord de la Guadeloupe. Les Anglais d’ailleurs y arriveront à la même date et au même endroit, suivis un peu plus tard par les Hollandais, les Danois et les Suédois. Que se passe-t-il donc entre 1492, moment où Christophe Colomb pose le pied en Amérique et 1625? Que se passe-t-il pendant ces quelques 130 années? Eh bien l’Amérique est partagée, par décision papale, entre les seuls Espagnols et Portugais et les autres puissances européennes de l’époque ont interdiction formelle de s’y installer. Comment donc Français, Anglais et Hollandais ont-ils finalement réussi à trouver une petite brèche et à y poser le pied? Là, il faut revenir un peu en arrière et savoir qu’avant Colomb l’archipel était habité par deux peuples apparentés mais différents, tous deux venus du plateau des Guyanes. L’un dit «Arawak» ou «Taino» venu environ six siècles avant Colomb et qui a essaimé de Trinidad à Cuba; l’autre dit «Caraïbe» venu un siècle avant Colomb et qui a suivi le même parcours, parcours brusquement interrompu à Puerto-Rico par l’arrivée justement des conquistadors espagnols. Les Espagnols avaient bien essayé de soumettre les Caraïbes mais ils avaient échoué. Ce peuple formé de guerriers intrépides avait inventé la guerre de guérilla qui désarçonnait les Espagnols et jamais ces derniers ne réussirent à coloniser les Petites Antilles c’est-à-dire toutes les îles qui se situent après Puerto-Rico, disons des îles Vierges jusqu’à Trinidad en passant par la Guadeloupe, la Dominique, La Martinique, Sainte-Lucie, Saint-Vincent, Grenade etc… C’est la raison pour laquelle on ne parle espagnol dans aucune de ces îles.

Mais résister aussi longtemps à des gens aussi puissants que les Espagnols finit par fragiliser les Caraïbes, ce dont profitèrent les Français, les Anglais et les Hollandais pour leur proposer des traités d’alliance contre leur ennemi commun espagnol. Mal leur en prit! En effet, par cette brèche enfin ouverte, Français, Anglais et Hollandais vont coloniser les Petites Antilles, massacrant jusqu’au dernier les Caraïbes, exactement comme les Espagnols l’avaient fait à l’encontre de leurs cousins des Grandes Antilles, les Tainos. Et c’est pourquoi dans les Petites Antilles, on parle français, anglais, hollandais ainsi que deux types de créole : les créoles à base lexicale anglaise et le papiamento, fait, lui, d’espagnol et de hollandais sur fond de langues africaines.

Les Français, après Saint-Christophe en 1625, vont donc s’installer en 1635 en Guadeloupe et en Martinique, puis plus tard à Sainte-Lucie et à Grenade. Mais qui s’installe aux Antilles? Quel genre de Français? Quelles langues parlent-ils? Eh bien, vous le savez sans doute, le français que je parle devant vous aujourd’hui n’existait pas au 17è siècle. A cette époque, la France était divisée en deux grandes zones linguistiques: la zone d’oïl au Nord et la zone d’oc au Sud. Dans chacune de ces zones, chaque province parlait son propre dialecte. Dans la zone d’oïl, on trouvait le normand, le poitevin, le picard, le saintongeais etc…; dans la zone d’oc, le béarnais, le gascon, le provençal etc… Ce qui deviendra peu à peu le français sera formé à partir du dialecte de l’Ile-de-France, le francien, par des écrivains et des gens de cour. La cour se situant à Paris, cette langue construite par les lettrés sera imposée au reste du royaume mais le succès de cette opération prendra des siècles et des siècles. Songez seulement qu’en 1789, par exemple, au moment où éclate la Révolution française, seulement 1/3 des Français parlent le français! Songez qu’en 1850, le petit peuple de Marseille parle exclusivement le provençal! Songez aussi que lors de la guerre de 14-18, les troupes bretonnes allaient souvent au feu sans comprendre les ordres de leurs officiers français parce qu’à l’époque 90% de la Bretagne était bretonnante! La France n’est donc devenue réellement, entièrement francophone qu’après la deuxième guerre mondiale. C’était hier! C’est tout récent.

Donc au 17è siècle, les colons débarquent aux Antilles et parlent surtout normand mais aussi poitevin, picard, saintongeais etc…Ils proviennent presque tous des provinces du Nord-Ouest de la France, très peu de la zone d’oc, du sud donc. Ils débarquent et ils n’ont pas une langue unifiée, standardisée qu’ils pourraient facilement imposer aux Caraïbes et aux esclaves africains. D’ailleurs, la majeure partie des colons, hormis quelques cadets de famille, est constituée de colons illettrés à une époque où on est encore loin de l’école gratuite et obligatoire. Très significativement, c’est l’année même où les Français débarquent à la Martinique et à la Guadeloupe que le cardinal Richelieu, alors premier ministre, décide de créer l’Académie française, essentiellement pour mettre fin à l’anarchie orthographique régnante et pour composer un dictionnaire du français. Donc imaginez-vous les 50 premières années de la colonisation des Antilles, entre 1625 et 1670/80 et l’espèce de cacophonie linguistique qui devait régner dans nos îles. Les Espagnols, eux, n’ont pas eu ce problème – et c’est sans doute pourquoi il n’y a pas eu de créole à base lexicale espagnol (hormis le «palenquero» en Colombie) – car durant les trente premières années de la colonisation, seuls les Castillans étaient autorisés à émigrer en Amérique. Les Catalans, les Andalous, les Basques ou les Galiciens étaient interdits de Nouveau-Monde et cela y a sans doute favorisé l’implantation de la langue espagnole. Le français, lui, ne pouvait pas s’imposer aux Antilles, au 17è siècle, puisqu’il…n’existait pas encore.

Les colons français du 17è siècle ne disposaient donc pas d’une langue unifiée qu’ils pouvaient facilement imposer aux Amérindiens et aux esclaves noirs. D’où l’apparition d’abord d’un sabir (sorte de langage tronqué permettant la communication sommaire entre gens ne parlant pas la même langue) appelé baragouin qui fut utilisé comme médium de communication entre Caraïbes et Français. Certains linguistes affirment que le baragouin aurait posé les bases du créole. Puis, dans un second temps, mais là très vite, en à peine 50 ans, d’une nouvelle langue, le créole, née du contact entre Amérindiens, Blancs et surtout Noirs d’Afrique.

Cette langue est d’emblée la langue maternelle des premiers enfants créoles, c’est-à-dire nés sur place, qu’ils soient blancs ou noirs. Donc quand on lit dans certains dictionnaires français que le créole est un «patois parlé par les Noirs des Antilles françaises», il s’agit purement et simplement d’une ânerie. Le créole fut dès le départ la langue des Noirs et des Blancs nés aux Antilles. Et jamais les Blancs, même quand ils se sont incroyablement enrichis grâce au commerce du sucre de canne à partir de 1670-80, devenant du même coup des «Békés», n’ont cessé de parler créole tout au long des trois siècles et demi d’histoire antillaise. Jamais! Même quand ils ont promulgué le tristement célèbre «Code Noir» en 1685, qui établit une sorte d’apartheid avant la lettre entre les deux races, ils n’ont pas pour autant cessé de l’utiliser. Il faut dire – et là j’en viens à la culture créole – que la plantation de canne à sucre (dite «habitation» dans les territoires français) fut le creuset, la matrice même de la culture créole et qu’en même temps que la langue apparurent progressivement une cuisine créole, une musique créole, une pharmacopée créole, une architecture créole etc…

La langue créole n’est que la colonne vertébrale d’une culture construite et partagée par Blancs et Noirs, cela jusqu’à aujourd’hui. Par exemple, dans la musique créole, on trouve le «bel-air» qui est d’origine africaine et le quadrille ou la mazurka créole qui sont d’origine européenne. Dans les contes créoles, on trouve les contes de Compère Lapin d’origine africaine et la geste de Ti Jean L’horizon d’origine française etc… Ce qui va se passer, hélas, c’est que les Békés, une fois enrichis et devenus des latifundiaires, vont renier cette langue et cette culture qu’ils contribuèrent à créer en la rejetant dans la nègrerie. Toutefois, ce ne fut qu’une posture idéologique qui était tous les jours contredite au sein de l’habitation cannière où Blancs, Noirs et Mulâtres (et Hindous et Chinois après l’abolition de l’esclavage en 1848) étaient bel et bien obligés de travailler ensemble. Qu’on ne voit nul eucuménisme dans cette approche! L’esclavage a régné férocement dans cette île et durant deux siècles et demi les Noirs y furent traités moins que des bêtes de somme. Sur les actes de vente des propriétés, les Nègres étaient placés en fin d’inventaire après le bétail et les meubles!

La langue et la culture créole se sont donc construites dans la violence, dans la douleur et le déni d’humanité mais elles témoignent, qu’on le veuille ou non, du compris (et parfois de la compromission) tri-séculaire entre Noirs, Blancs, Mulâtres, Hindous, Chinois et Syro-Libanais. Ici, pendant trois siècles, le racisme et le rejet de tout ce qui était noir ou africain furent institutionnalisés. Il ne faut jamais oublier cela! Cela explique bien des attitudes que certains d’entre vous qui viennent pour la première fois aux Antilles pourront juger aberrantes, notamment un souci excessif de la couleur d’autrui ou un besoin de ressembler au Blanc en se défrisant systématiquement les cheveux par exemple. Le psychiatre martiniquais Frantz Fanon a très bien expliqué tout cela dans son livre «Peau noire, masques blancs».

Je disais donc que les Békés renièrent la langue et la culture créoles à la fin du 17è siècle. Eh bien au 19è siècle, ce fut au tour des Mulâtres d’adopter la même attitude. Les Mulâtres sont les fils des hommes blancs avec leurs esclaves noirs, jamais l’inverse. Ce sont le fruit de la subornation, de l’intimidation et souvent du viol. Mais, peu à peu, ce groupe a réussi à se constituer en groupe autonome, ni vraiment esclave ni vraiment libre, les fameux «hommes de couleur libres», et une fois qu’ils eurent acquis quelques droits, ils s’empressèrent de rejeter la langue et la culture de leurs mères au profit de celle de leurs pères. Le groupe mulâtre fut celui – surtout à partir de la fin du 19è siècle – qui dénigra avec le plus de constance le créole et sa culture, survalorisant, déifiant, idolâtrant la langue et la culture françaises. A leur yeux, ne pas savoir parler français revenait à être un non-civilisé, un barbare, un nègre africain. A leur tour, les Mulâtres s’exercèrent au racisme anti-nègre, oubliant qu’ainsi ils rejetaient la moitié d’eux-mêmes. Ensuite lorsqu’au début du XXè siècle, on vit apparaître une petite-bourgeoisie noire, celle-ci rejeta à son tour le créole et la culture créole. Enfin vers le milieu du XXe siècle, Hindous, Chinois et Syro-Libanais en firent de même. Ce qui me fait dire que le créole fut une langue quatre fois reniée par ses propres géniteurs en trois siècles et demi d’existence, une langue quatre fois orpheline. C’est donc un véritable miracle qu’elle ait pu survivre jusqu’en ce début du XXIè siècle!

Mais venons-en au fait! Le créole est-il un patois, un jargon, un dialecte ou une vraie langue, une langue à part entière? Je dois vous dire d’entrée de jeu que bizarrement, une langue ne se définit absolument pas du point de vue linguistique! C’est curieux, c’est étrange, eh oui!, mais c’est comme ça. Une langue se définit politiquement. Avant d’en venir au créole, je prendrai un exemple récent dont les métropolitains ici présents ont dû avoir entendu parler. Tant que la Tchécoslovaquie était un état unitaire, il n’y avait qu’une langue, une seule: le tchèque. Il a suffi que la partie slovaque demande et obtienne son indépendance pour qu’aussitôt, on voit apparaître une langue slovaque! Pourtant quelque chose a-t-il changé du point de vue linguistique depuis la partition? Non! Les films tchèques ne sont pas sous-titrés en slovaque dans les salles de cinéma de Bratislava. Les romans tchèques ne sont pas traduits en slovaque et quand un Tchèque et un Slovaque discutent, ils n’ont pas besoin d’interprète.

On peut prendre aussi l’exemple de l’ex-Yougoslavie. Tant qu’elle était unie, on y parlait une seule langue: le serbo-croate. A l’INALCO, on enseignait le serbo-croate. Il a suffi que Serbes, Croates et Bosniaques se séparent pour que soudainement, on commence à parler de trois langues différentes.   Pourtant, du point de vue linguistique, tout comme pour les Tchèques et les Slovaques, rien n’a changé.

Donc, oui, le créole est bel et bien une langue. C’est une langue à part entière car pendant trois siècles, elle a satisfait sans problèmes aux besoins communicatifs de notre société. A tous ses besoins communicatifs puisque cette société était presque entièrement centrée sur l’Habitation. Un grand linguiste, Roman Jakobson a cette formule très éclairante à propos des langues. Il dit à peu près ceci «Les langues diffèrent moins par ce qu’elles peuvent dire que par ce qu’elles doivent dire.» Bon, c’est vrai que le pouvoir central était français, que la langue officielle était le français et que, comme je vous l’ai expliqué, dès qu’une ethno-classe grimpait d’un cran sur l’échelle sociale martiniquaise, la première chose qu’elle s’empressait de faire, c’était de jeter par-dessus bord le créole et sa culture. Donc, tout dépend du point de vue auquel on se place: du point de vue politique, c’est vrai que le «créole» est un patois – ou plutôt se trouve en situation patoisante – , mais c’est aussi vrai que du point de vue linguistique, il s’agit bel et bien d’une langue. Le créole n’a aucun pouvoir politique qui le soutienne, aucune académie officielle, pas d’orthographe officiellement reconnue, mais du jour où comme c’est le cas en Haïti, il sera officiellement reconnu, eh bien il sera une langue comme les autres. Voilà pour «langue» et «patois»!

Venons-en à «jargon» et «dialecte»! On ira vite: un jargon est un langage de métiers (par exemple «le jargon des informaticiens») ou d’un groupe particulier au sein d’une société dont par ailleurs il connaît et parle parfaitement la langue. Un «dialecte» est une variété de langue: en français, on a le wallon, le québécois, l’ex-pataouette (ou français des «Pieds-Noirs» d’Algérie), le français méridional etc…qui sont des dialectes d’une seule et même langue, le français standard.

Donc, oui, le créole martiniquais est un dialecte d’une macro-langue créole, comme le sont le créole guadeloupéen, saint-lucien ou haïtien. Peu importe que cette macro-langue soit virtuelle, ce qui importe, c’est qu’il y a une très large intercompréhension entre Martiniquais, Guadeloupéens, Saint-Luciens, Haïtiens etc…A l’inverse, il n’y a pas d’intercompréhension entre un Français, un Portugais et un Italien, même si, au départ, lors de l’effondrement du latin, leurs langues n’étaient que des dialectes du latin. De dialectes du latin, leurs langues sont devenues, au fil du temps, des langues très différentes. En effet, il faut voir les choses de manière dynamique car les langues ne vivent pas en vase clos: elle subissent le poids des contraintes politiques, historiques, économiques etc…Pour l’instant, les créoles sont des dialectes d’un macro-créole virtuel mais rien ne dit que dans 50 ans, les choses resteront en l’état. Il est tout à fait possible qu’à terme le créole saint-lucien et le créole martiniquais ne soient plus intercompréhensibles et deviennent non plus des dialectes d’une même langue, mais des langues apparentées certes mais très différentes et surtout non intercompréhensibles comme le sont aujourd’hui le français et le portugais. C’est tout à fait possible!

Abordons maintenant l’avenir du créole! Disons d’abord qu’une langue qui ne s’équipe pas, c’est-à-dire qui ne passe pas la barrière de l’écrit, dans laquelle on n’écrit ni livres ni journaux, qui ne s’enseigne ni à l’école ni à l’université, est une langue condamnée à terme. La galaxie MacLuhan ne signe pas, comme on le croit à tort, la fin de la galaxie Gutenberg. Au contraire: l’écrit se démultiplie en se virtualisant, en se dématérialisant. Le courriel va mille fois plus vite que le courrier! Le texte sur Internet se communique cent fois plus vite que par le livre! L’écrit devient encore plus omniprésent aujourd’hui qu’au temps où nous vivions dans la galaxie Gutenberg. Donc pour survivre, le créole doit absolument devenir une langue écrite. Sur du papier certes, mais surtout sur Internet. Ici, je dois démonter une contre-vérité: le créole s’écrit depuis 2 siècles et demi. La langue s’est constituée en 50 ans à peine, au 17è siècle. Eh bien dès le milieu du 18è siècle, soit à peine un siècle plus tard, il y avait déjà des textes à vocation littéraire en créole. Le tout premier date de 1754. C’est un poème d’amour dû à la plume d’un Blanc créole de Saint-Domingue, Duvivier de la Mahautière. Il s’appelle «Lisette quitté la plaine». Le nom à particule de son auteur vous renseigne sur son origine: il s’agit d’un Blanc créole, d’un Béké. Eh oui, les Békés, bien qu’ayant renié le créole par posture idéologique, furent les tout premiers à écrire dans ce qu’ils qualifiaient de «patois de nègres». Ce sont encore des Békés qui, au 19è siècle, ont lancé la tradition des fables de La Fontaine traduites en créole: François Marbot à la Martinique en 1846, Paul Baudot en Guadeloupe en 1860, Alfred de Saint-Quentin en Guyane en 1873 etc… Le premier roman en créole date, lui, de 1885. Il a pour titre Alfred Parépou, un Mulâtre Guyanais.

Bref, on a régulièrement écrit et publié en créole depuis deux siècles. Pourquoi donc, vous demanderez-vous, ai-je posé la question du passage du créole à l’écrit comme une nécessité urgente? Eh bien tout simplement parce qu’il ne suffit pas de coucher une langue sur du papier pour qu’elle devienne automatiquement une langue écrite. La logique de l’oral est très différente de la logique de l’écrit, ne serait-ce que parce qu’à l’oral, on est en présence (ou en contact, si c’est au téléphone) de son interlocuteur et qu’on peut à tout moment lui demander de désambiguïser son propos tandis qu’à l’écrit, scripteur et lecteur ne sont pas en contact direct. Ainsi donc, sur le créole a toujours pesé la chape de plomb de l’oralité et les écrits créoles ont toujours été minorés, voire ignorés, parce que le français avait le monopole de l’écrit. L’écrit créole a toujours été un écrit ludique, secondaire, mal diffusé, et les auteurs créolophones n’ont jamais pris conscience jusqu’à tout récemment de la nécessité de construire une langue créole écrite

Beaucoup se sont contentés de reproduire soit du créole oral soit du créole mâtiné de français. C’est pourquoi, à l’Université des Antilles et de la Guyane, le GEREC-F (Groupe d’Etudes et de Recherches en Espace Créole et Francophone), sous la houlette du professeur Jean Bernabé, l’un des plus éminents créolistes mondiaux, s’est attelé non seulement à équiper la langue mais aussi à construire ce fameux créole écrit, cela depuis 1973, c’est-à-dire un peu plus de trente ans. Jean Bernabé a été le premier, aux Petites Antilles et en Guyane, à proposer un système graphique autonome pour le créole, un système en rupture avec la graphie étymologique qui régnait depuis deux siècles. En effet, tant que les scripteurs du créole ne considéraient pas le créole comme une vraie langue mais comme un patois du français ou un dialecte, il n’y avait aucune raison de le doter d’une graphie propre. On écrivait alors le mot créole selon l’origine française de ce mot en cherchant à respecter au mieux l’orthographe, déjà si compliquée du français. Cette graphie étymologique avait de nombreux désavantages: d’abord, elle supposait qu’il fallait au préalable savoir écrire le français pour pouvoir écrire le créole; ensuite elle était incapables de prendre en charge les mots d’origine caraïbe, africaine ou indienne. Comment écrire, en effet, «watalibi», qui désigne une variété de poisson en langue caraïbe puisque cette dernière ne s’écrivait pas? Comment écrire l’africain «soukougnan», qui désigne un sorcier volant, ou encore le tamoul «matalon» qui désigne un tambour rituel? Il fallait créer une graphie autonome pour le créole, une graphie phonético-phonologique et c’est ce que Jean Bernabé a fait. Il a aussi rédigé plusieurs grammaires très importantes. Quant à moi, j’ai écrit cinq livres entièrement en créole entre 1979 et 1987 dont trois romans.

A côté de cela, le GEREC-F mit sur pied divers diplômes de créole pendant ces vingt dernières années, tout cela aboutissant il y a sept ans à la création d’une Licence et d’une Maîtrise de créole à la Faculté des Lettres de l’Université des Antilles et de la Guyane. Le GEREC-F fut aussi à la pointe du combat pour la création du CAPES de créole lequel permet de recruter des enseignants de créole pour le secondaire. Alors, bien évidemment, tout cet énorme labeur de trente et quelques années, ne s’est pas fait sans mal. Notre route a été semée d’embûches de toutes sortes: il nous a d’abord fallu lutter comme la tradition jacobine et centralisatrice de l’état français; ensuite contre les créolophobes martiniquais, tous ceux qui, comme je vous l’ai expliqué, ont renié la langue et la culture créole; contre les faux créolophiles surtout, tous ces gens qui utilisent le créole comme un fromage pour faire des carrières universitaires par exemple mais qui se fichent royalement de son devenir.

En fait, et là, j’amorce ma conclusion, le problème est aussi plus global. Avec la scolarisation massive des jeunes martiniquais, la diffusion de la radio et de la télévision, la facilité des allées et venues entre la Martinique et l’Hexagone etc…eh bien, notre société a subi, au tournant des années 70, une sorte de mutation linguistique. Le créole qui était jusque là la première langue, la langue maternelle de l’écrasante majorité de la population s’est brutalement retrouvée placée au deuxième rang. C’est le français qui est devenu la langue maternelle des générations qui sont nées à partir de 1970 et cela a déjà des conséquences dramatiques sur l’évolution du créole. Ces jeunes locuteurs sont incapables de porter des jugements de grammaticalité simples à propos d’une phrase créole. Par exemple, n’importe quel Français de l’Hexagone, qu’il soit énarque ou boulanger, vous dira que la phrase suivante: «L’argent auquel mon frère m’a donné» n’est pas grammaticalement correcte. Par contre, les jeunes Martiniquais sont devenus incapables de distinguer le charabia du créole et une phrase comme «lé kadav dé chien ka pit sur l’autoroute» leur paraîtra tout à fait normale. Loin de moi l’idée de jeter la pierre sur la jeunesse!

En fait, ma génération – que j’appelle la génération intermédiaire entre celle des vrais créolophones et celle des jeunes francophones – ma génération donc porte une lourde responsabilité dans cette lente, et apparemment inexorable dégradation de la langue créole. En effet, lorsqu’en 1981, la Gauche a libéré les ondes et que les radio-libres ont fleuri, on a vu apparaître des radios entièrement créolophones. De prime abord, cela pouvait apparaître comme un plus pour le créole puisque jusque-là la langue créole était confinée aux chansons folkloriques, mais ce fut une catastrophe, une vraie catastrophe. Et je pèse mes mots! Des journalistes non formés en créole, ignorant les données les plus élémentaires de la créolistique, se sont mis à diffuser sur les ondes un créole mélangé de français, tartiné de français, un créole qui ne ressemble plus à rien sinon à du «petit-nègre», faisant ainsi plus de tort que de bien à la langue qu’ils s’imaginaient, sincèrement sans doute, promotionner. En fait, ils n’avaient pas vu que l’oral de la radio et de la télévision est un faux oral, que c’est davantage de l’écrit oralisé que de l’oral spontané. Les journalistes lisent leur papier ou leur prompteur, ils n’improvisent pas! En créole, tout un chacun s’est cru libre d’improviser et on a abouti à l’inverse du résultat recherché. D’ailleurs, personnellement, je n’écoute plus ces radios pseudo-créolophones tellement ça me fait mal d’entendre le charabia qu’elles diffusent à longueur d’antenne.

Chers amis, nous voici presque arrivés au terme de cette petite causerie. Que dire de plus? Que dans l’exercice de votre profession, vous serez, que vous le vouliez ou non, confrontés à la langue créole et à la culture créole. Et là, deux attitudes sont possibles: ou bien vous faites semblant de ne pas les voir et vous les ignorez; ou bien vous faites l’effort d’aller vers l’Autre et de tenter d’appréhender sa culture au-delà des habituels clichés exotiques. La première attitude est, certes, la plus confortable, mais au terme de votre séjour ici, vous n’aurez rien appris de ce pays; la deuxième est plus difficile mais bien plus gratifiante et elle permettra à certains de nouer des amitiés qui se poursuivront au-delà de leur séjour en Martinique. Je sais que la DDE n’est pas indifférente au créole. En effet, parfois, au bord des travaux routiers, elle installe des panneaux disant «Ni moun ka travay dèyè panno-a» (Il y a des gens qui travaillent derrière ce panneau). C’est une excellente chose car vous convaincrez mieux et plus vite un Martiniquais en créole qu’en français, du moins les gens de plus de 35 ans. J’invite donc les dirigeants de la DDE à multiplier les initiatives de ce genre, à installer une sorte de bilinguisme dans l’entreprise, tant au niveau de l’oral que de l’écrit, car le but de notre combat, à nous créolistes, n’est aucunement, comme l’affirment certains esprits mal intentionnés, de remplacer le français par le créole mais bien d’instaurer un rapport d’égalité et de solidarité entre ces deux langues.

Nous savons très bien que le français demeurera toujours la première langue au niveau de l’administration, de la justice, de l’école etc…mais nous demandons une place pour le créole, une vraie place. Pas un simple strapontin. Si donc la DDE a besoin du GEREC-F pour organiser des cours de créole, nous sommes preneurs! Si vous avez besoin de nous pour traduire en créole des panneaux ou des affiches, nous sommes aussi preneurs! Maints services de l’Etat font déjà appel à nous dans ce sens et la collaboration se passe fort bien.

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je vous remercie de m’avoir écouté!

Raphaël CONFIANT

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*Né en 1951 au Lorrain (Martinique), Raphaël Confiant est détenteur d’un diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques, d’une maîtrise d’Anglais et d’un doctorat en Langues et Cultures Régionales. Ecrivain reconnu tant en créole qu’en français (Prix novembre en 1991, Prix Casa de las Americas en 1993, Prix Carbet en 1994) et cofondateur avec Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau du Mouvement de la Créolité, il est actuellement maître de conférence à l’Université des Antilles et de la Guyane et professeur honoris causa de l’Université Autonome de Santo-Domingo. Parmi les figures de proue de la littérature antillaise et de la créolité – dont il est l’un des pères – Raphaël Confiant occupe une place foisonnante, chatoyante, truculente. Raphaël Confiant a tout d’abord publié en langue créole.
Depuis les années 1970, avec Jean Bernabé, il cherche à créer un système graphique propre au créole et a mis en ligne un
dictionnaire.
Ce passage par la langue créole lui a permis de se « réappropier » la langue française et de publier une œuvre romanesque dans une langue que l’entretien qu’il a accordé à Remue.net le 22 février 2005 dans son bureau de l’Université de Schoelcher se permet de qualifier de langue chabine.
Les différents parcours (parcours biographique, parcours créoles, « parcours du façonnement et du renouvellement », parcours d’écrivain créole, parcours romanesque ) par Véronique Larose sur le site du
Potomitan.info et sur le même site une fiche bio-bibliographique.

mèl : raphael.confiant@martinique.univ-ag.fr

6 avril, 2009

Le Lamentin, Ville Fertile (97232)

Classé dans : Les Communes de Madinina — CATORC Charles @ 18:32

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Située au centre de  la Martinique, au sud-ouest de la baie de Fort-de-France, la commune du Lamentin s’étend sur le territoire le plus vaste de l’île (6232 Ha) dont une grande partie se compose d’une large plaine alluviale, particulièrement fertile, bordée de mangroves et traversée par deux rivières : la Lézarde et le Longvilliers (canal du Lamentin), elle est la plus grande commune en superficie de la Martinique.

Cette situation privilégiée a favorisé l’implantation humaine et le développement économique qui ont au fil des années modèle le paysage architectural en y laissant de larges empreintes du passé juxtaposées aux témoins de la modernité.

 

Le Lamentin, Ville Fertile (97232) dans Les Communes de Madinina -image-56-moyenne

Statue du nèg mawon

 Capitale économique de la Martinique

Quelques chiffres…
Code Postal : 97232
40 000 habitants
21 quartiers
3 293 entreprises
Surface : 6232 hectares

Mais aussi…
- Une situation géographique intéressante
- Un pôle de développement important
- Un aéroport international
- Un dynamisme démographique
- Une vitalité économique (grandes enseignes, dynamisme des PME et des TPE, artisanat florissant, développement des services et des activités tertiaires…)
- Nombreux professionnels de santé
- Une qualité de vie préservée dans un environnement agréable et sécurisé
- Un dynamisme associatif, culturel et sportif .

C’est aussi la première ville industrielle de l’île. En effet, elle abrite sur son territoire 4 zones industrielles (ZI la Lézarde, ZI de la Jambette, ZI Les Mangles, ZI de Places d’Armes) et deux grands centres commerciaux (La Galleria et Place d’Armes)

La commune, intégrée à l’agglomération de Fort-de-France, et se situe à peu près au centre de l’île de la Martinique.

Cette commune accueille l’Aéroport Martinique Aimé Césaire, l’hippodrome de Carrère et les principales zones industrielles de la Martinique. Elle est traversée par la rivière la Lézarde, la plus longue rivière de l’île (30km)

Elle constitue également le 2e bassin d’emploi de l’outremer français apres Fort-de-France. Elle accueille la raffinerie de la Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles.

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L e dernier Four à Chaux à Californie

 L’église Saint Laurent du Lamentin

Érigée à la fin du XVIIe siècle, l’église Saint Laurent (rue Schoelcher) a pris son allure actuelle au XIXe siècle et au XXe siècle. L’église Saint Laurent renferme des vitraux protégés sur l’inventaire national portant la signature des artisans d’art Dagran (Bordeaux) et Maumejean (Hendaye et Paris), ces derniers ornant à droite et à gauche les autels de Saint Joseph et de la Vierge. De part et d’autre du porche, deux toiles monumentales du Père Arostéguy (1887-1956), auteur de nombreux portraits et scènes religieuses en Martinique comme en Guadeloupe, qui évoquent ici la mise au tombeau et la résurrection du christ (1955).

A l’extérieur, les charmantes fontaines de la place de l’église (en dessous du quartier Calebassier) furent inscrites en 1995 sur l’inventaire supplémentaires des monuments historiques.

Le Lamentin ?

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Beaucoup de Lamentinois le savent sans doute, leur commune doit son nom à un animal aquatique, le lamantin. Mais qui est vraiment ce mammifère marin dont l’espèce est de moins en moins répandue. Explications.

Lamantin, avec un “a” au milieu, est le nom générique de trois espèces appelées siréniens. Elles sont toutes originaires de l’hémisphère sud. Il y a le lamantin du fleuve Amazone, en Amérique du Sud, celui d’Afrique de l’Ouest tropicale et enfin celui des Antilles qui se promenait entre la Floride et les côtes des Antilles en passant par le Golfe du Mexique. Le lamantin tire son nom de son cri plaintif, ressemblant à des lamentations. C’est un animal massif, physiquement proche des phoques. Il est lent et maladroit. Adulte, il mesure entre 2,50m et 4,50m et peut peser jusqu’à 600 kgs. L’espèce a été un moment en voie de disparition car elle a subi une chasse intensive pour sa peau et sa graisse. Certains pays en ont fait aujourd’hui une espèce protégée car ils nettoient les canaux d’irrigation en y broutant les plantes aquatiques susceptibles de les boucher.

On dit que la commune du Lamentin doit son nom aux lamantins des Antilles. En effet, au 17e siècle, son territoire était inhabité à cause des nombreux marécages qu’on y trouvait. Seules des espèces aquatiques y séjournaient dont les fameux lamantins. A l’arrivée des colons, la chasse aux lamantins fut ouverte alors que, jusque là, les Caraïbes respectaient ces siréniens, surtout par superstition parait-il. En moins d’un siècle, chassés par les colons, les lamantins disparurent de notre île.

 

L’édile actuel est M. Pierre SAMOT depuis 1989, il a été élu Président de la CACEM (Communauté d’agglomération du Centre de la Martinique), le 11 avril 2008.

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Pierre Samot est un artisan maçon à la retraite et ancien membre du Parti communiste martiniquais (PCM). Il débute sa carrière politique auprès de l’ancien maire du Lamentin, Georges Gratiant, dont il devient le 1er adjoint de 1983 à 1989. En 1987, il est élu conseiller général puis en 1989, maire du Lamentin.

En 1998, suite à des désaccords avec Georges Erichot, secrétaire-général du PCM, il fonde avec quelques dissidents son propre parti politique Bâtir le pays Martinique. En 1995, Pierre Samot est mis en examen pour favoritisme, corruption et trafic d’influences dans le cadre de l’affaire « des marchés publics » de la mairie du Lamentin. Mais malgré ses démêlés judiciaires, il parvient a se faire réélire avec panache maire du Lamentin avec 84,66% des voix.

Aux élections régionales de 1998, la liste dissidente « Bâtir le pays Martinique » conduite par Pierre Samot obtient 4 sièges au Conseil régional. Les 4 élus de la liste votent en bloc en faveur d’Alfred Marie-Jeanne lors de l’élection du Président.

Le 16 juin 2002, Pierre Samot a été élu député dans la 3e circonscription de la Martinique, en battant le député sortant, Camille Darsières. Mais son élection a été invalidée par le Conseil constitutionnel le 27 février 2003 et il a été remplacé par son suppléant Philippe Edmond-Mariette.

Aux élections régionales de mars 2004, sa liste « Alliance pour le pays Martinique » obtient 19 994 voix et elle fusionne au second tour avec celle conduite par Madeleine de Grandmaison du PPM. Il sera à nouveau élu conseiller régional sur la liste de l’union de la gauche « convergences martiniquaises » conduite par Madeleine de Grandmaison. Pierre Samot, entrepreneur en bâtiment de son état fut aussi président de la Chambre des métiers de la Martinique durant plusieurs années.

Lors des élections municipales des 9 et 16 mars 2008, Pierre Samot se présente pour la 4e fois à la mairie du Lamentin en présentant sa liste rajeunie intitulée « Lamentin passionnément ». Le 9 mars 2008, Pierre Samot est réélu à 74 ans maire du Lamentin dès le premier tour avec 8 319 voix soit 76,40% des suffrages exprimés.

Lien : www.mairie-lelamentin.com

7 février, 2009

Dates marquantes et édifiantes de Madinina

Classé dans : Histoire de Madinina — CATORC Charles @ 16:52

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 130 après J.C : Apparition des premiers habitants de la Martinique: les Arawaks originaire d’Amérique du Sud.

295 après J.C : Les Arawaks sont décimés suite à l’éruption de la Montagne Pelée.

400 après J.C : Retour des Arawaks et repeuplement de l’île.

600 après J.C : Une autre civilisation, les Caraïbes, originaire d’Amérique du Sud, exterminent les Arawaks et s’installent sur l’île pendant plusieurs siècles.

1502 : Christophe Colomb découvre officiellement la Martinique.

Septembre 1635 : Le 17 septembre, Pierre Belain d’Esnambuc débarque au Carbet et entreprend la colonisation de l’île, il fonde la ville de Saint-Pierre.

1642 : Louis XIII autorise la déportation d’esclaves africains dans les colonies : début de la Traite des Noirs.

1658 : Disparition des derniers indiens caraïbe.

1669 : Le Gouverneur de Baas fonde la ville de Fort-Royal (aujourd’hui Fort de France).

1674 : décembre : la Martinique est rattachée au Domaine du roi.

1766 :  Le 2 août naissance à Saint-Pierre de Louis Delgrès, chef de la résistance contre les troupes du général Richepance envoyées par Napoléon 1er pour rétablir l’esclavage en Guadeloupe.

1793 : Le 4 février, Jean Baptiste Dubuc signe les accords de Whithall à Londres soumettant la Martinique aux Britanniques tant que la royauté ne sera pas rétablie en France. Cela garantit notamment le maintien de l’esclavage.

1794: La Convention vote l’abolition de l’esclavage.

De 1794 à 1802: la Martinique est sous occupation anglaise, suite au Traité de Whitehall du 19 février 1974, signé à Londres entre la Couronne britannique et les grands planteurs de l’île, de la Guadeloupe et de Saint-Domingue, qui leur permet d’échapper à la Révolution française et de bloquer l’abolition de l’esclavage voté le mois précédent par la Convention.

1800: Le sainte-lucien Jean Kina, colonel dans l’armée d’occupation anglaise, est arrêté alors qu’il tente de se joindre à des esclaves insurgés. Le gouverneur de la colonie le sanctionne en l’expulsant vers les États-Unis.

1802: à la suite du traité d’Amiens Napoléon Bonaparte maintient l’esclavage à la Martinique par la Loi du 20 mai 1802.

1822: Insurrection d’esclaves au Carbet faisant 2 morts et 7 blessés. La répression fut impitoyable, 19 esclaves condamnés à mort, 10 condamnés aux galères, 6 au fouet, 8 à assister aux exécutions.

1823: Arrestation de Cyrille Bissette, Fabien et Volny pour la diffusion de l’opuscule « De la situation des gens de couleur libres ». Lors du procès en première instance Bissette est condamné au bannissement à perpétuité du territoire français, il fait appel et la Cour Royal le condamne à la marque et aux galères perpétuelles.

1848: Signature le 27 avril par le gouvernement provisoire du décret d’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies françaises.

1848: Les 22 et 23 mai, Révolution antiesclavagiste à Saint-Pierre et signature sous la pression des esclaves insurgés du décret d’abolition de l’esclavage par le Gouverneur Claude Rostoland.

Aux XIXe siècle: les principaux défenseurs de l’abolition de l’esclavage en Martinique furent Victor Schoelcher, Cyrille Bissette, Auguste-François Perrinon et Pierre-Marie Pory-Papy.

1870: Insurrection du sud de la Martinique suite à une altercation entre le béké Codé et l’artisan Lubin. Codé est lynché par la foule et de nombreuses usines à sucre sont incendiées dans le sud de l’île. La répression fut impitoyable, 74 condamnés dont 12 fusillés, les autres ont été déportés aux bagnes de Guyane et de Nouvelle Calédonie. Les leaders de cette insurrection sont Louis Telga, Eugène Lacaille et une femme, Lumina Sophie dite « Surprise ».

1881: Le 21 juillet 1881, inauguration du lycée de Saint-Pierre, premier lycée laïque de l’histoire de la Martinique. À partir de 1882, ouverture de nombreuses écoles laïques sur toute l’île grâce à l’acharnement du député Marius Hurard, le père de l’école laïque en Martinique.

1900: Lors d’une grève à l’usine du François, la répression policière occasionne la mort de 10 ouvriers agricoles.

1902: Le 8 mai, l’éruption de la Montagne Pelée détruit entièrement la ville de Saint-Pierre faisant 30 000 morts.

Le 25 juin 1913, Aimé Césaire naît à Basse-Pointe.

Le 20 juillet 1925, Frantz Fanon naît à Fort-de-France.

Le 21 septembre 1928, Edouard Glissant naît à Sainte-Marie.

1945: le 27 mai, Aimé Césaire est élu Maire de Fort de France puis député.

Le 19 mars 1946: la Martinique devient un Département d’Outre-Mer. Le premier Préfet de l’île est Pierre Trouillé. Georges Gratiant est élu en 1946 premier Président du Conseil Général du nouveau département.

1948: « L’affaire des 16 de Basse-Pointe ». Le béké Guy de Fabrique est assassiné sur l’habitation Desmares à Basse-Pointe. 16 ouvriers agricoles sont accusés du meurtre. Lors du procès qui s’est déroulé à Bordeaux, les 16 ouvriers ont été acquittés faute de preuve.

1959: 3 jours d’émeute à Fort de France suite à une altercation raciste sur la place de la Savane. La répression des CRS fait 3 morts, Marajo, Rosile et Betzi.

1962: Première revendication indépendantiste en Martinique. Il s’agit de l’affaire autour du Manifeste de l’O.J.A.M (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique). Les auteurs de ce manifeste sont 18 jeunes étudiants Martiniquais. Ils ont été condamnés pour atteinte à la sûreté de l’État et emprisonnés à Fresnes. Puis ils ont été acquittés après 2 ans de procès.

1974: au mois de février, grève agricole dans le secteur de la banane. La répression policière fait 2 morts, Georges Marie-Louise et Rénor Ilmany.

1983: la Martinique devient une région à part entière avec la création d’une nouvelle collectivité, le Conseil Régional. Aimé Césaire est élu premier Président du Conseil Régional.

1996: L’égalité sociale entre la France et les D.O.M est réalisée sous la présidence de Jacques Chirac. Alignement du S.M.I.C des D.O.M sur celui de la France.

1997: L’indépendantiste Alfred Marie-Jeanne est élu député de la Martinique puis en 1998 il est élu Président du Conseil Régional. C’est une première dans l’histoire de la Martinique.

2003: Une évolution institutionnelle été envisagée, dans laquelle le Conseil Régional et le Conseil Général fusionneraient en une institution unique. Cette proposition a été rejetée à 50,48% par le referendum du 7 décembre 2003.

2005: le 16 août, Crash d’un vol charter de la compagnie colombienne West Caribbean entre le Panama et la Martinique. L’avion un MD80 avec à son bord 160 passagers dont 152 martiniquais s’écrasait après quelques heures de vol à proximité de la ville de Machiques au Venezuela. Cet accident d’avion avait provoqué une grande émotion au sein de la population martiniquaise.

2008: Aimé Césaire meurt le 17 avril à l’âge de 94 ans, il fut député et maire de Fort de France durant 56 ans. Des obsèques nationales lui ont été rendues le 20 avril 2008 à Fort-de-France, en présence du chef de l’État et devant plusieurs milliers de personnes réunies au stade Pierre Aliker.

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