Les IST, encore et toujours…
De : Lucile Dautrement
Les IST (infections sexuellement transmissibles) continuent de faire des ravages. Certaines sont même en recrudescence, et la prévention s’impose.
Incroyable mais vrai : 10% des jeunes Français pensent que la pilule protège des MST (maladies sexuellement transmissibles), également appelées IST (infections sexuellement transmissibles). Autre idée fausse très répandue : les MST sont moins fréquentes qu’autrefois. Si elles se soignent mieux et si on en meurt moins, elles sont pourtant en augmentation. Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), les chiffres sont alarmants.
Le relachement
Les jeunes ne sont pas les plus touchés. Leur sexualité « nomade » les expose a priori davantage, mais les plus âgés, les « quadras », vivant souvent en couple font exploser les statistiques ! Le début de leur vie sexuelle a été placé sous le signe du sida et ils ont beaucoup utilisé le préservatif. Aujourd’hui, ils en ont assez et le sida – qui se soigne il est vrai de mieux en mieux mais reste mortel – ne leur fait plus très peur. La tendance est au relachement.
Syphilis, le retour
Des infections sexuellement transmissibles comme la syphilis et la blennorragie, qui avaient nettement reculé dans les années 1950, sont à nouveau d’actualité. Malgré le système de surveillance et de lutte, l’épidémie, réapparue en 2000, sévit toujours. Les personnes atteintes sont en majorité des hommes bisexuels ou gays, mais les cas répertoriés chez des hétérosexuels augmentent chaque année.
Or, il n’est pas toujours évident de reconnaître une syphilis. La période d’incubation (de 3 semaines à 3 mois) est silencieuse. Le chancre (tâche rose ou rouge) apparaît ensuite sur les organes génitaux mais, indolore et « propre », il n’inquiète pas et passe même souvent inaperçu, en particulier chez les femmes, d’où un retard du diagnostic. Le chancre régresse spontanément en 4 à 6 semaines, ce qui rassure… à tort. Quarante jours plus tard, tout l’organisme est atteint : la peau (éruptions, notamment sur le tronc et le cou), les muqueuses, puis le système nerveux. Et même ces passent inaperçues dans la moitié des cas. Sans traitement antibiotique adapté, la syphilis s’aggrave et se complique.
La résistance des Gonocoques
Les infections à gonocoques ou blennorragies (« chaude-pisse ») font également un retour en force et sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques.
Chez l’homme, après une incubation (contagieuse) de deux à sept jours, la gonococcie cause une urétrite (brûlures, écoulement purulent, inflammation du méat).
Mais chez la femme, là encore, les symptômes sont quasi absents (inflammation de la vulve, du vagin et du col utérin avec des pertes jaunâtres). Sans traitement, l’infection entraîne une salpingite, cause dinfertilité. Symptômes ou pas, si l’un des deux partenaires est infecté, l’autre doit se traiter (antibiotiques).
Chlamydioses et Herpès génital
Autres IST en augmentation régulière : les infections à Chlamydiatrachomatis. Moins connues, ce sont poutant les plus fréquentes, causes de nombreuses stérilités féminines. Les symptômes sont un peu plus parlants chez l’homme que chez la femme, mais souvent ils passent inaperçus. Et ce n’est pas parce que les signes sont légers que l’infection est bénigne ou peut se guérir d’elle-même. Un conseil : en cas de partenaires multiples, il faut consulter très régulièrement, même si vous ne sentez rien, pour vérifier…
L’Herpès génital progresse aussi. Une femme sur quatre en serait atteinte ! Dû à un virus, il provoque des lésions de la peau et des muqueuses génitales et anales (petites bulles qui s’ulcèrent, provoquant brûlures et douleurs). Peu grave en soi, l’infection entraîne rarement des complications, mais elle est gênante et empoisonne la vie sexuelle. Une fois la maladie contractée, on ne se débarrasse plus du virus qui reste quasi tapi dans l’organisme et cause des poussées plus ou moins espacées. Aujourd’hui, ces crises se traitent bien, mais le préservatif s’impose.
En cas de grossesse, une césarienne est nécessaire car l’enfant peut être contaminé lors de l’accouchement, et risque alors un handicap neurologique, voire la mort.
Gare aux papillomavirus
On parle beaucoup des HPV (Human Papillomavirus) depuis la commercialisation de vaccins protégeant contre certains d’entre eux, liés au cancer du col de l’utérus. Il est vrai que plus de 70% des cancers du col utérin sont provoqués par un virus HPV non traité, faute de frottis gynécologique, mais cela ne veut pas dire que 70% des femmes ayant ce virus vont développer un cancer !
Si l’analyse des quelques cellules prélevées par le médecin montre que le virus HPV est présent, pas de panique. Le médecin vous proposera de revenir trois mois plus tard pour un examen de contrôle. Le virus peut en effet disparaître tout seul grâce aux défenses de votre organisme. Si le virus est toujours là, le médecin vous demandera alors de faire un contrôle annuel. Et si la situation s’est aggravée, une cautérisation permet de « brûler » au laser les cellules malades et de guérir avant qu’un cancer ne se déclare.
Quant au vaccin, proprosé aux jeunes filles avant les premières expériences sexuelles, ce n’est pas un vaccin contre le cancer du col de l’utérus, mais plutôt un moyen d’empêcher certains virus, transmis facilement lors des rapports sexuels, de s’installer dans l’utérus et de donner éventuellement un cancer.
Bon à savoir : Infertilité des femmes
Dans la plupart des cas, les hommes s’aperçoivent vite qu’ils sont infectés, ils ont mal et c’est visible. Les femmes pas forcément… Attention, une infection limitée au départ peut se compliquer en salpingite grave. L’infection remonte en effet du vagin vers l’utérus jusque dans une trompe. Cette infection peut laisser des cicatrices sur les trompes et ainsi les obstruer, ce qui peut favoriser une stérilité ou causer des grossesses extra-utérines.
Bref, soyez attentive et consultez un médecin à la moindre douleur ou au moindre symptôme douteux : détectées tôt, ces infections sont faciles à soigner et sans conséquence sur la fertilité.
Pour prévenir les risques
Ayez une bonne hygiène intime et sortez couverts !
Les produits d’hygiène intime doux, naturels et adaptés à chaque âge de la vie des femmes permettent de préserver ou de rééquilibrer l’écosystème génital et ce faisant, de limiter les risques d’infections. Comme le précise le Dr Catherine Solano, andrologue et sexologue à l’hôpital Cochin à Paris « Une valeur de pH à l’équilibre (acide) améliore la qualité des rapports sexuels, que la femme ait des infections ou des difficultés sexuelles, et même si elle ne présente aucun problème particulier ». Surveillez également l’hygiène du partenaire, si elle est mauvaise c’est un facteur de contamination réciproque (effet ping-pong)
Quelles que soient les pratiques sexuelles (pénétration vaginale, anale ou fellation), le seul moyen de ne pas contracter une IST est le préservatif. Mais pas n’importe lequel. Seuls ceux qui portent sur la boîte la mention CE (Communauté Européenne) sont homologués. Le rôle du pharmacien est déterminant que ce soit aussi bien dans le choix d’un produit d’hygiène intime adapté que dans celui du préservatif qui vous convient le mieux.
Source : Magazine Bien-être & Santé – N° 253 - juillet-août 2008











